Ce qu’Umar ibn al-Khattâb avait ordonné avec le courrier (1) qui était arrivé avec la lettre. Pendant ce temps, Abou ‘Oubayda restait silencieux et ne disait rien. Puis Abou ‘Oubayda descendit et s’excusa auprès de Khâlid de ce qui s’était produit sans qu’il l’ait choisi ni voulu. Khâlid l’excusa, comprenant qu’il n’y avait pas d’intention délibérée de sa part.
Ensuite, Khâlid se rendit à Qinnasrîn, s’adressa aux habitants de la ville et les salua (2). Il partit ensuite avec sa famille vers Homs, où il s’adressa également aux gens, les salua, puis se dirigea vers Médine. Lorsqu’il entra auprés de ‘Umar, celui-ci récita le vers d’un poète (3) (sur la mesure poétique appelée at-tawîl) :
« Tu as fait ce qu’aucun autre n’est capable de faire,
et quoi que les gens entreprennent, c’est Dieu qui accomplit. »
Puis ‘Umar l’interrogea : « D’où te vient cette aisance financière te permettant d’octroyer dix mille (dirhams) ? » Il répondit : « Elle provient des dépouilles (an-fâl) et des parts (as-sihmân). » ‘Umar dit alors : « Tout ce qui dépasse soixante mille t’appartient. » Il évalua ensuite ses biens et marchandises, en préleva vingt mille, puis déclara : « Par Dieu, tu es en vérité généreux envers moi, et tu m’es cher, mais tu ne travailleras plus pour moi à partir d’aujourd’hui. »
Sayf (4) rapporta, d’après ‘Abd Allâh, d’après al-Mustawrid, de son père, d’après ‘Adî ibn Sahl (5), que ‘Umar écrivit aux provinces : « Je n’ai pas destitué Khâlid par mécontentement ni par trahison, mais les gens ont été séduits par lui. J’ai donc voulu (qu’ils sachent) que Dieu est le véritable Faiseur (de toute chose). » Sayf le rapporta ensuite par une autre chaîne (Mubashshir d’après Sâlim), disant : « Lorsque Khâlid parvint à ‘Umar… », et il en raconta l’essentiel.
Al-Wâqidî dit : « Cette année-là, ‘Umar accomplit la ‘umra au mois de Rajab, il agrandit la Mosquée Sacrée et ordonna de renouveler les bornes de la zone sacrée. Il confia cette mission à Makhrama ibn Nawfal, Azhar ibn ‘Abd ‘Awf, Ḥuwayṭib ibn ‘Abd al-‘Uzzâ et Sa‘îd ibn Yarboû‘. »
Al-Wâqidî poursuivit : « Kathîr ibn ‘Abd Allâh al-Marrî m’a rapporté, d’après son père, de son grand-père, que ‘Umar arriva à La Mecque pour la ‘umra en l’an dix-sept. Sur la route, les propriétaires de points d’eau le prièrent de leur permettre de construire des habitations entre La Mecque et Médine — car il n’y avait auparavant aucune construction — ; il les y autorisa à condition que le voyageur ait un droit prioritaire à l’ombre et à l’eau. »
Al-Wâqidî ajouta : « Cette année-là encore, ‘Umar épousa Oum Kulthoûm, fille de ‘Alî ibn Abî Tâlib, elle-même fille de Fâtima la fille du Messager de Dieu (ﷺ). Il entra en ménage avec elle au mois de Dhû al-Qa‘da. Nous avons mentionné, dans la biographie (‘sîra’) de ‘Umar et dans son ‘musnad’, la manière dont il l’épousa, ainsi que la dot qu’il lui offrit – quarante mille – et il expliqua : “Je ne l’ai épousée que pour la parole du Messager de Dieu (ﷺ) : ‘Tout lien et toute parenté seront rompus au Jour de la Résurrection, sauf mon lien et ma parenté.’” (6) »