Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au matin, ʿAwf ibn Mâlik fut envoyé à Alexandrie. Chacun d’eux déclara aux habitants de sa cité : « Si vous descendez (pour accepter l’autorité), vous serez en sécurité. » Ils attendirent alors de voir ce que feraient les gens de ʿAyn Shams. Lorsque ceux-ci conclurent la paix, les autres en firent autant.

ʿAwf ibn Mâlik dit aux habitants d’Alexandrie : « Comme votre ville est belle ! » Ils répondirent : « Lorsque Iskandar (Alexandre) l’a construite, il a déclaré : “Je vais bâtir une cité qui sera pauvre devant Dieu et riche de n’avoir besoin de personne.” (C’est ainsi que sa splendeur demeure.) »

Abrahah s’adressa aux gens d’al-Farmâ en ces termes : « Comme (1) votre ville est laide ! » Ils répliquèrent : « Lorsque al-Farmâ — qui était le frère d’Iskandar — l’a édifiée, il a dit : “Je vais construire une cité riche sans Dieu, et dans le besoin vis-à-vis des hommes.” Ainsi, son édifice n’a cessé de s’effondrer et elle en est devenue défigurée. »

Sîf a rapporté que lorsqu’ʿAbd Allâh ibn Saʿd ibn Abî Sarḥ reçut le gouvernement de l’Égypte à la suite de ces événements, il augmenta leur impôt (kharâj) en y ajoutant un certain nombre de têtes d’esclaves qu’ils devaient offrir chaque année aux musulmans. Les musulmans, de leur côté, leur donnaient en échange une quantité de nourriture définie et des vêtements. ʿUthmân ibn ʿAffân, puis les dirigeants après lui, maintinrent cette décision, jusqu’à ce que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz l’entérinât à son tour, par égard pour eux et pour préserver leur pacte (3).

J’ai dit : Les territoires (4) d’Égypte ont été nommés « al-Fusṭât » par référence à la tente (fusṭât) de ʿAmr ibn al-ʿÂṣ. En effet, il planta sa tente — le fusṭât — à l’emplacement de l’Égypte actuelle et les gens construisirent autour de celle-ci. Depuis l’époque de ʿAmr ibn al-ʿÂṣ jusqu’à aujourd’hui, on a délaissé l’ancienne ville d’Égypte. Plus tard, la tente fut ôtée et on bâtit à sa place une mosquée, qui lui est encore attribuée de nos jours.

Après la conquête de l’Égypte, les musulmans partirent en expédition contre la Nubie. Ils subirent de nombreuses blessures et beaucoup eurent les yeux atteints, tant les archers nubiens étaient habiles. On les surnomma alors « les soldats de la visée (ou de la pupille) ». Par la suite, Dieu leur accorda la victoire — louange et grâce à Lui.

Il y a eu divergence à propos de la conquête de l’Égypte : certains affirment qu’elle fut conclue par traité, à l’exception d’Alexandrie, ce qui est l’opinion de Yazîd ibn Abî Ḥabîb. D’autres maintiennent que toute la région fut prise de force, point de vue défendu par Ibn ʿUmar et d’autres savants.

Selon un récit, ʿAmr ibn al-ʿÂṣ s’adressa un jour à la population en déclarant : « Je ne me serais pas assis à cette place si je détenais encore de pacte avec aucun Copte, car si je veux, j’accepte, si je veux, je vends, et si je veux, je prélève un cinquième, à l’exception des habitants de Ṭâbulus : ils possèdent un traité que nous honorerons (5). »

[Histoire du Nil d’Égypte] Il nous est parvenu selon la chaîne de transmission d’Ibn Lahîʿa, d’après Qays ibn al-Ḥajjâj, qui la tient de son informateur : Lorsque l’Égypte fut conquise, ses habitants vinrent trouver ʿAmr ibn al-ʿÂṣ — au moment où commençait le mois de Buʾûna, l’un des mois en usage chez les non-Arabes — et lui dirent : « Ô émir, notre Nil (6) a une tradition : il ne coule que… »

