Al-Aslami. Ibn al-Athir a penché en faveur de cette opinion, et Dieu sait mieux. Il a rapporté un hadith au sujet de la fitna (1). Ibrahim ibn al-Mundhir a dit qu’il est décédé au mois de Rabiʿ al-Awwal de l’an 20.
Bilal ibn Rabah al-Habachi (2), le muezzin affranchi d’Abou Bakr — on l’appelait également Bilal ibn Hamamah, qui était le nom de sa mère — embrassa tôt l’islam. Il fut persécuté pour la cause de Dieu et endura patiemment cette épreuve. Le Véridique (Abou Bakr) l’acheta et l’affranchit. Il assista à la bataille de Badr et aux suivantes (3).
ʿUmar disait : « Abou Bakr est notre maître, et il a affranchi notre maître. » Ce propos est rapporté par al-Bukhari (4). Quand l’appel à la prière (adhan) fut institué à Médine, c’était lui qui l’accomplissait devant le Messager de Dieu ﷺ, en alternance avec Ibn Oumm Maktoum, tantôt l’un, tantôt l’autre. Bilal avait une voix douce et mélodieuse ; il était éloquent. La phrase prêtée à certains : « Le “s” de Bilal est un “ch” auprès de Dieu » n’a aucun fondement. Le jour de la conquête de La Mecque, il fit l’adhan sur le toit de la Kaʿba.
Après le décès du Messager de Dieu ﷺ, il cessa l’appel à la prière. Certains affirment qu’il aurait appelé à la prière pour as-Siddiq (Abou Bakr) durant son califat, mais cela n’est pas considéré comme authentique. Il partit ensuite en Syrie pour le jihâd. Lorsque ʿUmar arriva à al-Jâbiya, Bilal fit l’adhan devant lui, après le prône, pour la prière de midi, et les gens fondirent alors en larmes. On raconte aussi qu’il visita Médine durant cette période, y fit l’adhan, et les gens pleurèrent abondamment ; il était bien naturel qu’ils le fissent.
Le recueil authentique (5) rapporte que le Messager de Dieu ﷺ dit à Bilal : « Je suis entré au Paradis et j’ai entendu le bruissement (6) de tes pas devant moi. Fais-moi part de l’œuvre qui t’inspire la plus grande espérance. » Il répondit : « Je n’ai jamais fait mes ablutions sans accomplir deux rakʿas (unité de prière). » Le Prophète ﷺ lui dit alors : « C’est bien cela. » Dans une autre version, il est dit : « Je ne romps jamais mes ablutions sans aussitôt les refaire, et chaque fois que je fais mes ablutions, je considère qu’il m’incombe de prier deux rakʿas. »
On raconte également que Bilal avait le teint noir (7), très foncé, qu’il était grand, maigre, chevelu, et avait les joues peu fournies. Selon Ibn Bukayr, il mourut à Damas pendant la peste dʿAmwâs, en l’an 18. Muhammad ibn Ishaq et d’autres ont dit qu’il était décédé en l’an 20. Al-Waqidi a précisé qu’il fut inhumé à Bâb as-Saghîr et qu’il était alors âgé d’une soixantaine d’années. D’autres ont rapporté qu’il mourut à Dariyyâ et fut enterré à Bâb Kaysân. Certains ajoutent qu’il fut inhumé à Dariyyâ ou qu’il mourut à Alep. La première version est jugée la plus correcte, et Dieu sait mieux.
Saʿid ibn ʿAmir ibn Hidhyam (8) : il était l’un des notables des Banû Jumah, participa à Khaybar et faisait partie des ascètes et des grands dévots. Il exerça également la fonction d’émir.