Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Umar se prépara jusqu’à ce qu’on fasse agenouiller les montures dans la cour (1). Puis les Compagnons se présentèrent auprès d’al-Ṣiddīq (Abū Bakr) et lui conseillèrent de garder ‘Umar à Médine et de maintenir Khālid en Syrie. Lorsque ‘Umar accéda au califat, il écrivit à Khālid au sujet de cette affaire, et Khālid lui répondit de la même manière ; alors ‘Umar le démit de ses fonctions en disant : « Dieu ne voudrait pas me voir ordonner à Abū Bakr quelque chose que je ne mettrais pas moi-même à exécution. »

Al-Bukhārī a rapporté dans son “Tārīkh” (2) – et d’autres également – selon la chaîne de transmission de ‘Ulay b. Rabāḥ, d’après Nāshira b. Sumay al-Yazanī (3), qu’il entendit ‘Umar s’excuser auprès des gens à al-Jābiya au sujet de la destitution de Khālid. Il dit : « Je lui avais ordonné de réserver cette somme aux nécessiteux parmi les Émigrés (al-Muhājirīn), mais il l’a donnée aux hommes de force, de noblesse et d’éloquence. J’ai donc nommé Abū ‘Ubayda. » Abū ‘Amr b. Ḥafṣ b. al-Mughīra lui répondit : « Tu ne t’es pas vraiment justifié, ô ‘Umar ! Tu as démis un responsable désigné par le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), abaissé une bannière qu’il avait élevée et rengainé une épée que Dieu avait dégainée. Tu as en outre rompu un lien de parenté et envié le fils de ton oncle. » ‘Umar répliqua : « Tu es un proche parent, encore jeune, et tu te mets en colère pour ton cousin. »

Al-Wāqidī (que Dieu lui fasse miséricorde), Muḥammad b. Sa‘d et d’autres ont rapporté que Khālid mourut en l’an 21 de l’Hégire dans un village à un mille de Ḥimṣ (Homs), et qu’il avait fait testament en faveur de ‘Umar b. al-Khaṭṭāb. Duḥaym et d’autres ont quant à eux affirmé qu’il mourut à Médine, mais la première version est la plus fiable. Nous avons déjà évoqué plus haut la sanction que ‘Umar infligea à Khālid quand ce dernier offrit dix mille à al-Ash‘ath b. Qays, ainsi que la somme de vingt mille qu’il lui prit de ses biens. Nous avons également mentionné le reproche que ‘Umar lui adressa pour être entré dans un hammam, avoir ôté ses poils puis s’être frotté avec une pâte de farine safranée mélangée à du vin, à quoi Khālid répliqua que cela s’était transformé en produit de lavage.

On rapporte aussi que Khālid divorça d’une de ses épouses en disant : « Je ne l’ai pas répudiée à cause d’un quelconque soupçon, mais parce qu’elle n’est jamais tombée malade chez moi et qu’elle n’a jamais rien eu ni au niveau de son corps, ni de sa tête, ni d’aucune autre partie de son être. » Sīf et d’autres ont transmis que, lorsqu’il démit Khālid de ses fonctions au Shām (Syrie) et al-Muthannā b. Ḥāritha de l’Irak, ‘Umar déclara : « Je ne les ai retirés que pour faire savoir aux gens que Dieu seul accorde la victoire à la religion, et non par leur intermédiaire, et que toute la force appartient à Dieu. »

Sīf rapporte également qu’au moment où ‘Umar destitua Khālid de Qaṇnasrīn et prit ce qu’il prit de lui, il lui dit : « Tu m’es cher, tu es honorable à mes yeux, et jamais plus rien venant de moi ne te fera de la peine. » Al-Aṣma‘ī relate, d’après Salama, d’après Bilāl, d’après Mujālid, d’après al-Sha‘bī, que ‘Umar et Khālid s’affrontèrent dans un combat de lutte alors qu’ils étaient encore adolescents ; Khālid, qui était le fils de la tante maternelle de ‘Umar, lui brisa la jambe, si bien qu’elle fut soignée et consolidée, et ce fut l’origine de l’animosité qui régna par la suite entre eux (4). Enfin, al-Aṣma‘ī, transmettant de Ibn ‘Awn et de Muḥammad b. Sīrīn, rapporte que Khālid se présenta un jour devant ‘Umar vêtu d’une chemise de soie.

