Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[En l’an 20 de l’Hégire]

Mohammed ibn Ishaq déclara : « Cette année-là eut lieu la conquête de l’Égypte. » Al-Waqidi affirma également : « L’Égypte et Alexandrie furent conquises au cours de cette même année. » Abou Maʽchar soutint pour sa part que l’Égypte fut conquise en l’an 20, tandis qu’Alexandrie ne le fut qu’en l’an 25. Quant à Saïf, il prétendit que l’Égypte et Alexandrie furent conquises en l’an 16, au mois de Rabiʽ al-Awwal. Abou al-Hasan ibn al-Athîr (dans son ouvrage “Al-Kâmil”)(2) s’appuya sur l’histoire selon laquelle ʽAmr (ibn al-ʽÂs) envoya des vivres depuis l’Égypte pendant “l’Année de la Cendre” (ʽÂm ar-Ramâdah) pour adopter l’avis de Saïf ; ce qui paraît compréhensible, et Dieu sait mieux.

Au cours de cette même année, se déroula selon certains savants de la sîra la conquête de Tustar après un siège de deux ans (d’autres disent d’un an et demi). Dieu seul sait.

Quant à la description de la conquête du pays d’Égypte (recueillie des récits d’Ibn Ishaq, de Saïf et d’autres), il est rapporté : lorsque ʽUmar (ibn al-Khattâb) et les musulmans eurent achevé la conquête du Shâm, il envoya ʽAmr ibn al-ʽÂs en Égypte. Selon Saïf, il l’y dépêcha après la prise de Bayt al-Maqdis (Jérusalem), et le renforça par l’envoi d’Az-Zubayr ibn al-ʽAwwâm, accompagné de Busr ibn Arṭât, Khârija ibn Ḥudhâfa et ʽUmayr ibn Wahb al-Jumaḥî. Ils se réunirent aux portes de l’Égypte, où Abou Maryam, jadhlîq (chef religieux) d’Égypte, accompagné de l’évêque Abou Maryâm et des gens demeurés fidèles, vint à leur rencontre. Le Muqawqis, souverain d’Alexandrie, les avait mandatés pour protéger leur pays.

Lorsqu’ils s’alignèrent pour combattre, ʽAmr ibn al-ʽÂs déclara : « Ne vous empressez pas, laissez-nous remplir notre devoir d’exposer clairement la situation. Que s’avancent vers moi Abou Maryam et l’évêque Abou Maryâm, les deux moines de ce pays. » Ils s’avancèrent, et ʽAmr ibn al-ʽÂs leur dit : « Vous êtes les moines de ce pays, écoutez. Dieu a envoyé Muḥammad (que la prière et la paix soient sur lui) avec la vérité ; Il lui en a donné l’ordre, et Muḥammad (que la prière et la paix soient sur lui) nous l’a ensuite transmis. Il nous a communiqué tout ce dont il avait la charge, puis il s’en est allé et nous laissa suivre la voie droite. Il nous a également ordonné d’avertir les gens : nous vous invitons à l’Islam ; celui qui nous répond et l’accepte devient des nôtres. Celui qui s’y refuse, nous lui offrons de payer la djizya et nous lui assurons la protection. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) nous a informés que nous vous conquerrons, et il nous a recommandé de respecter notre lien de parenté avec vous. Ainsi, si vous souscrivez à cela, vous bénéficierez d’une garantie solidaire.

Notre émir nous a confié pour consigne : “Prenez soin des Coptes, car le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) nous a enjoint de bien traiter les Coptes.” »

