Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les Perses s’étaient rassemblés, et Abou Moussa les rencontra en un lieu de la région de Bayroûdh, près de la rivière Tîrâ. Puis Abou Moussa partit pour Ispahan, ayant désigné Al-Rabî‘ ibn Ziyâd pour les combattre après le meurtre de son frère Al-Muhâjir ibn Ziyâd. Celui-ci assuma la responsabilité des combats et nourrit à leur égard une vive hostilité (1). Alors Dieu mit l’ennemi en déroute – à Lui la louange et la grâce –, conformément à Sa coutume immuable et à Sa loi établie en faveur de Ses serviteurs croyants et de Son parti victorieux, issus des adeptes du Maître des messagers. Le butin fut ensuite soumis à la règle du quint (le cinquième), et la victoire ainsi que le cinquième furent envoyés à ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Alors, Dabba ibn Miḥṣan al-‘Anazî se rendit auprès de ‘Umar pour se plaindre d’Abou Moussa, invoquant à son encontre des griefs qui, en réalité, ne le justifiaient pas. ‘Umar le fit donc venir et l’interrogea sur ces faits. Abou Moussa s’en expliqua par des arguments valables, qu’‘Umar écouta et accepta, puis il le confirma dans ses fonctions et excusa Dabba pour son interprétation erronée. ‘Umar mourut pendant qu’Abou Moussa était toujours en charge de la prière à Bassora.

• L’affaire de Salama ibn Qays al-Ashja‘î et des Kurdes
‘Umar l’envoya en expédition (sarîya) et lui donna de nombreux conseils, conformément au hadith de Bourayda cité dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (2) : « Partez au combat au nom de Dieu, combattez ceux qui nient Dieu… » – hadith complet jusqu’à sa conclusion. Ils partirent donc et rencontrèrent une troupe de polythéistes. Ils les invitèrent à accepter l’une de trois propositions, mais ceux-ci refusèrent tout compromis. Ils les combattirent donc, tuèrent leurs hommes valides, firent prisonniers leurs femmes et leurs enfants, et s’emparèrent de leurs biens.

Ensuite, Salama ibn Qays envoya un messager à ‘Umar pour lui annoncer la victoire et lui apporter le butin. On rapporte qu’à son arrivée, il trouva ‘Umar en train de donner à manger à la population, puis il se rendit avec lui chez lui, de la même façon que dans l’histoire d’Oumm Kalthoûm, la fille de ‘Alî, lorsqu’elle réclama la même dotation vestimentaire que Ṭalḥa et d’autres offraient à leurs épouses. ‘Umar lui dit alors : « Ne te suffit-il pas qu’on dise de toi : “fille de ‘Alî et épouse du Prince des croyants” ? » Puis il fut question de sa nourriture rustique et de sa boisson faite de sulṭ (3). Par la suite, il se renseigna au sujet des émigrés (muhâjirîn), de leur mode de vie, de leurs poèmes, et voulut savoir s’ils consommaient toujours la viande, qu’il qualifiait de leur “arbre nourricier”, affirmant qu’il n’y a pas de survie pour les Arabes sans leur “arbre”. Il mentionna également que Salama lui avait présenté un coffret de pierreries, mais ‘Umar refusa de l’accepter, insistant avec serment, et lui ordonna de le remettre au butin pour qu’il soit réparti entre les vainqueurs. Ibn Jarîr (4) a rapporté ce récit de manière très détaillée.

Ibn Jarîr (5) dit : « Cette année-là, ‘Umar accomplit le pèlerinage avec les épouses du Prophète (paix et bénédiction sur lui) ; ce fut le dernier pèlerinage qu’il effectua (qu’Allah l’agrée). » Il ajoute : « Cette même année (6) fut celle de sa mort. » Puis il détaille longuement (7) les circonstances de son assassinat, que j’ai moi-même rapportées de manière exhaustive à la fin de la biographie de ‘Umar ; qu’on les inscrive d’où elles sont rapportées à ce passage en question.

