Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les habitants dirent alors : « Ô assemblée de musulmans, ne vous épuisez pas à assiéger cette ville, car nous avons hérité de nos aïeux, parmi les anciens habitants de ce lieu, que seul le Faux Messie (al-Dajjâl) ou des gens l’accompagnant pourraient la conquérir. » Il se trouva qu’au sein de l’armée d’Abû Mûsâ al-Ash‘arî se trouvait Ṣâf ibn Ṣayyâd. Abû Mûsâ l’envoya donc avec un groupe pour assiéger la ville. Ils arrivèrent à la porte, et il la frappa (2) de son pied ; aussitôt, les chaînes furent rompues et les verrous brisés. Les musulmans pénétrèrent alors dans la ville et mirent à mort ceux qu’ils trouvèrent, jusqu’à ce que l’on demandât la reddition et le traité de paix, ce qui leur fut accordé. Le gouverneur de Sūs était alors Shahryâr, frère d’al-Hurmuzân. Les musulmans s’emparèrent donc de Sūs, cité anciennement bâtie sur terre, dont on dit qu’elle fut le premier lieu édifié à la surface du monde (Dieu sait mieux).

Ibn Jarîr (3) rapporte qu’ils trouvèrent à Sūs le tombeau de Dânîyâl (Daniel). Une fois Abû Mûsâ demeuré en ces lieux après le départ d’Abû Sabrah pour Junday-Sâbūr, il écrivit à ‘Umar à ce propos (5). ‘Umar lui répondit de l’enterrer et de dissimuler l’emplacement de sa tombe aux gens, ce qu’il fit. Nous avons déjà détaillé cet événement dans le récit de la vie (‘sîra’) de ‘Umar – louange à Dieu.

Ibn Jarîr dit encore : « Certains affirment que la conquête de Sūs et de Râmhurmuz, ainsi que l’envoi d’al-Hurmuzân de Tustar à ‘Umar, eurent lieu en l’an 20 (de l’Hégire) – Dieu sait mieux. »

La lettre d’‘Umar (al-kitâb al-‘Umarî) ordonnait que al-Nu‘mân ibn Muqarrin se dirige vers les habitants de Nihâwand ; il s’y rendit en passant par Mâh, grande ville située sur la route, qu’il prit également. Puis il continua vers Nihâwand, qu’il conquit – louange à Dieu.

Je (l’auteur) dis pour ma part : il est communément admis que la prise de Nihâwand eut lieu en l’an 21, comme nous le verrons plus loin. Il s’agit d’une bataille considérable, d’une grande victoire, d’un récit singulier et d’un événement surprenant. C’est alors que Zur ibn ‘Abd Allâh al-Fuqaymî s’empara de la cité de Junday-Sâbūr, de sorte que ces contrées se soumirent entièrement aux musulmans. Pendant ce temps, Yazdajard se déplaçait de ville en ville [et de cette ville à une autre] jusqu’à ce qu’il finisse par séjourner à Ispahan. Il avait congédié une partie de ses nobles, environ trois cents dignitaires, sous l’autorité d’un certain Siyâh, et tous fuyaient l’armée musulmane de ville en ville, jusqu’à ce que les musulmans prennent Tustar et Istakhr.

Alors Siyâh s’adressa à ses compagnons en ces termes : « Voyez ces hommes : après les épreuves et l’humiliation, ils ont conquis les places des anciens rois. Ils ne rencontrent aucune armée sans la vaincre. Par Dieu, ce n’est pas là une illusion. » Il fut alors touché par l’islam et la grandeur de son message ; ses compagnons lui dirent : « Nous te suivons. » C’est dans ce contexte que ‘Ammâr ibn Yâsir les invita à embrasser l’islam, si bien qu’ils firent parvenir à Abû Mûsâ al-Ash‘arî l’annonce de leur conversion. [Ce dernier en informa ‘Umar, qui ordonna d’inscrire ces nouveaux convertis sur les registres en leur allouant chacun deux mille (dirhams), et il fixa à six d’entre eux une dotation de deux mille.]

