Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Zayd Manāt ibn Tamīm al-Tamīmī al-Mujāshiʿī. Ibn Durayd (1) rapporte que son nom était Farās ibn Ḥābis et qu’on le surnomma « al-Aqraʿ » à cause d’une calvitie sur sa tête. Il figurait parmi les chefs de son peuple et se rendit auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) avec la délégation des Banī Tamīm.

C’est lui qui héla de derrière les appartements : « Ô Muḥammad ! Ma louange est un embellissement et mon blâme est un déshonneur. » Il est également celui qui, ayant vu le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) embrasser al-Ḥasan, s’exclama : « L’embrasses-tu ? Par Dieu, j’ai dix enfants et je n’en ai jamais embrassé un seul. » Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui répondit : « Celui qui ne fait pas miséricorde ne recevra pas miséricorde »(2), et dans une autre version : « Que puis-je y faire si Dieu a ôté la miséricorde de ton cœur ? »

Il était au nombre de ceux que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) cherchait à se concilier : il reçut ainsi cent chameaux le jour de Ḥunayn, tout comme ʿUyaynā ibn Ḥiṣn al-Fazārī. Quant à ʿAbbās ibn Mirdās, il en reçut cinquante et dit (3) :

« Feras-tu de mon butin et de celui d’al-ʿAbīd
La part d’ʿUyaynā et d’al-Aqraʿ ?
Ni Ḥiṣn ni Ḥābis
Ne surpassaient Mirdās en assemblée.
Je ne valais pas moins qu’eux,
Quant à celui qui s’abaisse aujourd’hui, il ne sera pas relevé. »

Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui dit alors : « Serais-tu l’auteur de ces vers : “Feras-tu de mon butin et de celui d’al-ʿAbīd la part d’al-Aqraʿ et d’ʿUyaynā…” ? » Ce hadith a été rapporté par al-Bukhārī (4).

As-Suhaylī (5) explique que, dans cet épisode, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a mentionné al-Aqraʿ avant ʿUyaynā parce qu’al-Aqraʿ était meilleur que ʿUyaynā : en effet, après le décès du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), al-Aqraʿ ne renia pas la foi, contrairement à ʿUyaynā qui prêta allégeance à Ṭulayḥa et le crut avant de finalement revenir à l’islam.

L’idée importante est qu’al-Aqraʿ était un notable obéi par les siens. Il combattit aux côtés de Khālid ibn al-Walīd dans ses campagnes en terre d’Irak et dirigea l’avant-garde lors de la bataille de l’Anbār. Notre maître (qu’Allāh lui fasse miséricorde) l’a mentionné parmi ceux qui sont décédés sous le califat de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb.

Ibn al-Athīr, dans “al-Ghābah” (6), indique toutefois que ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir le désigna à la tête d’une armée envoyée à al-Jūzjān, où il fut tué avec ses compagnons. Cet événement se serait produit sous le califat de ʿUthmān, comme il sera expliqué plus loin, si Dieu le veut.

