[La première expédition contre les Turcs]
Cela confirme le hadith mentionné précédemment, établi dans le recueil authentique (1), rapporté par Abû Hurayra et ‘Amr ibn Taghlib (2), où le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « L’Heure ne surviendra pas avant que vous ne combattiez un peuple au visage large, au nez aplati (3), à la peau rougeâtre, comme si leurs visages étaient des boucliers (4) recouverts. » Dans une autre version, il est dit : « Ils portent des chaussures en poil (5). »
Lorsque la lettre de ‘Umar parvint à ‘Abd al-Rahmân ibn Rabi‘a lui ordonnant de mener campagne contre les Turcs (6), il se mit aussitôt en route et franchit la porte (al-Bâb), conformément à l’ordre d’‘Umar. Shahrbarâz lui demanda : « Où comptes-tu aller ? » Il répondit : « Je cible le roi des Turcs à Balanjar. » Shahrbarâz tenta de le dissuader, en disant : « Nous nous contentons de conclure un pacte avec eux puisque nous sommes déjà derrière la porte. » Mais ‘Abd al-Rahmân répondit : « Allah nous a envoyé un Messager qui nous a promis, par Sa Parole, la victoire et le triomphe ; ainsi sommes-nous toujours victorieux. » Il combattit donc les Turcs et parcourut le pays de Banjr sur deux cents parasanges, menant plusieurs expéditions. De grandes batailles eurent lieu ensuite à l’époque de ‘Uthmân, comme nous le rapporterons (en son lieu), si Allah le veut.
Sîf ibn ‘Umar rapporte d’après al-Ghusn ibn al-Qâsim, qui le tient d’un homme, lequel le tient de Salmân ibn Rabi‘a (7) : « Lorsque ‘Abd al-Rahmân ibn Rabi‘a pénétra sur leur territoire, Allah empêcha les Turcs de l’affronter. Ils se dirent : “Cet homme n’a osé nous attaquer que parce que les anges sont avec lui pour les protéger de la mort.” Ils se retranchèrent alors et s’enfuirent avec leurs troupeaux (récoltant ainsi les biens et la victoire). Par la suite, il les combattit à nouveau à l’époque de ‘Uthmân et l’emporta encore sur eux, comme sur d’autres. Cependant, lorsqu’‘Uthmân nomma à Koufa l’un de ceux qui avaient apostasé auparavant, ce dernier repartit en expédition contre les Turcs. Ceux-ci se concertèrent et dirent : “Ils ne meurent pas !” (Puis ils s’exclamèrent : “Observez et agissez.”) Ils se cachèrent dans les fourrés, et l’un d’entre eux décocha une flèche sur un musulman par surprise et le tua. Ses compagnons l’abandonnèrent, et les Turcs se lancèrent alors contre les musulmans, réalisant qu’eux aussi pouvaient mourir, si bien qu’ils livrèrent une bataille féroce. Une voix cria du ciel : “Patience, ô gens de ‘Abd al-Rahmân, votre rendez-vous est le Paradis !” ‘Abd al-Rahmân combattit donc jusqu’à tomber en martyr, tandis que les troupes se dispersaient, et l’étendard fut alors pris… »