Il envoya Bukayr en Azerbaïdjan et le renforça avec Simak ibn Kharasha. Isfandiyadh ibn al-Farkhzadh rencontra Bukayr et ses compagnons avant l’arrivée de Simak ; ils s’affrontèrent, et Dieu fit triompher les croyants, si bien que les polythéistes furent vaincus. Bukayr fit alors prisonnier Isfandiyadh. Celui-ci lui dit : « Préfères-tu la paix ou la guerre ? » Bukayr répondit : « Plutôt la paix. » Il lui déclara : « Garde-moi donc auprès de toi. » Bukayr le garda et se mit à conquérir localité après localité. De son côté, ‘Utba ibn Farqad conquit aussi région après région, du côté opposé. Puis vint une lettre de ‘Umar demandant à Bukayr d’avancer jusqu’au « Bāb », et il désigna Simak ibn Kharasha (en son lieu) comme suppléant de ‘Utba ibn Farqad. ‘Umar confia toute l’Azerbaïdjan à ‘Utba ibn Farqad. Bukayr remit Isfandiyadh à ‘Utba, puis se rendit, selon l’ordre d’’Umar, jusqu’au « Bāb ».
On raconte que Bahram ibn Farkhzadh voulut s’opposer à ‘Utba ibn Farqad, mais fut défait et prit la fuite. Quand Isfandiyadh, captif chez Bukayr, l’apprit, il s’exclama : « À présent, la paix est conclue (et la guerre s’est éteinte). » Alors il conclut un traité de paix auquel tous adhérèrent. L’Azerbaïdjan redevint paisible. ‘Utba et Bukayr en informèrent ‘Umar et lui envoyèrent le cinquième du butin. De plus, lorsqu’expira la période de commandement de l’Azerbaïdjan, ‘Utba rédigea un document de garantie et de paix pour ses habitants (1).
Conquête du Bāb (2)
Ibn Jarir (3) rapporte que, selon l’affirmation de Saïf, la même année, ‘Umar ibn al-Khattab rédigea une lettre confiant le commandement de cette expédition à Surāqa ibn ‘Amr — surnommé Dhū an-Nūr (4) — et plaça à la tête de l’avant-garde ‘Abd ar-Rahmān ibn Rabi‘a (lui aussi appelé Dhū an-Nūr). Il attribua l’une des deux ailes de l’armée à Hudhayfa ibn Asid et l’autre à Bukayr ibn ‘Abd Allāh al-Laythī — lequel était déjà parti au « Bāb » — tandis qu’il confia l’office de répartir le butin à Salmān ibn Rabi‘a. Ils avancèrent conformément aux directives de ‘Umar et à l’organisation qu’il avait établie. Lorsque l’avant-garde, menée par ‘Abd ar-Rahmān ibn Rabi‘a, parvint au roi qui régnait alors au « Bāb », à savoir Shahrbarāz, roi d’Arménie, issu d’une dynastie qui avait autrefois détruit les Fils d’Israël et envahi le Shām il y a fort longtemps, ce dernier adressa une missive à ‘Abd ar-Rahmān pour demander la protection. ‘Abd ar-Rahmān la lui accorda. Le roi vint le rencontrer et l’informa qu’il inclinait en faveur des musulmans et souhaitait sincèrement les soutenir. ‘Abd ar-Rahmān lui répondit : « Au-dessus de moi, il y a un supérieur. Rends-toi auprès de lui. » Il l’envoya donc vers Surāqa ibn ‘Amr, le commandant de l’armée, et le roi sollicita son amān (garantie de sécurité). Surāqa écrivit à ‘Umar, qui ratifia la protection accordée et l’approuva. Surāqa rédigea alors pour lui un document officiel. Puis il dépêcha Bukayr, Habīb ibn Maslama, Hudhayfa ibn Usayd et Salmān ibn Rabi‘a auprès des populations établies dans les montagnes entourant l’Arménie — les montagnes des Alān, Tiflis et Mūqān. Bukayr conquit Mūqān et leur remit un écrit de garantie. Au cours de cette période, le commandant des musulmans sur place, Surāqa ibn ‘Amr, mourut. Il fut remplacé par ‘Abd ar-Rahmān ibn Rabi‘a. Lorsque ‘Umar l’apprit, il le confirma dans sa fonction et lui ordonna de poursuivre l’offensive contre les Turcs.