Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans les jours qui suivirent, sachez que j’ai conçu un projet. Écoutez, répondez-moi brièvement, et ne vous querellez pas, de peur de faillir et de perdre votre force. J’ai décidé de partir avec ceux qui sont sous mon autorité jusqu’à m’installer en un lieu intermédiaire entre ces deux villes, afin d’y mobiliser les gens, puis de leur servir de renfort jusqu’à ce que Dieu leur accorde la victoire. À ce moment se levèrent ‘Uthmân, ‘Alî, Talha, Az-Zubayr et ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf, parmi d’autres hommes de conseil. Chacun prit la parole séparément et s’exprima avec éloquence et pertinence. Ils convinrent tous qu’il ne fallait pas quitter Médine, mais plutôt envoyer des troupes tout en les soutenant par l’opinion et la prière.

Parmi les propos d’‘Alî, il dit : « Ô Commandeur des croyants ! Pour cette affaire, la victoire ou la défaite n’a jamais dépendu de la quantité ni du petit nombre. C’est Sa religion à Lui (Dieu) qu’Il a manifestée, et Son armée qu’Il a honorée et aidée par les anges, jusqu’à ce qu’elle atteigne ce qu’elle a atteint. Nous avons la promesse divine, et Dieu accomplira Sa promesse et donnera la victoire à Son armée. Ta place parmi eux, ô Commandeur des croyants, est semblable au fil qui maintient ensemble des perles : s’il se rompt, elles se dispersent et se perdent, et ne se rassembleront plus jamais dans leur intégralité. Les Arabes d’aujourd’hui, même s’ils semblent peu nombreux, sont en réalité nombreux et puissants grâce à l’islam. Reste donc à ta place, et écris aux habitants de Kûfa – ils sont les notables et les chefs des Arabes – que deux tiers d’entre eux partent, tandis qu’un tiers demeure. Écris aussi aux habitants de Bassora afin qu’ils les soutiennent. »

‘Uthmân suggéra de renforcer les troupes en faisant venir des contingents du Yémen et de la Syrie. Quant à ‘Umar, il approuva l’idée de se rendre à un emplacement situé entre Bassora et Kûfa, comme cela avait été proposé. Cependant, ‘Alî s’opposa à ‘Uthmân sur le fait de quitter Médine pour se placer entre Bassora et Kûfa, et rejeta aussi son idée de demander l’appui des Syriens, craignant pour leurs terres face aux Byzantins si leurs garnisons venaient à diminuer. Il refusa également la proposition de faire appel aux gens du Yémen, par crainte que leurs terres ne soient menacées par les Abyssins. Le discours d’‘Alî plut à ‘Umar et lui donna satisfaction.

Or, chaque fois qu’‘Umar consultait quelqu’un, il attendait aussi l’avis d’Al-‘Abbâs avant de statuer. Lorsqu’il entendit les avis des Compagnons dans ce cas, il les présenta à Al-‘Abbâs, qui dit : « Ô Commandeur des croyants, va au plus simple, car ces Perses ont convergé pour une vengeance qui s’abat sur eux. » Puis ‘Umar déclara : « Proposez-moi le nom d’un Irakien à qui je confierai la conduite de la guerre. » On lui répondit : « Ô Commandeur des croyants, tu connais mieux que nous tes troupes. » Il répliqua : « Par Dieu, je désignerai un homme qui s’avancera le premier devant les lances dès demain. » Ils demandèrent : « Qui donc, ô Commandeur des croyants ? » Il répondit : « C’est An-Nu‘mân ibn Muqarrin. » Ils s’exclamèrent : « Il en est digne ! »

An-Nu‘mân avait écrit à ‘Umar, depuis Kaskar, pour lui demander de le relever de sa fonction au profit du combat contre les gens de Nahâwand. C’est pourquoi ‘Umar accéda à son désir et le désigna à cette tâche. Il envoya aussi une missive à Hudhayfa pour partir de Kûfa avec des soldats, et à Abû Mûsâ pour en faire de même depuis Bassora. Par ailleurs, il écrivit à An-Nu‘mân – qui se trouvait alors à Bassora – pour qu’il se rende, avec les forces présentes là-bas, à Nahâwand. Dès que tout le monde serait réuni, chaque chef conserverait le commandement de sa propre troupe, mais le commandement général de l’armée entière reviendrait à An-Nu‘mân ibn Muqarrin. S’il venait à être tué, ce serait Hudhayfa ibn Al-Yamân qui prendrait la suite, et s’il était lui-même tué… (la suite du texte précise alors la chaîne de commandement).

