J’ai patienté et je ne me suis pas plaint alors même que mes frères étaient morts… et jamais, fût-ce un jour, je ne me suis abstenu de la boisson couleur de feu (1). Le Commandeur des croyants la voua à la perdition, et désormais ses compagnons la pleurent autour des pressoirs (2).
Al-Waqidî (3) et d'autres ont dit : « Durant cette même année, au mois de Dhou al-Hijja, ‘Umar déplaça le Maqâm — qui était collé au mur de la Ka‘ba — et le recula jusqu'à l'emplacement actuel afin que ceux qui prient à cet endroit ne dérangent pas ceux qui accomplissent le Tawâf. »
J’ai dit : « J’ai mentionné les chaînes de transmission relatives à cet événement dans la biographie de ‘Umar, et louange à Dieu (et gratitude envers Lui). »
Il (al-Waqidî) dit : « Au cours de cette année, ‘Umar nomma Shurayh comme juge à Kûfa, et Ka‘b ibn Sûr comme juge à Bassora. »
Il poursuivit : « Cette même année, ‘Umar dirigea le pèlerinage pour les gens, et ses gouverneurs furent ceux déjà cités pour l’année précédente. Dans cette même année, ar-Raqqa, ar-Ruha et Harrân furent conquises par ‘Iyâd ibn Ghanm. » Il ajouta : « Ra’s ‘Ayn al-Warda (4) fut conquise par ‘Amr ibn Sa‘d ibn Abî Waqqâs. D’autres rapportent une version différente. »
Notre maître, le hafiz adh-Dhahabî, a écrit dans son “Târîkh” (5) : « Cette année-là — entendant par là celle dont il est question — Abû Mûsâ al-Ash‘arî conquit ar-Ruha et Sumaysât (6) par la force. Et au début de cette année, Abû ‘Ubayda envoya ‘Iyâd ibn Ghanm dans la province de la Jazîra, où il rejoignit Abû Mûsâ ; ensemble, ils conquirent Harrân, Nisîbîn et une partie de la Jazîra par la force, mais certains ont rapporté que ce fut par traité de paix. Puis, cette année-là, ‘Iyâd se rendit à al-Mawṣil et s’en empara ainsi que de ses alentours par la force. Au cours de la même année, Sa‘d construisit la grande mosquée de Kûfa. »
Al-Waqidî dit : « C’est aussi cette année-là qu’eut lieu la peste d’‘Amwâs, au cours de laquelle vingt-cinq mille personnes périrent. »
J’ai commenté : « Cette peste tire son nom d’une petite localité appelée ‘Amwâs, située entre al-Quds (Jérusalem) et ar-Ramla, car c’est là que le fléau se déclara avant de se propager au Shâm, d’où sa désignation. Nous sommes à Dieu, et c’est à Lui que nous retournons. »
Al-Waqidî dit : « L’année de la peste d’‘Amwâs, vingt-cinq mille musulmans trouvèrent la mort en Syrie. » D’autres avancent le chiffre de trente mille.
Voici quelques noms de ceux qui figuraient parmi les notables (– qu'Allah soit satisfait d'elle –). Parmi eux se trouvait al-Hârith ibn Hishâm (7), frère d’Abû Jahl, qui embrassa l’islam le jour de la Conquête. Il fut un noble personnage en islam, comme il l’était auparavant.