Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Il ne les avait encore jamais réunies pour personne avant moi. Puis, au matin, les Banû Asad se mirent à dire : “Il ne sait pas prier – selon une autre version, on me trompe au sujet de l’islam – en ce cas, j’aurais certainement échoué et mes actes seraient perdus.” (1)

Ensuite, ʿUmar dit à Saʿd : “Qui as-tu désigné comme gouverneur (ou lieutenant) à al-Kûfa ?” Il répondit : “ʿAbd Allâh ibn ʿAbd Allâh ibn ʿItbân” (2). Alors ʿUmar le confirma dans sa fonction de vice-gouverneur (3) à al-Kûfa – c’était un vieil homme parmi les notables des Compagnons, allié des Banû al-Ḥublâ parmi les Anṣâr. Et Saʿd resta démis de ses fonctions, sans qu’il y eût incapacité ou trahison de sa part. Il menaça cependant ces individus et manqua de les punir, puis y renonça, craignant que plus personne n’ose plus tard se plaindre (4) d’un gouverneur.

L’essentiel est que les gens de Perse s’étaient rassemblés de tous les horizons dans la région de Nahâwand, formant cent cinquante mille combattants. À leur tête se trouvait al-Fayrzân – on rapporte également qu’il s’appelait Bandâr ou Dhû al-Ḥâjib. Ils s’encouragèrent mutuellement et dirent : “Muḥammad, qui a apporté la religion aux Arabes, ne s’en est pas pris à notre terre. Abû Bakr, qui lui a succédé, ne nous a pas non plus affrontés dans nos contrées royales. Puis, lorsque le règne de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb se prolongea, il viola notre honneur et s’empara de nos terres. Non content de cela, il nous a attaqués dans notre propre demeure, a occupé la résidence royale, et il ne s’arrêtera pas tant qu’il ne vous aura pas expulsés de vos contrées.” Ils se mirent alors d’accord et conclurent un pacte pour se diriger vers al-Baṣra et al-Kûfa, afin de distraire ʿUmar et de l’empêcher de continuer son offensive. Ils firent mutuellement serment et rédigèrent un acte définissant leur accord.

Lorsque Saʿd écrivit à ʿUmar à ce sujet – c’était durant la période où Saʿd venait d’être relevé de ses fonctions – il l’informa (5) directement du complot qu’ils avaient formé et du fait qu’ils s’étaient rassemblés à cent cinquante mille hommes. Une lettre arriva également à ʿUmar de la part de ʿAbd Allâh ibn ʿAbd Allâh ibn ʿItbân depuis al-Kûfa, apportée par Qurayb Ẓafar al-ʿAbdî, affirmant que les Perses s’étaient réunis, qu’ils étaient hostiles et déterminés contre l’islam et ses partisans. “Ô Commandeur des Croyants, la meilleure chose à faire, selon moi, est de marcher contre eux et de les devancer dans ce qu’ils ont l’intention d’accomplir en envahissant nos territoires.”

Alors ʿUmar demanda au porteur de la lettre : “Comment t’appelles-tu ?” Il répondit : “Qurayb (proche).” ʿUmar lui dit : “Fils de qui ?” Il répondit : “Fils de Ẓafar (victoire).” ʿUmar en tira un bon présage et dit : “La victoire est proche.” Puis il ordonna de lancer l’appel : “As-salātu jāmiʿa” (venez à la prière en assemblée). Les gens se réunirent, et Saʿd ibn Abî Waqqāṣ fut le premier à entrer dans la mosquée, ce que ʿUmar interpréta également comme un signe favorable. Alors, il monta sur le minbar dans l’après-midi, jusqu’à ce que la foule soit au complet, puis il annonça : “Ce jour est un jour qui lui est consacré…”»

