Ils étaient cinq cents, et leur islamité s’était renforcée. (1) Ils infligèrent de lourdes pertes à leur propre peuple dans les combats, au point qu’on rapporte qu’ils assiégèrent une forteresse qui leur résistait. Alors, l’un d’eux s’avança de nuit, se jeta devant la porte de la forteresse et imbiba ses vêtements de sang. Quand les assiégés le virent, ils le prirent pour l’un des leurs et ouvrirent la porte pour l’accueillir. Aussitôt, il attaqua le portier et le tua. Puis ses compagnons arrivèrent, prirent la forteresse et tuèrent ceux qui s’y trouvaient parmi les Mages. Ils accomplirent bien d’autres exploits étonnants encore. Dieu guide qui Il veut vers le droit chemin.
Ibn Jarîr (3) mentionna alors qu’Oumar ibn al-Khattâb érigea des étendards et de grands drapeaux dans les contrées du Khorassan et de l’Irak pour faire campagne contre la Perse et étendre l’autorité islamique sur ces territoires, suivant l’avis d’al-Ahnaf ibn Qays. De ce fait, il y eut de nombreuses conquêtes au cours de l’année suivante, comme nous le montrerons et le soulignerons plus loin. À Dieu appartiennent la louange et la gratitude.
Il dit : Cette année-là, c’est le Commandeur des croyants, Oumar ibn al-Khattâb, qui dirigea le pèlerinage. Ensuite, il énuméra ses gouverneurs dans les provinces, qui restent les mêmes que l’année précédente, à l’exception d’al-Moughîra, remplacé à Bassora par Abou Moussa al-Ach’arî.
Je précise : Au cours de cette année, des personnages sont morts ; certains affirment qu’ils étaient déjà décédés auparavant — et nous en avons parlé —, d’autres qu’ils sont morts plus tard, et nous en ferons mention à leur place. Dieu, le Très-Haut, est plus savant.
[Puis débuta l’an dix-huit]
L’avis le plus répandu, confirmé par la majorité, est que la peste d’Amwâs eut lieu cette année-là. Toutefois, nous avions retenu l’avis de Sayf ibn ‘Oumar et celui d’Ibn Jarîr qui la situent l’année précédente. Malgré cela, nous évoquerons, si Dieu le veut, la mort de ceux qui périrent de la peste au cours de cette année.
Ibn Ishâq et Abou Ma‘char rapportent qu’au cours de cette même année se produisirent la peste d’Amwâs et l’« année de la Ramâda », deux calamités qui décimèrent la population.
Je dis : L’« année de la Ramâda » fut marquée par une sécheresse qui toucha l’ensemble du Hijâz, et le peuple y connut une grande famine, comme nous l’avons développé en détail dans la biographie de Oumar. On l’appela « l’année de la Ramâda » parce que la terre, privée de pluie, s’était tellement obscurcie qu’elle ressemblait à de la cendre. D’aucuns disent que ce nom vient du vent qui soufflait une poussière semblable à la cendre. Il est possible que chacune de ces explications y ait contribué, et Dieu sait mieux que nous.
Cette année-là, la pénurie frappait les gens du Hijâz, et les tribus se réfugièrent à Médine. Personne ne disposait plus de vivres, ce qui les poussa à se tourner vers le Commandeur des croyants, lequel puisa dans les réserves du trésor public, tant en denrées qu’en argent, pour subvenir à leurs besoins.