Après la mort d’Abou ‘Oubaïda, ‘Oumar nomma ‘Ali comme responsable de Hims. On rapporta à ‘Oumar qu’il avait subi une grande détresse(1) ; il lui envoya donc mille dinars, mais celui-ci les distribua entièrement en aumône, puis il dit à son épouse : « Nous les avons donnés à celui qui fera fructifier notre bien. »
Khalifa(2) rapporta qu’il conquit, avec Mu‘awiya, la ville de Qaysariyya, chacun d’eux étant émir sur ses propres troupes.
‘Iyâd Ibn Ghanm(3), Abou Sa‘d al-Fihrî, faisait partie des tout premiers émigrés ; il participa à la bataille de Badr et à celles qui suivirent. Il était généreux et noble, courageux, et c’est lui qui conquit la région d’al-Jazîra. Il fut le premier à franchir le col byzantin pour faire la guerre. Après Abou ‘Oubaïda, celui-ci le désigna comme remplaçant sur la Syrie, et ‘Oumar le maintint à ce poste jusqu’à sa mort en l’an 20 de l’Hégire, alors qu’il était âgé d’environ soixante ans.
Abou Soufiyân Ibn Al-Hârith(4), fils de ‘Abdel-Mouttalib, était le cousin du Messager de Dieu (ﷺ). On raconte que son nom est Al-Moughîra. Il s’est converti l’année de la conquête de La Mecque, et sa conversion fut excellente, alors qu’il avait auparavant été l’un des plus virulents opposants au Messager de Dieu (ﷺ), à sa religion et à ceux qui le suivaient. Il était doué en poésie et s’illustrait dans la satire contre l’islam et ses adeptes. Hassân Ibn Thâbit (– qu'Allah soit satisfait de lui –) lui répondit dans ces vers(5) (mètre al-wâfir) :
« Portez à Abou Soufiyân ce message de ma part,
transmis avec force : le secret n’est plus de mise.
Tu as diffamé Muhammad et moi, je l’ai défendu,
et auprès de Dieu se trouve la véritable rétribution.
Oses-tu le railler alors que tu ne lui vaux pas ?
Parmi vous deux, le pire sera offert en rançon au meilleur. »
Quand Abou Soufiyân et ‘Abd Allâh Ibn Abî Oumayya vinrent se convertir, le Prophète (– paix sur lui –) ne leur donna pas l’autorisation d’entrer jusqu’à ce que Oumm Salama intercède en faveur de son frère. Il leur permit alors d’entrer. On rapporta au Prophète (ﷺ) qu’Abou Soufiyân s’était exclamé : « Par Dieu, s’il ne m’autorise pas, je prendrai la main de mon enfant et partirai sans qu’on sache où je vais. » Cela toucha le Prophète (ﷺ), qui l’autorisa finalement à entrer. Abou Soufiyân resta alors constamment en compagnie du Messager de Dieu (ﷺ) lors de la bataille de Hunayn(8), tenant ce jour-là la bride de sa mule. Il est rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ) l’aima et attesta qu’il entrerait au Paradis. Il dit également : « J’espère que tu seras le digne successeur de Hamza(9). »