Ils rassemblèrent une grande armée et s’emparèrent de ce qui relevait de son autorité en termes de provinces et de contrées, jusqu’à Tustar(1). Il s’y retrancha, et ils en informèrent ‘Umar. À ce propos, Al-Aswad ibn Sari‘ – qui était Compagnon (qu’Allah soit satisfait de lui)(2) – a déclaré (mètre al-Wâfir) :
« Par ta vie, les descendants de notre père ne se sont pas trouvés défaillants(3),
Mais ils ont préservé (l’honneur) de quiconque obéit(4).
Ils ont obéi à leur Seigneur, tandis que d’autres L’ont désobéi :
Ils ont négligé Son ordre en négligeant (leurs devoirs).
Ils sont des mages (zoroastriens) que n’entrave aucun Livre :
Ils ont donc affronté une meule dont le centre les a engloutis.
Le Hurmuzân plaça à Jawâb(5) un coursier rapide à la course,
Qui résistait à tout assaut.
Il abandonna le cœur de l’Ahwâz à contrecœur,
Le jour du pont, lorsque le printemps(6) surgit. »
Quant à Hurqûs ibn Zuhayr as-Sa‘dî, qui était également Compagnon, il dit (mètre al-Wâfir) :
« Nous avons vaincu le Hurmuzân dans des contrées
Qui renferment des trésors à chaque recoin.
Qu’il s’agisse de leurs terres ou de la mer en leur sein,
Lorsque leurs régions(7) s’animent au matin.
Elles ont une mer au grondement incessant sur ses deux rives,
Des armées(8) qui toujours la maintiennent en agitation.
»
La première ouverture (conquête) de Tustar par traités de paix
Ibn Jarîr(9) a rapporté que cela eut lieu cette année-là, selon le récit de Sîf. D’autres situent l’événement en l’an seize, et d’autres encore en l’an dix-neuf.
Ibn Jarîr a ensuite ajouté : « Il rapporta l’histoire de sa conquête, puis transmit, par la chaîne de Sîf, en passant par Muhammad, Talha, Al-Muhallab et ‘Amr(10), qu’une fois que Hurqûs ibn Zuhayr eut conquis le marché d’al-Ahwâz et que le Hurmuzân s’enfuit devant lui, il dépêcha Jazza’ ibn Mu‘âwiya à ses trousses – en application d’une instruction de ‘Umar. Jazza’ le poursuivit sans relâche jusqu’à Râm-Hurmuz(11), où le Hurmuzân se retrancha dans ses territoires, échappant ainsi aux recherches de Jazza’. Celui-ci finit par s’emparer de ces terres en y exerçant son autorité.