(1) Dans le manuscrit A : عزمت على أمر (J'ai décidé d'une affaire). (2) Dans le manuscrit T : يمدونهم (ils les étendent); erreur. (3) Dans le manuscrit A : بجيوش (avec des armées). (4) Dans le manuscrit A : قالوا (ils ont dit). (5) Comme à Sakkar : une grande province dont la capitale est Wasit, située entre Koufa et Bassorah. Voir Moʿjam al-Buldan (4/461).
ما بعده من الأيام، ألا وإني قد هممت بأمر (١) فاسمعوا وأجيبوا وأوجزوا ولا تنازعوا فتفشلوا وتذهب ريحُكم، إني قد رأيتُ أن أسيرَ بمن قِبَلي حتى أنزل منزلًا وسطًا بين هذين المِصْرين فأستنفر الناس، ثم أكون لهم رِدْءًا حتى يفتح اللهُ عليهم. فقام عثمانُ وعليٌّ وطلحةُ والزبيرُ وعبد الرحمن بن عوف في رجالٍ من أهل الرأي، فتكلَّم كلٌّ منهم بانفراده فأحسنَ وأجادَ، واتّفق رأيُهم على أن لا يسير من المدينة، ولكن يبعث البعوثَ ويحصرهم برأيه ودعائه. وكان من كلام عليٍّ (رضي الله عنه) أن قال: يا أمير المؤمنين، إنَّ هذا الأمرَ لم يكن نصرُهُ ولا خذلانُهُ بكثرةٍ ولا قلةٍ، هو دينُهُ الذي أظْهَرَ، وجندُهُ الذي أعزَّه وأمدَّه بالملائكة حتى بلغَ ما بلغَ. فنحن على موعودٍ من الله، واللهُ منْجِزٌ وعده، وناصرٌ جنده، ومكانكَ منهم يا أمير المؤمنين مكان النظام من الخَرز يجمعه ويمسكه، فإذا انحلَّ تفرَّق وما فيه وذهب، ثم لم يجتمعْ بحذافيره أبدًا. والعرب اليوم وإن كانوا قليلًا فهم كثيرٌ عزيزٌ بالإسلام، فأقم مكانَكَ واكتبْ إلى أهل الكوفةِ فهم أعلامُ العرب ورؤساؤهم، فليذهبْ منهم الثُلثان ويقيم الثُّلث، واكتب إلى أهلِ البصرة يمدُّوه (٢) أيضًا. وكان عثمان قد أشار في كلامه أن يمدَّهم في جيوش (٣) من أهل اليمن والشام. ووافق عمرُ على الذهابِ إلى ما بين البصرة والكوفة - فرد عليّ على عثمان في موافقته على الذهاب إلى ما بين البصرة والكوفة كما تقدم، وردَّ رأيَ عثمان فيما أشار به من استمداد أهل الشام خوفًا على بلادهم إذا قلَّ جيوشها من الروم. ومن أهل اليمن خوفًا على بلادهم من الحبشة. فأعجبَ عمرَ قولُ علي وسُرَّ به. وكان عمرُ إذا استشار أحدًا لا يبرم أمرًا حتى يشاور العباسَ - فلما أعجبه كلام الصحابة في هذا المقام عرضه على العباس فقال: يا أمير المؤمنين خَفِّضْ عليكَ، فإنما اجتمعَ هؤلاء الفرس لنقمة تنزل عليهم. ثم قال عمر: أشيروا عليَّ بمن أولّيه أمرَ الحربِ وليكن عراقيًا. فقالوا: أنت أبصرُ بجندك يا أميرَ المؤمنين. فقال: أما والله لأوليَنَّ رجلًا يكون أولَ الأسنّةِ إذا لقيها غدًا. قالوا: من يا أميرَ المؤمنين؟ قال: النُّعمان بن مُقَرِّنٍ. فقالوا (٤) : هو لها - وكان النعمانُ قد كتبَ إلى عمر وهو على كَسْكَر (٥) وسأله أن يعزلَه عنها ويوليه قتالَ أهل نَهاوَنْد - فلهذا أجابه إلى ذلك وَعَيَّنَه له، ثم كتب عمر إلى حذيفة أن يسير من الكوفة بجنود منها، وكتب إلى أبي موسى أن يسير بجنود البصرة. وكتب إلى النعمان - وكان بالبصرة - أن يسير بمن هناك من الجنود إلى نَهاوند، وإذا اجتمع الناسُ فكلُّ أميرٍ على جيشه والأميرُ على الناس كلِّهم النُّعمانُ بن مُقَرِّنٍ. فإذا قُتل فحذيفةُ بن اليَمَان، فإن قُتل
(١) في أ: عزمت على أمر. (٢) في ط: يمدونهم؛ خطأ. (٣) في أ: بجيوش. (٤) في أ: قالوا. (٥) كسكر: كورة واسعة قصبتها واسط التي بين الكوفة والبصرة. معجم البلدان (٤/ ٤٦١).

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