Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Sous l’autorité de ‘Âṣim ibn ‘Amr, après un combat acharné, leur frontière s’étendait au loin, et leurs terres se prolongeaient, allant du Sind jusqu’au fleuve de Balkh. De ces lignes de défense et de ces passages, ils livraient bataille contre Qundahâr et les Turcs. Il est ensuite question de la conquête de Mukrân par al-Ḥakam ibn ‘Amr, qui fut épaulé par Shihâb ibn al-Mukhâriq ibn Shihâb, Suhayl ibn ‘Adî et ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh. Ils affrontèrent le roi du Sind : Dieu mit en déroute les armées du Sind, et les musulmans s’emparèrent d’un butin considérable. Al-Ḥakam ibn ‘Amr annonça alors la victoire et envoya le cinquième du butin avec Ṣuḥâr al-‘Abdî.

Lorsque Ṣuḥâr parvint auprès de ‘Umar, celui-ci l’interrogea sur la contrée de Mukrân. Il répondit : « Ô Commandeur des croyants, la plaine y est montagneuse, l’eau y est rare, les dattes y sont de faible qualité, l’ennemi est puissant, le bien qu’on y trouve est peu, son mal est grand ; l’abondance y est maigre et le maigre s’y perd ; ce qui se trouve au-delà est pire encore. »

‘Umar répliqua : « Es-tu un poète qui s’exprime en vers, ou bien rapportes-tu la réalité ? » Il répondit : « Non, j’informe simplement. » Sur ce, ‘Umar écrivit à al-Ḥakam ibn ‘Amr de ne plus jamais mener de campagne jusqu’à Mukrân, et de se borner à occuper ce qui se trouvait en deçà du fleuve.

Al-Ḥakam ibn ‘Amr composa à ce sujet (mètre al-wâfir) :
« Les veuves se sont rassasiées, sans vaine fierté,
Du butin qui leur est parvenu depuis Mukrân.
Il leur parvint après famine et détresse,
Quand l’hiver était vidé de sa fumée.
Jamais l’armée ne blâma mon action,
Mon épée ni ma parole ne furent décriées.
Au matin où je repoussai la cohue ennemie,
Vers les vastes terres du Sind et ses environs.
Mihrân nous obéit pleinement en ce que nous voulions,
Sans jamais lâcher les rênes.
N’eût été l’interdiction de mon émir,
Nous aurions traversé jusqu’aux confins lointains. »

[Ghazwa contre les Kurdes]

Puis Ibn Jarîr rapporta, d’après sa chaîne de transmission (via Sayf et ses maîtres), qu’un groupe de Kurdes reçut le ralliement d’une faction de

= Sabkha. Muʿjam al-Buldan (3/190-192). (1) Dans al-Tārīkh : "​ʿalā yad​" (sur la main). (2) Dans al-Tārīkh : "mutabāyinah" (différente). (3) Dans al-Tārīkh : "faqātalū" (ils se sont battus). (4) Al-Washl : l’eau en faible quantité. Lissan (Washl). (5) Dans al-Tārīkh et Ṭ : "thamaruhā" (son fruit). Ce passage est tiré de al-Ṭabarī. (6) Al-Daqal, parmi les dattes : c’est la moins bonne de leurs sortes. (7) Les vers figurent dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/182-183) et Muʿjam al-Buldan (5/179), mais absents dans ce dernier. (8) Dans Tārīkh al-Ṭabarī et le Muʿjam : « walā sinnānī » (et pas Sanānī). (9) Dans Tārīkh al-Ṭabarī : "adaffiʿu". Dans Muʿjam al-Buldan : "uraffiʿu". (10) Dans Muʿjam al-Buldan : "al-hawān" (l’humiliation). (11) Dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/183).
يَدَيْ (١) عاصم بن عمرو، بعد قتالٍ شديدٍ، وكانت ثغورها متسعةً، وبلادها متنائية (٢) ، ما بين السند إلى نهر بلخ، وكانوا يقاتلون القُنْدَهار والترك من ثغورها وفروجها. وذكر فتح مُكران على يَدَي الحَكم بن عمرو، وأمدّه بشهاب بن المخارق ين شهاب، وسُهَيْل بن عدي، وعبد الله بن عبد الله واقتتلوا (٣) مع ملك السند فهزمَ اللهُ جموعَ السِّند، وغنم المسلمون منهم غنيمةً كثيرةً، وكتب الحكم بن عمرو بالفتح وبعث بالأخماس مع صُحار العَبْديّ، فلمّا قدم على عمر سأله عن أرض مُكران فقال: يا أمير المؤمنين، أرضٌ سهلُها جبلٌ، وماؤُها وَشَلُ (٤) ، وتَمْرُها (٥) دَقَلُ (٦) ، وعدوُّها بطلٌ، وخيرُها قليلٌ، وشرُّها طويلٌ، والكثيرُ بها قليلٌ، والقليلُ بها ضائعٌ، وما وراءها شرٌّ منها. فقال عمر: أسجَّاعٌ أنتَ أم مُخْبِر؟ (فقال: لا، بل مُخْبِرٌ) ، فكتب عمر إلى الحكم بن عمرو أن لا يغزو بعد ذلك مُكران، وليقتصروا على ما دون النهر. وقد قال الحكم بن عمرو في ذلك (٧) : [من الوافر] لَقَدْ شَبِعَ الأراملُ غيرَ فَخْرٍ … بِفَيْءٍ جاءَهم من مُكُّرانِ أتَاهُمْ بَعْدَ مَسْغَبَةٍ وجَهْدٍ … وقدْ صَفِرَ الشِّتاءُ منَ الدُّخانِ فَإنّي لا يَذُمُّ الجَيْشُ فِعْلي … ولا سَيْفي يُذَمُّ ولا لساني (٨) غَدَاة أُدافِعٌ (٩) الأوْباش دَفْعًا … إلى السِّنْدِ العَريضة والمَداني ومِهْرانٌ لنا فيما أرَدْنا … مُطِيعٌ غير مُسْترخي العِنان (١٠) فَلَوْلا ما نَهَى عنه أميري … قَطعْناهُ إلى البُدُدِ الزَّوَاني [غزة الأكراد] ثم ذكر ابن جرير (١١) بسنده، عن سيفٍ، عن شيوخه: أن جماعةً من الأكراد والتفَّ إليهم طائفةٌ من
= سبخة. معجم البلدان (٣/ ١٩٠ - ١٩٢). (١) في أ: على يد. (٢) في أ: متباينة. (٣) في أ: فاقتتلوا. (٤) الوشل: الماء القليل. اللسان (وشل). (٥) في أ، ط: ثمرها. وما هنا عن الطبري. (٦) الدَّقَلُ من التمر: هو أردأ أنواعه. (٧) الأبيات في تاريخ الطبري (٤/ ١٨٢ - ١٨٣) ومعجم البلدان (٥/ ١٧٩) دون الأخير. (٨) في تاريخ الطبري والمعجم: ولا سناني. (٩) في تاريخ الطبري: أدَفِّعُ. وفي معجم البلدان: أُرَفِّعُ. (١٠) في معجم البلدان: الهوان. (١١) في تاريخه (٤/ ١٨٣).

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