Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il fut interdit à quiconque d’empêcher les gens de l’approcher, et Saʿd se conforma à cela. Il offrit à Muḥammad ibn Maslama une somme d’argent, mais celui-ci refusa de l’accepter, puis Saʿd repartit à Médine. Il demeura ensuite à Koufa trois ans et demi (1), jusqu’à ce que ʿUmar le révoquât, sans qu’il y eût de sa part insuffisance ni trahison.

L’histoire d’Abū ʿUbayda et du siège que lui imposèrent les Byzantins à Ḥimṣ, ainsi que l’arrivée de ʿUmar en Syrie [pour le secourir également], remonte au fait qu’un groupe de Byzantins décida d’assiéger Abū ʿUbayda à Ḥimṣ. Ils firent appel (2) aux habitants de la Jazīra et à un grand nombre de ceux qui se trouvaient là-bas, puis se dirigèrent contre lui. Abū ʿUbayda envoya un message à Khālid, qui vint depuis Qinnasrīn, et il écrivit à ʿUmar pour l’informer de la situation. Abū ʿUbayda consulta ensuite les musulmans pour savoir s’il fallait livrer bataille (3) aux Byzantins ou se retrancher dans la ville jusqu’à l’arrivée de l’ordre de ʿUmar. Tous conseillèrent de se retrancher, à l’exception de Khālid qui préconisa de sortir pour affronter l’ennemi. Abū ʿUbayda n’en tint pas compte et se conforma à l’avis général, se barricadant dans Ḥimṣ. Les Byzantins encerclèrent la ville, et chaque cité de Syrie (4) était elle-même occupée à ses propres affaires. S’ils avaient abandonné ce qu’ils faisaient pour converger vers Ḥimṣ, nous aurions rompu l’ordre établi dans toute la Syrie.

ʿUmar écrivit alors à Saʿd pour qu’il mobilise la population sous le commandement d’al-Qaʿqāʿ ibn ʿAmr et qu’il les dépêche vers Ḥimṣ dès réception de la lettre, afin de secourir Abū ʿUbayda, qui était assiégé. Il lui demanda également d’envoyer une armée vers les gens de la Jazīra qui s’étaient ligués avec les Byzantins pour assiéger Abū ʿUbayda, et que ʿIyāḍ ibn Ghanm en serait le commandant.

Les deux armées quittèrent ensemble Koufa : al-Qaʿqāʿ, à la tête de quatre mille hommes, prit la direction de Ḥimṣ pour secourir Abū ʿUbayda, tandis que ʿUmar partit lui-même depuis Médine afin de venir en aide à ce dernier. Il parvint jusqu’à al-Jābiya — et selon certains, il ne fit que parvenir à Sargh, comme l’affirme Ibn Isḥāq, ce qui semble plus plausible. Dieu sait mieux.

Lorsque ceux de la Jazīra qui avaient rejoint les Byzantins pour assiéger Ḥimṣ apprirent que l’armée s’était avancée sur leurs terres, ils s’en retournèrent (5) chez eux et abandonnèrent les Byzantins. Les Byzantins, eux, virent leur position sérieusement affaiblie en ayant vent de l’arrivée du Commandeur des Croyants ʿUmar au secours de son gouverneur. Khālid conseilla alors à Abū ʿUbayda de sortir pour combattre, ce qu’il fit : Dieu lui accorda la victoire et ils mirent les Byzantins en déroute, subissant une terrible défaite, trois jours avant l’arrivée d’ʿUmar et l’arrivée des renforts.

Abū ʿUbayda écrivit à ʿUmar, qui se trouvait encore à al-Jābiya, pour l’informer de cette victoire, ajoutant qu’ils reçurent leurs renforts trois nuits plus tard. Il (6) l’interrogea pour savoir si ces renforts devaient partager avec eux le butin que Dieu leur avait accordé. ʿUmar répondit qu’il fallait les inclure, car c’était en grande partie la peur qu’ils inspiraient à l’ennemi qui l’avait affaibli et poussé au repli. C’est ainsi qu’Abū ʿUbayda les associa à son partage.