(1) Dans A : il a été décidé par là jusqu'à ce que j'aie attaché les selles dans la maison. (2) Le Tarikh al-Awsat imprimé sous le titre de Tarikh al-Saghir (1/57), et le récit a également été rapporté par Aḥmad dans son Musnad (3/475). (3) Dans Ṭ : « Yāsir ibn Sammī al-Barnī », et ce que nous avons établi est correct, il figure parmi les narrateurs dans al-Tahdhīb. (4) Dans la chaîne de transmission de cette histoire apparaît Mījālid ibn Saʿīd, qui est considéré faible.
فتجهز عمر حتى أنيخ الظهر في الدار (١) ، ثم جاء الصحابة فأشاروا على الصديق بإبقاء عمر بالمدينة وإبقاء خالد بالشام. فلما ولي عمر كتب إلى خالد بذلك فكتب إليه خالد بمثل ذلك فعزله، وقال: ما كان (الله) ليراني آمر أبا بكر بشيء لا، أنفذه أنا. وقد روى البخاري في "التاريخ" (٢) وغيره من طريق عُلَي بن رباح عن ناشرة بن سُمي اليَزَني (٣) ، قال: سمعتُ عمر يعتذر إلى الناس بالجابية من عزل خالد، فقال: أمرتُه أن يحبسَ هذا المال على ضعَفَةِ المهاجرين، فأعطاه ذا البأس، وذا الشرف واللسان، وأمَّرْتُ أبا عبيدة. فقال أبو عمرو بن حفص بن المغيرة: ما اعتذرت يا عمر، لقد نزعتَ عاملًا استعمله رسول الله- ﷺ ، ووضعتَ لواء رفعه رسول الله ﷺ ، وأغمدت سيفًا سلَّه الله، ولقد قطعتَ الرحم، وحسدتَ ابنَ العمّ. فقال عمر: إنك قريبُ القرابة، حديثُ السن مغضبٌ في ابن عمك. قال الواقدي (رحمه الله) ، ومحمد بن سعد وغيرُ واحد: مات سنة إحدى وعشرين بقريةٍ على ميلٍ من حمص، وأوصى إلى عمر بن الخطاب. وقال دُحيم وغيره: مات بالمدينة. والصحيحُ الأولُ. وقدمنا (فيما سلف) تعزير عمر له حين أعطى الأشعث بن قيس عشرة آلاف، وأخذه من ماله عشرين ألفًا أيضًا. وقدمنا عتبهُ عليه لدخوله الحمّام وتدلكه بعد النورة بدقيقِ عصفرٍ معجونٍ بخمر، واعتذار خالد إليه بأنه صار غسولًا. وروينا عن خالد أنه طلَق امرأةً من نسائه وقال: إني لم أطلقها عن ريبة، ولكنها لم تمرض عندي ولم يصبها شيء في بدنها ولا رأسها ولا في شيء من جسدها. وروى سيف وغيره: أن عمر قال حين عزل خالدًا عن الشام، والمثنى بن حارثة عن العراق: إنما عزلتهما ليعلم الناسُ أنَّ اللهَ نصرَ الدِّين لا بنصرهما وأن القوةَ لله جميعًا. وروى سيفٌ أيضًا أن عمر قال حين عزل خالدًا عن قِنَّسرين وأخذ مه ما أخذ: إنك عليَّ لكريمٌ، وإنك عندي لعزيزٌ، ولن يصل إليك مني أمرٌ تكرهه بعد ذلك. وقد قال الأصمعي: عن سَلَمة، عن بلال، عن مُجالد، عن الشَّعبي قال: اصطرع عمر وخالد وهما غلامان -وكان خالد ابنَ خالِ عمر- فكسر خالدٌ ساقَ عمر، فعُولجت وجُبرت، وكان ذلك سببَ العداوة بينهما (٤) . وقال الأصمعي، عن ابن عون عن محمد بن سيرين قال: دخل خالد على عمر وعليه قميص حرير
(١) في أ: فعزم به حتى أنيخت الركائب في الدار. (٢) التاريخ الأوسط المطبوع باسم التاريخ الصغير (١/ ٥٧) والخبر أيضًا أخرجه أحمد في مسنده (٣/ ٤٧٥). (٣) في ط: "ياسر بن سمي البرني"، والصواب ما أثبتنا، وهو من رجال التهذيب. (٤) في إسناد هذه القصة مجالد بن سعيد، وهو ضعيف.

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