Il avait un visage reconnaissable, une barbe légère et il perdit ses deux incisives (1). En effet, lorsqu’il retira les deux anneaux incrustés dans les joues du Messager de Dieu (ﷺ) le jour de la bataille d’Uḥud, il craignit de le faire souffrir. Il s’appuya alors sur ses propres dents qui tombèrent, et nul ne fut jamais vu avec une plus belle apparence d’édentement que lui. Il mourut lors de la peste de ‘Amwās, comme on l’a rapporté pour l’an seize selon Sif ibn ‘Umar. Toutefois, il est plus correct de dire que la peste de ‘Amwās eut lieu cette année-là – la dix-huitième – dans le village de Fidl (Fïḥl), ou selon d’autres avis à al-Jābiya. De nos jours, on signale l’existence d’une tombe auprès d’un col qui lui est attribuée, mais Dieu seul sait la vérité. Il avait cinquante-huit ans lorsqu’il mourut.
Al-Faḍl ibn al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib (2) était d’une grande beauté, élégant et d’aspect noble. Le Messager de Dieu (ﷺ) le fit monter en croupe derrière lui le jour du sacrifice pendant le pèlerinage d’Adieu, alors qu’il était encore un jeune homme plein de grâce. Il participa à la conquête du Shām et trouva le martyre lors de la peste de ‘Amwās, d’après le témoignage de Muḥammad ibn Sa‘d, al-Zubayr ibn Bakkār, Abū Ḥātim et Ibn al-Barqī (3) – et c’est l’opinion la plus sûre. Certains avancent qu’il mourut à Marj al-Ṣuffar, d’autres à Ajnādīn, et d’autres encore disent au Yarmūk, [et on dit aussi] en l’an vingt-huit.
Mu‘ādh ibn Jabal (4) ibn ‘Amr ibn Aws ibn ‘Ā‘idh (5) ibn ‘Adī ibn Ka‘b ibn ‘Amr ibn Udayy ibn [Sa‘d ibn] ‘Alī ibn Asad ibn Sārida ibn Yazīd ibn Jušam ibn al-Khazraj, l’Anṣârî al-Khazrajî, Abū ‘Abd al-Raḥmān al-Madanî : c’était un grand Compagnon, de haut rang. Al-Wāqidî raconte qu’il était grand, doté d’une belle chevelure et d’une denture éclatante, et qu’il ne laissa pas de descendance. D’autres affirment toutefois qu’il eut un enfant, ‘Abd al-Raḥmān, qui l’accompagna à la bataille du Yarmūk. Mu‘ādh participa au pacte d’al-‘Aqaba. Lorsque les émigrés arrivèrent à Médine, le Messager de Dieu (ﷺ) l’associa en fraternité avec Ibn Mas‘ūd, et Al-Wāqidî explique qu’il y a consensus sur ce fait. Toutefois, Muḥammad ibn Isḥāq rapporte qu’il fut lié à Ja‘far ibn Abî Ṭālib. Il assista à la bataille de Badr et à celles qui suivirent. Il fut aussi l’un des quatre hommes du Khazraj à avoir mémorisé le Coran du vivant du Prophète (ﷺ) : Ubayy ibn Ka‘b, Zayd ibn Thābit, Mu‘ādh ibn Jabal et Abū Zayd, l’oncle d’Anas ibn Mālik (6).
Il est rapporté de façon sûre, dans le ḥadīth transmis par Abū Dāwūd et an-Nasā’ī (7), selon la chaîne de transmission de Ḥaywa ibn Šurayḥ, d’après ‘Uqba ibn Muslim, d’après Abū ‘Abd ar-Raḥmān al-Ḥubulî, d’après aṣ-Ṣunābiḥî, que Mu‘ādh a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) lui a déclaré : « Ô Mu‘ādh, par Dieu, je t’aime ! Ne manque donc jamais de dire à la fin de chaque prière : “Ô Dieu, aide-moi à Te rappeler et à Te remercier.” »