(1) Dans A : il est écrit "sa mort". (2) Sahih Muslim (1731). (3) Concernant le jihad et les campagnes. (4) As-Sult : bouillie d’orge ou de blé. Lisan al-‘Arab (s.v. "sult"). (5) Dans son Histoire (tome 4, pp. 186-190). (6) Dans son Histoire (tome 4, p. 190). (7) Dans A : c’était l’année de son décès. (8) Histoire de al-Tabari (tome 4, pp. 190-241).
الفرس اجتمعوا، فلقيهم أبو موسى بمكانٍ من أرض بَيْرُوذ قريب من نهر تيرَى، ثم سار عنهم أبو موسى إلى أصبهان وقد استخلف على حربهم الربيع بن زياد بعد مقتل أخيه المهاجر بن زياد، فتسلَّم الحرب وحنق (١) عليهم، فهزم اللهُ العدوَّ وله الحمدُ والمنةُ، كما هي عادته المستمرة وسنته المستقرَّة، في عباده المؤمنين، وحزبه المفلحين، من أتباع سيد المرسلين. ثم خُمست الغنيمة وبعث بالفتح والخمس إلى عمر (رضي الله عنه) ، وقد سار ضَبَّة بن مِحْصن العَنَزيّ، فاشتكى أبا موسى إلى عمر، وذكر عنه أمورًا لا ينقم عليه بسببها، فاستدعاه عمر فسأله عنها، فاعتذر منها بوجوهٍ مقبولةٍ فسمعها عمر وقبلها، وردّه إلى عمله وعذر ضَبَّةَ فيما تأوّله، ومات عمر، وأبو موسى على صلاة البصرة. خبر سلمة بن قيس الأشْجَعي والأكراد بعثه عمر على سرية ووصاه بوصايا كثيرة بمضمون حديث بُرَيْدة في صحيح مسلم (٢) "اغزوا بسم الله قاتلوا من كفر بالله … " الحديث إلى آخره، فساروا فلقوا جمعًا من المشركين فدعوهم إلى إحدى ثلاث خلال، فأبوا أن يقبلوا واحدة منها، فقاتلوهم فقتلوا مقاتلتهم، وسبوا ذراريهم، وغنموا أموالهم. ثم بعث سلمة بن قيس رسولًا إلى عمر بالفتح وبالغنائم، فذكروا وروده على عمر وهو يطعم الناس، وذهابه معه إلى منزله، كنحو ما تقدَّم من قصة أمَّ كلثوم بنت علي، وطلبها الكسوة كما يكسي طلحة وغيره أزواجهم، فقال: ألا يكفيك أن يقال بنت علي وامرأة أمير المؤمنين؟ ثم ذكر طعامه الخشن، وشرابه من سُلْت (٣) ، ثم شرع يستعلمه عن أخبار المهاجرين، وكيف طعامهم وأشعارهم، وهل يأكلون اللحم الذي هو شجرتهم، ولا بقاء للعرب دون شجرتهم؟ وذكر عرضه عليه ذلك السفط من الجوهر، فأبى أن يأخذه وأقسم على ذلك، وأمره بأن يردَّه فيقسم بين الغانمين. وقد أورده ابن جرير (٤) مطولًا جدًا. وقال ابن جرير (٥) : وفي هذه السنة حجَّ عمرُ بأزواجِ النبي ﷺ ، وهي آخر حجَّةٍ حجَّها (رضي الله عنه) . قال: وفي هذه السنة كانت (٦) وفاته. ثم ذكر صفة قتله مطولًا أيضا (٧) ، وقد ذكرت ذلك مستقصى في آخر سيرة عمر، فليكتب من هناك إلى هنا.
(١) في أ: وهو حتف. (٢) صحيح مسلم (١٧٣١) (٣) في الجهاد والسير. (٣) السُّلْتُ: سويق الحنطة أو الشعير. اللسان (سلت). (٤) في تاريخه (٤/ ١٨٦ - ١٩٠). (٥) في تاريخه (٤/ ١٩٠). (٦) في أ: كانت سنة وفاته. (٧) تاريخ الطبري (٤/ ١٩٠ - ٢٤١).

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