Nous ne te voyons pas avoir invoqué la pluie. Il répondit : « J’ai bien imploré la pluie par les moyens célestes qui font descendre la pluie. » Puis il récita : « Demandez pardon à votre Seigneur, car Il est vraiment Grand Pardonneur. Il fera descendre pour vous du ciel une pluie abondante » (Nûh, 10-11). Ensuite il récita : « Et implorez le pardon de votre Seigneur, puis repentez-vous [devant Lui] » (Hûd, 3).
Ibn Jarîr (3) mentionne, pour cette même année, selon la chaîne de transmission de Sayf ibn ‘Umar, d’après Abû al-Mujâlid, al-Rabî‘, (Abû) ‘Uthmân, Abû Hâritha, et d’après ‘Abd Allâh ibn Shubruma, d’après al-Sha‘bî, qu’ils dirent : « Abû ‘Ubayda écrivit à ‘Umar ibn al-Khattâb pour l’informer qu’un groupe de musulmans avait consommé du vin, parmi lesquels figuraient Dirâr et Abû Jandal ibn Sahl. Nous les avons interrogés et ils nous ont répondu : “Il nous a été laissé le choix, et nous avons choisi.” ‘Umar de leur demander : “Allez-vous cesser ?” (sans prononcer de serment). Il rassembla alors les gens et ils furent unanimes à rejeter l’interprétation de ces hommes, estimant que le sens de “Allez-vous cesser ?” (dans le Coran) signifiait bien : “Cessez immédiatement.” Ils furent tous d’accord pour qu’on inflige à chacun d’eux la peine légale de quatre-vingts coups de fouet. De plus, quiconque persisterait dans une telle interprétation et refuserait de s’en dédire devait être mis à mort. »
‘Umar écrivit donc à Abû ‘Ubayda : « Convoque-les et interroge-les au sujet du vin. S’ils disent qu’il est licite, tue-les, et s’ils affirment qu’il est interdit, châtie-les du châtiment prévu. » Les hommes reconnurent alors l’interdiction du vin, furent fouettés selon la peine légale et regrettèrent leur entêtement dans la fausse interprétation (5). Abû Jandal fut tourmenté par des pensées, si bien qu’Abû ‘Ubayda en informa ‘Umar, lui demandant d’écrire à Abû Jandal pour l’exhorter. ‘Umar ibn al-Khattâb lui envoya donc cette lettre : « De ‘Umar à Abû Jandal : En vérité, Dieu ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit, mais Il pardonne tout autre péché à qui Il veut. Repens-toi, relève la tête et ne sombre pas dans le désespoir, car Dieu – Exalté soit-Il – dit : “Dis : Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Certes, Dieu pardonne tous les péchés, Il est vraiment le Pardonneur, le Très Miséricordieux” » (al-Zumar, 53).
Puis ‘Umar adressa un message général aux gens : « Préoccupez-vous de vous-mêmes ; si quelqu’un agit en déviant de la vérité, corrigez-le. Ne jetez pas l’opprobre sur autrui, sans quoi le fléau se répandra parmi vous. » À ce propos, Abû al-Zahrâ’ al-Qushayrî dit (7) :
« Ne vois-tu pas que le destin fait trébucher le jeune homme…
Et nul ne peut s’opposer aux coups du sort. »