(1) Le rapport concernant Saʿd a été rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ (3727) et (3728) dans le chapitre des mérites des Compagnons, ainsi que par Muslim dans son Ṣaḥīḥ (2966) (12) au début du livre de la Zuhd. Cependant, il ne mentionne pas : « Le Messager de Dieu ﷺ a réuni mes deux parents, et personne avant moi ne les avait réunis. » Ceci est un autre récit qu’al-Bukhārī a rapporté dans son Ṣaḥīḥ, numéro (3725), dans le chapitre des mérites des Compagnons, et Muslim dans son Ṣaḥīḥ (2412) dans le même chapitre. Pour plus de détails sur sa chaîne de transmission, voir le Musnad de Saʿd dans l'ouvrage « al-Musnad al-Jāmiʿ » du Dr Bachar et ses collègues (6/134‑138), les hadiths (4128), (4129), (4130), (4131), (4132), (4133), (4134) et (4135). (2) Sa biographie et le rapport de sa délégation sont mentionnés dans l’histoire d’al-Ṭabarī (4/122), al-Kāmil (3/6‑7), Asad al-Ghābah (3/299) et al-Iṣābah (2/336‑337). (3) Dans le texte : « niyābah » (délégation). (4) Dans le texte, il est écrit « aḥadan » ; c’est ce qui a été retenu pour la cohérence linguistique. (5) Dans le texte : « shāwar ».
وما جمعهما لأحد قبلي، ثم أصبحت بنو أسد يقولون: لا يحسن يُصلّي - وفي رواية يغرر بي على الإسلام - لقد خبتُ إذًا وضلَّ عملي (١) . ثم قال عمر لسعد: منِ استخلفتَ على الكوفة؟ فقال: عبد الله بن عبد الله بن عِتْبان (٢) ، فأقرَّهُ عمر على نيابته (٣) الكوفة - وكان شيخًا كبيرًا من أشراف الصحابة حليفًا لبني الحُبلي من الأنصار - واستمرّ سعدٌ معزولًا من غير عجْزٍ ولا خيانةٍ ويهدّد أولئك النفرّ، وكادَ يوقعُ بهم بأسًا. ثم تركَ ذلك خوفًا من أن لا يشكوَ أحد (٤) أميرًا. والمقصودُ أنَّ أهلَ فارس اجتمعوا من كل فج عميق بأرض نهاوند، حتى اجتمع منهم مئة ألف وخمسون ألف مقاتل، وعليهم الفيرزان ويقال: بندار، ويقال ذو الحاجب. وتذامروا فيما بينهم، وقالوا: إنَّ محمدًا الذي جاء العربَ بالدين لم يتعرَّضْ لبلادنا، ولا أبو بكر الذي قام بعده تعرَّض لنا في دار مُلكنا، وإن عمر بن الخطاب هذا لمّا طال ملكه انتهكَ حرمَتنا وأخذ بلادنا، ولم يكفه ذلك حتى أغزانا في عُقْر دارنا، وأخذ بيتَ المملكة وليس بمُنْتهِ حتى يخرجكم من بلادكم. فتعاهدوا وتعاقدوا على أن يقصدوا البصرةَ والكوفةَ ثم يشغلوا عمر عن باده، وتواثقوا من أنفسهم وكتبوا بذلك عليهم كتابًا. فلما كتب سعد بذلك إلى عمر - وكان قد عزل سعدًا في غضون ذلك - شافه (٥) سعد عمر بما تمالؤوا عليه وقصدوا إليه، وأنه قد اجتمع منهم مئة وخمسون ألفًا. وجاء كتاب عبد الله بن عبد الله بن عِتْبان من الكوفة إلى عمر مع قريب ظَفَر العَبْدي بأنَّهم قد اجتمعوا وهم منحرفون متذامرون على الإسلام وأهله، وأن المصلحة يا أمير المؤمنين أن نقصدهم فنعاجلهم عما هَمُّوا به وعزموا عليه من المسير إلى بلادنا. فقال عمر لحامل الكتاب: ما اسمُكَ؟ قال: قريبٌ. قال: ابنُ منْ؟ قال: ابن ظَفَر. فتفاءل عمر بذلك وقال: ظَفَرٌ قريبٌ. ثم أمر فنُودي: الصلاةُ جامعةٌ، فاجتمع الناسُ وكان أول من دخل المسجد لذلك سعد بن أبي وقاص، فتفاءل عمر أيضًا بسعد، فصعد عصر المنبر حتى اجتمع الناس فقال: إن هذا يومٌ له
(١) خبر سعد هذا أخرجه البخاري في صحيحه (٣٧٢٧) و (٣٧٢٨) في فضائل الصحابة، ومسلم في صحيحه (٢٩٦٦) (١٢) في أول كتاب الزهد. ولكن دون ذكر: ولقد جمع لي رسول الله ﷺ أبويه وما جمعهما لأحد قبلي. فهذا خبر آخر أخرجه البخاري في صحيحه رقم (٣٧٢٥) في فضائل الصحابة، ومسلم في صحيحه (٢٤١٢) في فضائل الصحابة وينظر تفاصيل تخريجه في مسند سعد من كتاب "المسند الجامع" للدكتور بشار وزملائه (٦/ ١٣٤ - ١٣٨)، الأحاديث (٤١٢٨) و (٤١٢٩) و (٤١٣٠) و (٤١٣١) و (٤١٣٢) و (٤١٣٣) و (٤١٣٤) و (٤١٣٥). (٢) ترجمته وخبر نيابته في تاريخ الطبري (٤/ ١٢٢) والكامل (٣/ ٦ - ٧) وأسد الغابة (٣/ ٢٩٩) والإصابة (٢/ ٣٣٦ - ٣٣٧). (٣) في أ: نيابة. (٤) في أ، ط: أحدًا؛ وما أثبته للسياق اللّغوي. (٥) في أ: شاور.

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