Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En l’an cinq, lors de son entrée en ce lieu, le voile (ḥidjāb) fut révélé, ainsi qu’il est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ(1) d’après Anas. Celle dont il est question était celle qui rivalisait avec ʿĀʾisha bint al-Ṣiddīq en beauté et en faveur. Elle était pieuse, craignait Dieu, L’adorait et faisait preuve d’une grande générosité en aumône. C’est à cela que faisait allusion le Messager de Dieu (ﷺ) lorsqu’il dit : « Celle d’entre vous qui me rejoindra le plus tôt sera celle dont la main est la plus longue(2) », c’est-à-dire la plus généreuse en aumône. Elle était habile de ses mains, travaillait de ses propres mains et faisait don de ce qu’elle gagnait aux pauvres. ʿĀʾisha(3) raconta : « Je n’ai jamais vu une femme meilleure dans la religion, plus pieuse envers Dieu, plus véridique dans ses propos, plus soucieuse de maintenir les liens de parenté, plus digne de confiance ou plus généreuse en aumône que Zaynab bint Jahsh. »

Après le Pèlerinage d’Adieu, ni elle ni Sawda n’accomplirent d’autre pèlerinage, et ce en raison de la parole qu’il (– paix sur lui –) adressa à ses épouses : « Ceci est votre pèlerinage, puis restez derrière vos rideaux(4). » Quant aux autres épouses du Prophète (ﷺ), elles sortaient pour le ḥajj, mais Zaynab et Sawda disaient : « Par Dieu, aucune monture ne nous déplacera après lui. » On raconte qu’ʿUmar lui envoya un jour la somme de douze mille (dirhams) comme pension ; elle la distribua alors en aumône à ses proches avant de dire : « Ô Dieu, ne me laisse pas recevoir des dons de ʿUmar après celui-ci. » Elle mourut en l’an vingt et ʿUmar fit pour elle la prière funéraire. Elle fut la première femme pour qui l’on confectionna un cercueil(5)(6) et elle fut enterrée au Baqīʿ.

Ṣafiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib(8), la tante du Messager de Dieu (ﷺ), était la mère d’al-Zubayr ibn al-ʿAwwām. Elle était également la sœur germaine de Ḥamza, d’al-Muqawwim et de Ḥajl, leur mère étant Hāla bint Wuhayb ibn ʿAbd Manāf ibn Zuhra. Il n’y a aucun désaccord à propos de son islam. Elle assista à la bataille d’Uḥud et manifesta une grande tristesse pour son frère Ḥamza. Le jour du Fossé (al-Khandaq), elle tua un homme parmi les Juifs qui tournait autour de la forteresse où elle se trouvait — la forteresse de Ḥassān. Elle demanda alors à Ḥassān de descendre pour le tuer, mais il refusa. Elle descendit donc elle-même et le tua, puis s’exclama : « Descends le dépouiller ! Sans quoi, si je n’étais pas une femme, je l’aurais déjà fait. » Il lui répondit : « Je n’en ai pas besoin. » Elle fut ainsi la première femme à tuer un homme parmi les polythéistes.

On diverge au sujet de l’islam des autres tantes paternelles du Prophète (ﷺ). Certains affirment qu’Arwā et ʿĀtika se sont converties. Ibn al-Athīr et notre maître Abū ʿAbd Allāh al-Dhahabī, le grand ḥāfiẓ, ont déclaré pour leur part que la position correcte est qu’aucune d’entre elles ne s’est convertie, à part elle. Elle épousa tout d’abord al-Ḥārith ibn