= Voir Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (2/545-550) et al-Iṣābah (2/190-191). (1) L'ensemble de ces propos dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/104). (2) Al-Kāmil fī al-Tārīkh (2/564). (3) Le terme entre ces deux crochets est parfois / ʿan / et parfois / fī / dans l’édition. (4) Dans l’édition : Bishr ibn ʿArṭaʾah ; erreur. La correction est tirée d’al-Istiʿāb (1/157), Jāmiʿ al-Uṣūl (13/152), Asad al-Ghābah (1/213), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (3/409) et al-Iṣābah (1/147-148). (5) L’usquf : chef des chrétiens dans la religion ; terme étranger adopté par les Arabes et dont il n’existe pas d’équivalent à l’exception d’ʾusrubb. Le pluriel est Asāqifah ou Usāqifah. (6) Dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/107) : "al-niyyāt". (7) Dans alif : « wa man lam yujīb » (« et celui qui ne répondit pas »).
[سنة عشرين من الهجرة] قال محمد بن إسحاق: فيها كان فتحُ مصر. وكذا قال الواقدي: إنّها فُتحت هي وإسكندرية في هذه السنة. وقال أبو معشر: فُتحت مصر سنة عشرين، وإسكندرية في سنة خمس وعشرين. وقال سيف: فتحت مصر وإسكندرية في سنة ست عشرة في ربيع الأول منها (١) . ورجّح ذلك أبو الحسن بن الأثير في "الكامل" (٢) لقصة بعث عمرو الميرة من مصر عام الرّمادة، وهو معذور فيما رجحه، والله أعلم. وفيها كان فتح تُسْتَر في قول طائفةٍ من علماء السير بعد محاصرة سنتين وقيل سنة ونصف، والله أعلم. صفة فتح [بلاد] مصر [مجموعًا من كلام] (٣) ابن إسحاق وسيف [وغيرهما] قالوا: لما استكملَ (عمر) والمسلمون فتحَ الشام بعثَ عمرو بن العاص إلى مصرَ. وزعم سيفٌ أنَّه بعثه بعد فتح بيت المقدس، وأردفه بالزُّبير بن العَوَّام وفي صحبته بُسْر بن أرطاة (٤) ، وخارِجَة بن حُذافَة وعُمَيْر بن وَهْب الجُمَحي. فاجتمعا على باب مصر فلقيهم أبو مريم جاثليق مصر، ومعه الأسقفّ (٥) أبو مريام في أهل الثبات (٦) ، بعثه المُقَوْقِسُ صاحب إسْكَنْدَرِيَّة لمنع بلادهم، فلما تصافُّوا قال عمرو بن العاص لا تعجلوا حتى نُعْذرَ، ليبرز إليَّ أبو مريم وأبو مريام راهبا هذه البلاد، فبرزا إليه، فقال لهما عمرو بن العاص: أنتما راهبا هذه البلاد فاسمعا، إن الله بعث محمدًا ﷺ بالحق وأمره به وأمرنا به محمد ﷺ ، وأدَّى إلينا كلّ الذي أُمر به، ثم مضى وتركنا على الواضحة، وكان مما أمرنا به الإعذار إلى الناس، فنحن ندعوكم إلى الإسلام، فمن أجابنا (إليه) فمثلنا، ومن لم يجبنا (٧) عرضنا عليه الجزية وبذلنا له المنعة، وقد أعلمنا [ ﷺ ] أنا مفتتحوكم، وأوصانا بكم حفظًا لرحمنا منكم، وإنَّ لكم إن أجبتمونا بذلك ذمة إلى ذمة. ومما عهد إلينا أميرنا: استوصوا بالقِبْطيِّين خيرًا، فإنّ رسول الله ﷺ أوصانا بالقِبْطيِّين
= وسير أعلام النبلاء (٢/ ٥٤٥ - ٥٥٠) والإصابة (٢/ ١٩٠ - ١٩١). (١) جملة هذه الأقوال في تاريخ الطبري (٤/ ١٠٤). (٢) الكامل في التاريخ (٢/ ٥٦٤). (٣) مكان هاتين المعقوفتين لفظة/ عن/ في ط. (٤) في ط: بشر بن أرطأة؛ خطأ. والتصحيح من الاستيعاب (١/ ١٥٧) وجامع الأصول (١٣/ ١٥٢) وأسد الغابة (١/ ٢١٣) وسير أعلام النبلاء (٣/ ٤٠٩) والاصابة (١/ ١٤٧ - ١٤٨). (٥) الأسقف: رئيس النصارى في الدين، أعجمي تكلّمت به العرب ولا نظير له إلا أُسْرُبّ، والجمع: أساقف وأساقفة. (٦) في تاريخ الطبري (٤/ ١٠٧): النيات. (٧) في أ: ومن لم يجب.

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