(1) Dans A : vous le voyez. (2) Dans A : il l’a embelli. (3) Dans son Histoire (4/92). (4) Dans T : il a précédé. (5) Dans A : il ordonna cela. (6) Dans A : il fut persuadé. (7) Dans A : les savants.
أهلها فقالوا: يا معشر المسلمين لا تتعبوا في حصار هذا البلد فإنا نأثر فيما نرويه (١) عن قدمائنا من أهل هذا البلد أنه لا يفتحه إلا الدجّال أو قوم معهم الدجال، واتفق أنه كان في جيش أبي موسى الأشعري صاف بن صَيّاد، فأرسله أبو موسى فيمن يحاصره، فجاء إلى الباب فدقه (٢) برجله فتقطعت السلاسل، وتكسرت الأغلاق، ودخل المسلمون البلد فقتلوا من وجدوا حتى نادوا بالأمان ودعوا إلى الصلح فأجابوهم إلى ذلك، وكان على السوس شهريار أخو الهرمزان، فاستحوذ المسلمون على السوس، وهو بلدٌ قديمُ العمارة في الأرض يقال إنه أول بلد وضع وجه الأرض، والله أعلم. وذكر ابن جرير (٣) أنهم وجدوا قبر دانيال بالسوس، وأن أبا موسى لما أقام (٤) بها بعد مضيّ أبي سَبْرة إلى جُنْدَيْ سابور، كتب إلى عمر في أمره (٥) فكتب إليه أن يدفنه وأن يُغيِّب عن الناس موضعَ قبره، ففعل. وقد بسطنا ذلك في سيرة عمر ولله الحمد. قال ابن جرير: وقال بعضهم إنَّ فتحَ السوس ورامهرمز وتسيير الهُرمُزان من تُسْتَر إلى عمر في سنة عشرين والله أعلم، وكان الكتاب العمريّ قد ورد بأن النعمان بن مُقَرِّن يذهب إلى أهل نهاوند فسار إليها فمر بماه - بلدة كبيرة قبلها - فافتتحها ثم ذهب إلى نهاوند ففتحها ولله الحمد. قلت: المشهور أن فتح نهاوند إنما وقع في سنة إحدى وعشرين كما سيأتي فيها بيان ذلك، وهي وقعةٌ عظيمة وفتحٌ كبيرٌ، وخبرٌ غريبٌ، ونبأٌ عجيبٌ، وفتح زر بن عبد الله الفُقَيْمي مدينة جُنْدَيْ سابور فاستوثقت (٦) تلك البلاد للمسلمين. هذا وقد تحول يَزْدَجرد من بلد إلى بلد [ومن ذلك البلد إلى غيره] حتى انتهى أمره إلى الإقامة بأصبهان، وقد كان صرف طائفة من أشراف أصحابه قريبًا من ثلاثمئة من العظماء (٧) عليهم رجل يقال له سياه، فكانوا يفرّون من المسلمين من بلدٍ إلى بلدٍ حتى فتح المسلمون تُسْتر وإصطخرَ، فقال سياه لأصحابه: إنَّ هؤلاء بعد الشقاء والذلّة ملكوا أماكن الملوك الأقدمين، ولا يلقون جندًا إلا كسروه، والله ما هذا عن باطل. ودخل في قلبه الإسلام وعظمته فقالوا له: نحن تبعٌ لك. وبعث عمارُ بن ياسر في غضون ذلك يدعوهم إلى الله، فأرسلوا إلى أبي موسى الأشعري بإسلامهم [وكتب فيهم إلى عمر في ذلك، فأمره أن يفرض لهم في ألفين ألفين، وفرض لستة منهم في ألفين
(١) في أ: ترونه. (٢) في أ: فرفسه. (٣) في تاريخه (٤/ ٩٢). (٤) في ط: قدم. (٥) في أ: من أمره بهذا. (٦) في أ: فاستوسقت. (٧) في أ: العلماء.

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