Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Comme s’il était réduit à l’impuissance à l’égard des habitants des autres régions, jusqu’à l’arrivée de Bilal ibn al-Harith al-Mazani, qui se présenta et demanda à être reçu par ‘Umar. Il lui dit : « Je suis l’envoyé du Messager d’Allah vers toi. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) te dit : “Je t’ai toujours connu sage et tu l’es demeuré. Qu’as-tu donc ?” »

‘Umar demanda : « Quand as-tu vu cela ? » Il répondit : « La nuit dernière. » ‘Umar sortit alors et proclama : « As-salâtu jâmi‘a (Venez à la prière en assemblée). » Il accomplit avec eux deux rak‘ates de prière, puis se releva et déclara : « Ô gens, je vous en conjure par Allah (1), savez-vous quelque chose de moi pour lequel un autre vaudrait mieux que moi ? » Ils répondirent : « Par Allah, non. » Il ajouta : « Bilal ibn al-Harith affirme ceci et cela (2). » Ils dirent : « Bilal dit vrai : implore donc l’aide d’Allah, puis celle des musulmans. » ‘Umar envoya donc des messagers aux alentours – car il était comme assiégé par cette situation – et s’exclama : « Allah est plus grand ! L’épreuve est parvenue à son terme et voilà qu’elle se dissipe. Jamais il n’a été permis à un peuple de solliciter de la sorte sans que leur malheur et leur affliction ne soient levés. »

Il écrivit ensuite aux gouverneurs des diverses contrées : « Portez secours aux habitants de Médine et à ceux qui les entourent, car ils sont à bout de forces. » Puis il invita les gens à sortir pour la prière de sollicitation de la pluie (istisqâ’). ‘Umar sortit à pied, accompagné (3) d’al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, prononça un sermon concis, puis accomplit la prière. Ensuite, il s’agenouilla et dit : « Ô Allah, c’est Toi que nous adorons et c’est de Toi que nous implorons l’aide. Ô Allah, pardonne-nous, fasse Ta miséricorde sur nous et agrée-nous. » Il s’en retourna, et avant même que les gens n’arrivent chez eux, ils marchaient déjà dans des mares d’eau.

Puis Sîf (4) rapporta, d’après Mubashshir ibn al-Fudayl, d’après Jubayr ibn Sakhr, d’après ‘Âsim ibn ‘Umar ibn al-Khattâb, qu’un homme de Muzayna, pendant l’« année de la Ramâda », fut prié par sa famille de leur sacrifier une brebis. Il répondit : « Il n’y a rien à en tirer. » Ils insistèrent, il sacrifia alors une brebis, et constata que ses os étaient rouges, tant elle était décharnée. Il s’exclama : « Ô Muhammad (5) ! »

Le soir, il vit en songe le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), qui lui dit : « Réjouis-toi de la vie (6). Va trouver ‘Umar, transmets-lui mon salut et dis-lui : “Je t’ai toujours connu fidèle à tes engagements et solidement attaché à ton serment ; fais preuve de sagacité (kayyis), fais preuve de sagacité, ô ‘Umar.” » L’homme se rendit alors à la demeure de ‘Umar et déclara à son serviteur : « Demande la permission pour le messager du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). » Quand on en informa ‘Umar, il fut saisi de crainte, monta en chaire et dit aux gens : « Je vous en conjure par Allah (7), Qui vous a guidés à l’islam : avez-vous vu chez moi quoi que ce soit que vous réprouviez ? » Ils répondirent : « Par Allah, non. Pourquoi demandes-tu cela ? » Il leur raconta alors les propos de l’homme de Muzayna (8) (qui était Bilal ibn al-Harith) sans comprendre leur sens. Les gens saisirent de quoi il s’agissait, mais lui pas encore.

Ils lui dirent : « Il te reproche seulement ton retard à implorer la pluie. Invoque donc la pluie pour nous. » ‘Umar appela les gens pour la prière, prononça un sermon très bref, puis accomplit deux rak‘ates concises. Ensuite, il s’écria : « Ô Allah, nos soutiens nous ont fait défaut, notre force et notre puissance aussi, et nos propres âmes sont dépassées ; il n’y a ni puissance ni force si ce n’est par Toi. Ô Allah, accorde-nous Ta pluie et redonne vie aux serviteurs et aux contrées. »