= Ère d'Omar ibn al-Khaṭṭāb – qu'Allah soit satisfait de lui – Année 18. Muʿjam al-Buldān (4/255-256). (1) Dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/108) : « Que c’est admirable ». (2) Dans A : « elle subsiste encore ». (3) Le rapport dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/111). (4) Dans A : « le pays d’Égypte ». (5) Dans A : « négation ». (6) Dans A : « en ce qui concerne notre Nil ».
الصباح، وبعث عوف بن مالك إلى الإسكندرية فقال كل منهما لأهل بلده: إن نزلتم فلكم الأمان. فتربّصوا ماذا يكون من أهل عين شمس، فلما صالحوا صالح الباقون. وقد قال عوف بن مالك لأهل إسكندرية: ما أحسنَ بلدَكُم؟ فقالوا: إنّ إسكندر لمّا بناها قال: لأبنينَّ مدينة فقيرةّ إلى الله غنيةً عن الناس. (فبقيت بهجتها) . وقال أبرهة لأهل الفرما، ما أقبحَ (١) مدينتكم؟ فقالوا: إن الفرما - وهو أخو الإسكندر - لمّا بناها قال لأبنينّ مدينة غنيةً عن الله فقيرةً إلى الناس. فهي لا يزال (٢) ساقطًا بناؤها، فشوهت بذلك. وذكر سيفٌ أنَّ عبدَ الله بن سعد بن أبي سَرْح لمّا ولي مصر بعد ذلك زاد في الخراج عليهم رؤوسًا من الرقيق يهدونها إلى المسلمين في كلّ سنة، ويعوّضهم المسلمون بطعام مسمى وكسوةٍ. وأقرّ ذلك عثمان بن عفان وولاة الأمور بعده، حتى كان عمر بن عبد العزيز فأمضاه أيضًا نظرًا لهم، وإبقاءٌ لعهدهم (٣) . قلت: وإنما سميت ديار (٤) مصر بالفسطاط نسبة إلى فسطاط عمرو بن العاص، وذلك أنّه نصب خيمتَه وهي الفسطاط موضع مصر اليوم، وبنى الناس حوله، وتركت مصر القديمة من زمان عمرو بن العاص وإلى اليوم، ثم رفع الفسطاط وبنى موضعه جامعًا وهو المنسوب إليه اليوم. وقد غزا المسلمون بعد فتح مصر النوبة فنالهم جراحات كثيرة، وأصيبت أعين كثيرة، لجودة رمي النوبة فسموهم جند الحدق. ثم فتحها الله بعد ذلك وله الحمد والمنة. وقد اختلف في بلاد مصر فقيل: فتحت صلحًا إلَّا الإسكندرية، وهو قول يزيد بن أبي حبيب. وقيل: كلّها عنوة، وهي قول ابن عمر وجماعة. وعن عمرو بن العاص أنه خطب الناس فقال: ما قعدت مقعدي هذا ولأحدٍ من القبط عندي عهدٌ إن شئت - قبلت، وإن شئت بعت، وإن شئت خمست، إلا لأهل الطابلس فإنّ لهم عهدًا نُوفي (٥) به. [قصة نيل مصر] روينا من طريق ابن لهيعة، عن قيس بن الحجاج، عمن حدَّثه قال: لما افتتحت مصر أتى أهلها عمرو بن العاص - حين دخل بؤنة من أشهر العجم - فقالوا: أيها الأمير، لنيلنا (٦) هذا سُنّة لا يجري إلا
= زمن عمر بن الخطاب ﵁ سنة ١٨. معجم البلدان (٤/ ٢٥٥ - ٢٥٦). (١) في تاريخ الطبري (٤/ ١٠٨): ما أخلق. (٢) في أ: فهي لا تزال. (٣) الخبر في تاريخ الطبري (٤/ ١١١). (٤) في أ: بلاد مصر. (٥) في أ: نفي. (٦) في أ: إن لنيلنا.

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