J’ai mentionné la description de la barrière dans le Tafsîr et au début de ce livre.
Al-Bukhârî rapporte dans son Ṣaḥîḥ (1), sous forme de commentaire (ta‘lîq), qu’un homme dit au Prophète (ﷺ) : « J’ai vu la barrière. » Il lui demanda : « Comment l’as-tu vue ? » Il répondit : « Comme une étoffe chamarrée. » [Le Prophète (ﷺ) répondit : « Tu l’as donc vue. »] (2)
Ils rapportent ensuite qu’Abd ar-Raḥmân ibn Rabî‘ah dit à Shahrbarâz : « Combien valait ton présent ? » Il répondit : « La valeur de cent mille dans mon pays, et trois millions dans ces contrées. »
[Suite du récit sur la barrière]
Notre maître Abû ‘Abd Allâh adh-Dhahabî (3), le ḥâfiẓ, mentionna pour cette année ce qu’a rapporté l’auteur du livre “Masâlik al-Mamâlik” au sujet du récit dicté par Salâm le traducteur, lorsque al-Wâthiq bi-Amr Allâh ibn al-Mu‘taṣim l’envoya (car il avait vu en songe que la barrière s’était ouverte). Il dépêcha donc ce Salâm (4), lui adressa des lettres de recommandation aux rois et lui fit remettre deux mille mulets chargés de provisions. Ils voyagèrent ainsi de Sâmarrâ jusqu’à Isḥâq à Tiflîs, qui leur écrivit une lettre pour le souverain dit « du Siège » (ṣâḥib as-sarîr). Puis le détenteur du Siège envoya une autre lettre au roi de l’Alan, qui à son tour en adressa une à Qabqân Shâh, lequel en écrivit une nouvelle au roi des Khazars. Celui-ci mit enfin à la disposition de Salâm cinq guides (5). Ils cheminèrent pendant vingt-six jours et atteignirent une terre noire et pestilentielle, au point qu’ils inhalèrent du vinaigre (6), avant d’y progresser dix autres jours.
Ils parvinrent ensuite, durant vingt-sept journées, à des cités en ruines que Gog et Magog avaient autrefois attaquées, et qui demeurent dévastées depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui. Puis ils atteignirent une forteresse (7) proche de la barrière, où ils trouvèrent des gens comprenant l’arabe et le persan, mémorisant le Coran et disposant d’écoles et de mosquées. Ceux-ci s’étonnèrent de leur venue, leur demandant d’où ils arrivaient. Salâm et ses compagnons leur répondirent qu’ils venaient de la part de l’Émir des croyants (al-Wâthiq), mais ces gens ne le connaissaient pas du tout.
Enfin, ils parvinrent à une montagne lisse, sans aucune verdure (8). Là se trouvait la barrière, constituée de briques de fer scellées au cuivre. Elle était très élevée, au point que le regard ne pouvait en estimer la hauteur. Elle comportait des créneaux en fer, et en son centre se trouvait une porte gigantesque avec deux battants fermés, larges chacun de cent coudées, hauts de cent coudées, et épais de cinq coudées, munis d’un verrou mesurant sept coudées de long et aussi épais qu’une envergure de bras. (Le récit mentionne encore de nombreux détails.) À cet endroit, une garde veillait en permanence.