(1) Dans A : أنشدتكم (je vous interpelle). (2) Dans A : خيرًا منه (meilleur que lui). (3) ذيَّة et ذيَّة : Kiṭ wa Kiṭ. Al-Lisān et Al-Qāmūs (voir ذيت). (4) Dans A : ومعه (et avec lui). (5) Histoire de Ṭabarī (4/99). (6) C’est un appel à l’aide adressé à autre qu’Allah, ce qui est illicite, et cela provient d’une tradition de Saïf. (7) Dans l’Histoire de Ṭabarī : أبشر بالحيا (Sois rassuré par la vie). (8) Dans A : أنشدكم بالذي (je vous interpelle par Celui qui). (9) Cet homme n’a pas été établi comme étant Bilāl ibn al-Ḥārith, et la narration qui affirme qu’il s’agit de Bilāl ibn al-Ḥārith est issue d’une tradition de Saïf, laquelle est abandonnée.
كالمحصور عن أهل الأمصار حتى أقبل بلال بن الحارث المزني فاستأذن على عمر فقال: أنا رسولُ رسولِ الله إليك، يقول لك رسول الله ﷺ : "لقد عهدتُكَ كيسًا، وما زلتَ على ذلك، فما شأنُكَ" ؟ قال: متى رأيتَ هذا؟ قال: البارحةَ. فخرج فنادى في الناس الصلاة جامعة، فصلَّى بهم ركعتين ثم قام فقال: أيها الناس أنشدكم (١) الله هل تعلمون مني أمرًا غيره خير (٢) منه؟ فقالوا: اللهم لا، فقال: إن بلال بن الحارث يزعم ذَيَّة وذَيَّة (٣) . قالوا: صدق بلال فاستغث بالله ثم المسلمين. فبعث إليهم - وكان عمر عن ذلك محصورًا - فقال عمر: الله أكبر، بلغ البلاء مدته فانكشف. ما أذنَ لقوم في الطلب إلا وقد رُفعَ عنهم الأذى والبلاء. وكتب إلى أُمراء الأمصار أن أغيثوا أهلَ المدينة ومنْ حولها، فإنه قد بلغ جَهْدهم. وأخرج الناس إلى الاستسقاء فخرج وخرج معه (٤) العباس بن عبد المطلب ماشيًا، فخطب وأوجز وصلى ثم جثا لركبتيه وقال: اللهم إياك نعبد وإياك نستعين، اللهم اغفر لنا وارحمنا وارض عنا. ثم انصرف فما بلغوا المنازل راجعين حتى خاضوا الغُدْران). ثم روى سيف (٥) ، عن مبشر بن الفضيل، عن جبير بن صخر، عن عاصم بن عمر بن الخطاب: أن رجلًا من مزينة عام الرّمادة سأله أهله أن يذبح لهم شاة فقال: ليس فيهن شيء. فألحوا عليه، فذبح شاة فإذا عظامُها حمرٌ. فقال: يا محمداه (٦) . فلما أمسى أري في المنام أنَّ رسول الله يقول له: "أبشرْ بالحياة (٧) ، ائت عمر، فأقرئه منّي السلام وقل له: إن عهدي بك وفيُّ العهد شديد العقد، فالكَيْس الكَيْس يا عمر" ، فجاء حتى أتى باب عمر فقال لغلامه: استأذن لرسول رسول اللّه ﷺ . فأتى عمر فأخبره ففزع ثم صعد عمر المنبر فقال للناس: أنشدكم الله الذي (٨) هداكم للإسلام هل رأيتم مني شيئًا تكرهونه؟ فقالوا: اللهم لا، وعم ذاك؟ فأخبرهم بقول المزني (٩) - وهو بلال بن الحارث - ففطنوا ولم يفطن. فقالوا: إنما استبطأك في الاستسقاء فاستسق بنا. فنادى في الناس فخطب فأوجز ثم صلى ركعتين فأوجز ثم قال: اللهم عجزتْ عنا أنصارُنا، وعجزَ عنا حولُنا وقوتنا، وعجزتْ عنا أنفسُنا، ولا حولَ ولا قوةَ إلا بكَ، اللهم اسْقنا وأحْي العبادَ والبلادَ.
(١) في أ: أنشدتكم. (٢) فِي أ: خيرًا منه. (٣) ذيَّة وذيَّة: كيت وكيت. اللسان والقاموس (ذيت). (٤) في أ: ومعه. (٥) تاريخ الطبري (٤/ ٩٩). (٦) هذه استغاثة بغير الله تعالى، ولا يجوز ذلك وهي من مرويات سيف. (٧) في تاريخ الطبري: أبشر بالحيا. (٨) في أ: أنشدكم بالذي. (٩) هذا الرجل، لم يثبت أنه بلال بن الحارث، والرواية التي تقول: إنه بلال بن الحارث، من رواية سيف وهو متروك.

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