(1) Authentique selon l'imam al-Bukhārī (6238) dans le chapitre de la permission, et authentique selon Muslim (1428) (89) dans le chapitre du mariage. (2) Le hadith se trouve dans Sahīh Muslim (2452) (101) au sujet des mérites des compagnons. (3) Al-Istiʿāb (vol. 4, p. 1851). (4) Le hadith est rapporté dans le Musnad d’Aḥmad (t. 2, p. 446 et t. 5, p. 218) et dans les Sunan d’Abū Dāwūd (1722) au chapitre des rituels du pèlerinage, et il est considéré comme hadith Hasan (bon). (5) Dans la version T: « qālatā », une forme linguistiquement défectueuse. (6) Dans la version 'A: « waḍaʿa ». (7) Al-Dhahabī mentionne dans sa Siyar (t. 2, p. 212) qu’au décès de Zaynab bint Jaḥsh, ʿUmar ordonna par appel public qu’aucune femme ne sorte en sa compagnie sauf un mahram. La fille de ʿUmais lui dit : « Ô chef des croyants, veux-tu que je te montre quelque chose que j’ai vu les Abyssins pratiquer avec leurs femmes ? » Elle construisit alors un cercueil qu’elle couvrit d’un tissu. ʿUmar dit : « Quelle belle et secrète manière ! » Puis il commanda par appel public : « Que l’on fasse sortir votre mère. » Ceci est rapporté dans at-Tabaqāt al-Kubrā (t. 8, p. 111). (8) Notice biographique de Safiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib dans at-Tabaqāt al-Kubrā (t. 8, p. 41), al-Istiʿāb (t. 4, p. 1873), Jāmiʿ al-ʾUṣūl (t. 14, p. 364), Asad al-Ghābah (t. 7, p. 173), Tārīkh al-Islām (t. 2, p. 38), Siyar Aʿlām an-Nubalāʾ (t. 2, pp. 269‑271) et al-Iṣābah (t. 4, pp. 348‑349). (9) Dans la version 'A: « yaṭīf ». (10) Dans la version 'A: « istalabat-hu ».
سنة خمس، وفي دخوله (عليه السلام) بها نزل الحجاب كما ثبت في الصحيحين (١) عن أنس وهي التي كانت تسامي عائشة بنت الصديق في الجمال والحُظْوة، وكانت ديّنةً ورعةً عابدةً كثيرةَ الصّدقة. وذاك الذي أشار إليه رسول الله ﷺ بقوله " أسْرَعُكُنَّ لحاقًا بي أطولُكُنَّ يدًا (٢) أي: بالصدقة. وكانت امرأةّ صناعًا تعمل بيديها وتتصدق على الفقراء، قالت عائشة (٣) : ما رأيتُ امرأةً قطُّ خيرًا في الدّين وأتْقَى لله وأصدقَ حديثًا وأوصلَ للرحم وأعظمَ أمانةً وصدقةً من زينب بنت جحش. ولم تحجّ بعد حجة الوداع لا هي ولا سودة، لقوله (عليه السلام) لأزواجه: " هذه ثم ظهور الحصر" (٤) وأما بقية أزواج النبي ﷺ فكنّ يخرجن إلى الحجّ، وقالت (٥) زينب وسودة: والله لا تحركنا بعده دابة. قالوا: وبعث عمر إليها فرضها اثني عشر ألفًا فتصدقت به في أقاربها. ثم قالت: اللهمَّ لا يدركني عطاءُ عمر بعدَ هذا. فماتَتْ في سنة عشرين وصلى عليها عمر. وهي أول من صُنع (٦) لها النعشُ (٧) ، ودفنت بالبقيع. صَفِيَّة بنت عبد المُطَّلب (٨) عمَّة رسول الله ﷺ : وهي أمّ الزبير بن العوام، وهي شقيقةُ حَمْزَةَ والمُقَوَّمِ وحَجْل، أُمُّهم هالةُ بنت وهيب بن عبد مَنافِ بن زهرة. لا خلافَ في إسلامها وقد حضرت يوم أحد ووجدتْ على أخيها حمزةَ وَجْدًا كثيرًا، وقَتَلَتْ يومَ الخندقِ رجلًا من اليهود جاء فجعل يطوف (٩) بالحصنِ التي هي فيه وهو فارع حصن حسَّان فقالت لحسان: انزل فاقتله، فأبى، فنزلت إليه فقتلته ثم قالت انزل فاسلبه فلولا أنه رجل لاستلبته (١٠) . فقال: لا حاجةَ لي فيه. وكانت أولَ امرأةٍ قتلتْ رجلًا من المشركين. وقد اختُلِف في إسلام من عداها من عَمّاتِ النبي ﷺ فقيل: أسلمتْ أرْوَى وعاتكةُ. قال ابن الأثير وشيخنا أبو عبد الله الذهبي الحافظ: والصحيح أنه لم يسلم منهن غيرُها. وقد تزوجتْ أولًا بالحارث بن
(١) صحيح الإمام البخاري (٦٢٣٨) في الاستئذان، وصحيح مسلم (١٤٢٨) (٨٩) في النكاح. (٢) الحديث في صحيح مسلم (٢٤٥٢) (١٠١) في فضائل الصحابة. (٣) الاستيعاب (٤/ ١٨٥١). (٤) الحديث في مسند أحمد (٢/ ٤٤٦ و ٥/ ٢١٨) وسنن أبي داود (١٧٢٢) في المناسك، وهو حديث حسن. (٥) في ط: وقالتا وهي لغة مفضولة. (٦) في أ: وضع. (٧) ذكر الذهبي في السير (٢/ ٢١٢) أنه لما ماتت زينب بنت جحش أمر عمر مناديًا: ألا يخرج معها إلا ذو محرم. فقالت بنتُ عُميس: يا أمير المؤمنين؛ ألا أريك شيئًا رأيت الحبشة تصنعُه بنسائهم؟ فجعلتْ نعشًا وغشته ثوبًا. فقال: ما أحسن هذا وأستره! فأمر مناديًا، فنادى: أن اخرجوا على أمِّكم. وهو في الطبقات الكبرى (٨/ ١١١). (٨) ترجمة - صفيّة بنت عبد المطلب - في الطبقات الكبرى (٨/ ٤١) والاستيعاب (٤/ ١٨٧٣) وجامع الأصول (١٤/ ٣٦٤) وأسد الغابة (٧/ ١٧٣) وتاريخ الإسلام (٢/ ٣٨) وسير أعلام النبلاء (٢/ ٢٦٩ - ٢٧١) والإصابة (٤/ ٣٤٨ - ٣٤٩). (٩) في أ: يطيف. (١٠) في أ: استلبته.

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