(1) Al-Ishtiqāq (239). (2) Le hadith a été rapporté par Abū Hurayrah و a été rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ (5997) dans le chapitre de l’étiquette, et par Muslim dans son Ṣaḥīḥ (2318) dans le chapitre des mérites. La deuxième narration chez al-Bukhārī (5998) est rapportée de ʿĀ’isha ٍ. (3) Les versets sont les premiers d’un groupe de sept mentionnés dans al-Istiʿāb (2/818). (4) Le hadith est un aḥād selon Muslim numéro (1060) et il n’y a pas chez lui la phrase du Prophète ﷺ : « Tu es celui qui a dit... ». Voir « al-Jamʿ bayna al-Ṣaḥīḥayn » de al-Ḥumaydī, n° 772. Cette question a déjà été traitée dans al-Ṣawāb concernant la distribution du butin de Ḥawāzin. (5) Ar-Rawḍ al-Anf (4/222). Il y est question de donner la priorité à al-Aqraʿ sur ʿUyaynah, tandis que dans al-Uṣūl et les éditions imprimées : ʿUyaynah et al-Aqraʿ, ce qui est contredit par le contexte, comme cela a déjà été expliqué par al-Ṣawāb au sujet du partage du butin de Ḥawāzin. (6) Asad al-Ghābah (1/130).
زيد مَناة بن تَميم التَّميمي المُجَاشعي. قال ابن دريد (١) : واسمه فراس بن حابس ولُقّب بالأقْرع لقَرَعٍ في رأسه. وكان أحدَ الرؤساء، قدم على رسول الله ﷺ مع وفد بني تميم، وهو الذي نادى من وراء الحجرات: يا محمد إنَّ مدحي زين، وذمي شين، وهو القائل -وقد رأى الله يقبل الحسن- أتقبِّله؟ والله إنَّ لي عشرةً من الولد ما قبَّلت واحدًا منهم. فقال "منْ لا يَرْحم لا يُرحم" (٢) . وفي رواية "ما أملك إن نزعَ اللهُ الرحمةَ من قلبك" وكان مَّمنْ تألَّفه رسول الله ﷺ فأعطاه يوم حُنين مئة من الإبل، وكذلك لعيينة بن حصن الفزاري، وأعطى عباس بن مرداس خمسين من الإبل فقال (٣) : [من المتقارب] أتجعل نهبي ونهبَ العبيـ … ـدِ بينَ عُيينة والأقرعِ فما كانَ حصنٌ ولا حابسٌ … يفوقانِ مرداسَ في مجمعِ وما كنتُ دونَ امرئٍ منهما … ومنْ يُخْفضِ اليومَ لا يُرْفَعِ فقال له رسول الله ﷺ أنت القائل: أتجعلُ نهبي ونهبَ العبيـ … دِ بينَ الأقرعِ وعيينةَ رواه البخاري (٤) قال السهيلي (٥) : إنما قدَّم رسول الله ﷺ ذكر الأقرع قبل عيينة، لأنَّ الأقرع كان خيرًا من عيينة، ولهذا لم يرتدَّ بعد النبي ﷺ كما ارتد عيينة، فبايع طليحة وصدَّقه ثمَّ عاد. والمقصود أن الأقرعَ كان سيدًا مطاعًا، وشهد مع خالد وقائعه بأرض العراق، وكان على مقدمته يوم الأنبار. ذكره شيخنا فيمن توفي في خلافة عمر بن الخطاب. والذي ذكره ابن الأثير في الغابة (٦) أنه استعمله عبد الله بن عامر على جيش وسيَّره إلى الجُوْزجان فقتل وقتلوا جميعًا، وذلك في خلافة عثمان كما سيأتي إن شاء الله تعالى.
(١) الاشتقاق (٢٣٩). (٢) الحديث رواه أبو هريرة ﵁ وأخرجه البخاري في صحيحه (٥٩٩٧) في الأدب ومسلم في صحيحه (٢٣١٨) في الفضائل. والرواية الثانية عند البخاري (٥٩٩٨) عن عائشة (عليه السلام) . (٣) الأبيات هي الأولى من سبعة وردت في الاستيعاب (٢/ ٨١٨). (٤) الحديث من أفراد مسلم رقم (١٠٦٠) وليس عنده قول النبي ﷺ : أنت القائل … وانظر "الجمع بين الصحيحين" للحميدي رقم (٧٧٢). ومرَّ على الصواب في قسمة غنائم هوازن فيما تقدم. (٥) الروض الأنف (٤/ ٢٢٢). وفيه تقديم الأقرع على عيينة، وفي الأصول والمطبوع: عيينة والأقرع والسياق ينفيه وقد تقدم ذلك على الصواب في قسمة غنائم هوازن. (٦) أسد الغابة (١/ ١٣٠).

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