Saïf dit : « Puis il partagea la valeur des deux coffres entre les vainqueurs, de sorte que chaque cavalier reçut quatre mille dirhams provenant du prix de ces deux coffres. »
Ash-Sha‘bī rapporta : « Le cavalier obtint six mille dirhams de la part principale du butin, tandis que le fantassin en obtint deux mille, et les musulmans étaient au nombre de trente mille. »
Il fut également dit : « Nahāwand fut conquise au début de la dix-neuvième année, c’est-à-dire sept ans après le début du califat de ‘Umar. » Saïf le transmit d’après ‘Amr ibn Muḥammad.
Toujours par son intermédiaire, Ash-Sha‘bī raconta : « Lorsque les captifs de Nahāwand (1) arrivèrent à Médine, Abū Lu’lu’a – Fīrūz, l’esclave d’al-Mughīra ibn Shu‘ba – ne voyait aucun enfant parmi eux sans lui caresser la tête et pleurer, en disant : “‘Umar me ronge le foie.” En effet, Abū Lu’lu’a était originaire de Nahāwand. Il avait été fait prisonnier par les Romains à l’époque de la Perse, puis capturé par les musulmans par la suite, et il fut désigné selon l’endroit où il avait été réduit en esclavage (2). »
Ils dirent : « Après cette bataille, les Perses ne purent plus jamais se relever. ‘Umar offrit deux mille (3) (dirhams) supplémentaires à ceux qui s’y étaient illustrés, pour les honorer et manifester leur valeur. »
[Conquête d’Iṣbahān (4)]
Cette même année, après Nahāwand, les musulmans prirent également la ville de Jayy – c’est-à-dire la cité d’Iṣbahān – à l’issue de nombreux combats et de péripéties prolongées. Ils conclurent une trêve avec les musulmans, et ‘Abd Allāh ibn ‘Abd Allāh écrivit pour eux un acte de sécurité et de paix. Cependant, trente d’entre eux s’enfuirent jusqu’à Kermān, refusant de se soumettre aux musulmans.
On a aussi rapporté que celui qui conquit (5) Iṣbahān était an-Nu‘mān ibn Muqarrin et qu’il y trouva la mort ; le chef des mages, surnommé Dhū l-Ḥājibayn, tomba de son cheval, son ventre se déchira, et il mourut, provoquant la fuite de ses hommes. Toutefois, la version correcte est que Iṣbahān fut conquise par ‘Abd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Itbān, alors gouverneur adjoint de Kūfa.
Cette année-là, Abū Mūsā conquit Qumm et Qāshān (6), tandis que Suhayl ibn ‘Adī conquit la ville de Kermān (7).
Ibn Jarīr (8) rapporta, d’après al-Wāqidī, qu ‘Amr ibn al-‘Āṣ partit avec son armée vers Tripoli ; il se rendit également à Barqa et la prit par un accord de paix fixant à treize mille dinars par an le tribut.