Les gens que ton messager m’a décrits – leur caractéristique étant que, s’ils s’attaquaient aux montagnes, ils les feraient s’écrouler, et si je venais pour te soutenir, ils me mettraient à l’écart, tant qu’ils resteraient tels que ton messager me les a décrits – alors fais la paix avec eux et contente-toi de la trêve. Ainsi, Kisra et les gens de Kisra demeurèrent dans certains territoires, dominés. Il persista ainsi jusqu’à ce qu’il fût tué deux ans après l’instauration du califat de ‘Uthmân, comme nous le rapporterons en son lieu.
Lorsque al-Ahnaf envoya la missive annonçant la victoire et les biens qu’Allâh leur avait octroyés sur les Turcs et ceux qui étaient avec eux, ainsi que le grand nombre d’ennemis qu’ils avaient tués, et le fait qu’Allâh les avait repoussés, furieux et sans avoir obtenu de profit, ‘Umar se leva au minbar et on lut la lettre devant lui. Puis il s’exclama : « Certes, Allâh a envoyé Muhammad avec la guidée et Il a promis, pour ceux qui le suivraient, la meilleure des récompenses aussi bien dans l’immédiat que dans l’avenir, la meilleure part de ce monde et de l’au-delà. » Il récita ensuite : « C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de la vérité, pour la faire triompher sur toute autre religion, en dépit de l’aversion des polythéistes. » [At-Tawbah, 33]. Il poursuivit : « Louange à Allâh qui a tenu Sa promesse et qui a donné la victoire à Son armée ! Sachez qu’Allâh a anéanti la souveraineté de la religion mazdéenne et a dispersé leurs rangs. Ils ne possèdent plus aujourd’hui, dans leurs terres, pas même un empan qui puisse nuire au musulman. Sachez qu’Allâh vous a fait hériter leurs contrées, leurs demeures, leurs biens et leurs enfants, pour voir comment vous agirez ! Agissez donc envers Lui dans la crainte et Il accomplira envers vous Sa promesse et vous accordera ce qu’Il vous a promis. Ne changez pas, de peur qu’Il ne vous remplace par un autre peuple. Car je ne crains pour cette communauté aucune menace si ce n’est de votre part. »
Notre cheikh Abou ‘Abd Allâh adh-Dhahabî, le hâfiẓ (1), rapporte dans l’histoire de cette année – je veux dire l’an vingt-deux (2) : « Cette année-là, l’Azerbaïdjan fut conquise par al-Mughîra ibn Shu‘ba, selon Ibn Isḥâq. On raconte qu’il conclut avec eux un accord de huit cent mille dirhams. » Et Abou ‘Ubayda affirme : « C’est Ḥabîb ibn Maslama al-Fihrî (3) qui la conquit de force avec les habitants du Shâm, accompagné des gens de Koufa, parmi lesquels se trouvait Ḥudhayfa. Il s’en empara après de violents combats, et Allâh sait mieux. » La même année, Ḥudhayfa conquit également ad-Daynūr par la force, après que Sa‘d l’eut déjà conquise auparavant et qu’ils eurent rompu (4) leur pacte. Puis Ḥudhayfa conquit Māh Sindān de force – ils avaient également rompu le pacte de Sa‘d – et il était accompagné des habitants de Baṣra (5). (Ceux de Koufa les rejoignirent ensuite.) Ils se disputèrent alors au sujet du butin, et ‘Umar trancha en ces termes : « Le butin revient à ceux qui ont assisté à la bataille. » Abou ‘Ubayda ajoute : « Ḥudhayfa fit ensuite campagne contre Hamadhān et la conquit de force, alors qu’elle n’avait pas été conquise auparavant. Les conquêtes de Ḥudhayfa s’arrêtèrent là. » On rapporte également que Jarrîr ibn ‘Abd Allâh s’en empara sur ordre d’al-Mughîra, tandis que d’autres affirment que c’est al-Mughîra lui-même qui la conquit en l’an vingt-quatre. Cette année-là eut aussi lieu la conquête de Jurjân.