(1) Dans A, la lecture est « et demi », ce qui est plus proche du contexte ici. Le récit se trouve dans l’Histoire de Ṭabarī (4/50). (2) Istajāshahu : c’est-à-dire qu’il lui a demandé une armée. Voir al-Lisān (chapitre « armée »). (3) Dans A : « qu’ils disputent ». (4) Dans A : « occupé avec sa famille ». (5) Inschamrū : ils sont retournés et sont revenus. (6) Dans A : « et il les interrogea » ; ce qui est une erreur.
بابه أحدًا يمنع الناس عنه، فامتثل ذلك سعد وعرض على محمد بن مسلمة شيئًا من المال فامتنع من قبوله، ورجع إلى المدينة، واستمر سعد بعد ذلك في الكوفة ثلاث سنين ونصفا (١) ، حتى عزله عنها عمر، من غير عجز ولا خيانة. قصة أبي عبيدة وحصر الروم له بحمص وقدوم عمر إلى الشام [أيضًا لينصره] وذلك أن جمعًا من الروم عزموا على حصار أبي عبيدة بحمص، واستجاشوا (٢) بأهل الجزيرة، وخلق ممن هنالك، وقصدوا أبا عبيدة، فبعث أبو عبيدة إلى خالد فقدم عليه من قنّسرين، وكتب إلى عمر بذلك، واستشار أبو عبيدة المسلمين في أن يناجر (٣) الروم، أو يتحصَّنَ بالبلد حتى يجيء أمرُ عمر؟ فكلّهم أشار بالتَّحصُّنِ، إلا خالدًا فإنه أشار بمناجزتهم، فعصاهُ وأطاعهم. وتحصَّن بحمص وأحاط به الروم، وكلُّ بلدٍ من بلدان الشام مشغولٌ أهله (٤) عنه بأمرهم، ولو تركوا ما هم فيه وأقبلوا إلى حمص لا نخرم النظام في الشام كله. وكتب عمر إلى سعد أن يندبَ الناس مع القعقاع بن عمرو، ويسيّرهم إلى حمص من يوم يقدم عليه الكتاب، نجدة لأبي عبيدة فإنه محصورٌ، وكتب إليه أن يُجهِّز جيشًا إلى أهل الجزيرة الذين مالؤوا الروم على حصار أبي عبيدة ويكون أمير الجيش إلى الجزيرة عِياض بن غَنْم. فخرج الجيشان معًا من الكوفة: القعقاع في أربعة آلاف نحو حمص لنجدة أبي عبيدة، وخرج عمر بنفسه من المدينة لينصر أبا عبيدة، فبلغ الجابية، وقيل إنما بلغ سَرْغ. قاله ابن إسحاق، وهو أشبه، والله أعلم. فلما بلغ أهل الجزيرة الذين مع الروم على حمص أن الجيش قد طرق بلادهم، انشمروا (٥) إلى بلادهم، وفارقوا الروم، وسمعت الروم بقدوم أمير المؤمنين عمر لينصر نائبه عليهم فضعف جانبهم جدًّا. وأشار خالد على أبي عبيدة بأن يبرز إليهم ليقاتلهم، ففعل ذلك أبو عبيدة، ففتح الله عليه ونصره، وهُزمت الرومُ هزيمة فظيعةً. وذلك قبل ورود عمر عليهم، وقبل وصول الأمداد إليهم بثلاث ليالٍ. فكتب أبو عبيدة إلى عمر، وهو بالجابية، يخبره بالفتح، وأن المدد وصل إليهم بعد ثلاث ليال وسأله (٦) هل يدخلهم في القَسْم معهم مما أفاء الله عليهم؟ فجاء الجوابُ بأن يدخلهم معهم في الغنيمة، فإنَّ العدوَّ إنما ضعف، وإنما انشمر عنه المدد من خوفهم منهم، فأشركهم أبو عبيدة في
(١) في أ، ط: ونصف، وما هنا أقرب للسياق. والخبر في تاريخ الطبري (٤/ ٥٠). (٢) استجاشه: أي طلب منه جيشًا. اللسان (جيش). (٣) في أ: أن يناجزوا. (٤) في أ: مشغول بأهله. (٥) انشمروا: عادوا ورجعوا. (٦) في أ: وسألهم؛ وهو خطأ.

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