Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Une fois, il les exhorta au combat et à placer leur confiance en Dieu. Les Perses avaient conclu un pacte et prêté serment par le feu de ne jamais fuir tant qu’ils n’auraient pas anéanti les Arabes. Puis, lorsque vint l’ultime confrontation, nommée le jour de la Décision et du Discernement, ils s’affrontèrent dès l’aube et combattirent d’une violence inouïe, au point que les flèches s’épuisèrent de part et d’autre, que les lances se brisèrent des deux côtés, et qu’ils durent recourir aux épées et aux haches (1). Lorsque l’heure de la prière de midi arriva, les musulmans prièrent en faisant de simples gestes, tandis qu’un groupe de Mages se retira et qu’un autre vint le remplacer.

Alors, Al-Qaʿqâʿ ibn ʿAmr se leva parmi les musulmans et dit : « Ce que vous avez vu vous a-t-il effrayés, ô musulmans ? » Ils répondirent : « Oui, nous sommes épuisés (2), tandis qu’eux se reposent. » Il rétorqua : « Bien au contraire, nous allons les charger et poursuivre notre assaut jusqu’à ce que Dieu tranche entre nous. Lancez-vous à l’attaque, d’un seul élan, pour les mélanger à nos rangs ! » Il passa aussitôt à l’offensive, et la troupe l’imita. Quant à Al-Qaʿqâʿ, il mena une charge résolue avec un groupe de cavaliers, de preux et de braves, jusqu’à atteindre l’entrée du fossé. La nuit tomba alors, et le reste des combattants parcourait le champ de bataille avec leurs hommes, tentant de se séparer en raison de l’obscurité. Parmi les héros présents ce jour-là figuraient également Tulayha al-Asadi, ʿAmr ibn Maʿdîkarib al-Zubaydi, Qays ibn Makshûḥ et Ḥujr ibn ʿAdî. Ceux-ci ignoraient ce qu’avait accompli Al-Qaʿqâʿ dans l’obscurité de la nuit, avant d’entendre son héraut proclamer : « Où êtes-vous, ô musulmans (4) ? Voici votre chef aux portes de leur fossé ! »

En entendant cela, les Mages prirent la fuite, et les musulmans se dirigèrent vers Al-Qaʿqâʿ ibn ʿAmr ; ils le trouvèrent en effet devant le fossé, dont il s’était emparé. Les Perses s’enfuirent en tous sens et furent pris à revers de toutes parts par les musulmans, qui les attendaient à chaque point de passage. Cent mille d’entre eux périrent alors, couvrant la terre de leurs cadavres. C’est pour cette raison qu’on nomma ce lieu « Jalûlâʾ ». Les musulmans y trouvèrent un butin de biens, d’armes, d’or et d’argent presque équivalent à celui qu’ils avaient saisi à al-Madâʾin (5).

Après la bataille, Hâshim ibn ʿUtba dépêcha Al-Qaʿqâʿ ibn ʿAmr à la poursuite des fuyards, en direction du royaume de Kisrâ. Al-Qaʿqâʿ les rattrapa et parvint à rejoindre Mihrân alors qu’il s’enfuyait : il le tua, tandis que Fayrân s’échappa et continua sa fuite. Il captura également de nombreux prisonniers qu’il envoya à Hâshim ibn ʿUtba, et s’empara d’un grand nombre de montures. Hâshim fit alors remettre le butin et les richesses à son oncle, Saʿd ibn Abî Waqqâṣ, qui récompensa les plus valeureux, puis répartit le reste entre les combattants.

D’après al-Shaʿbî, la somme totale obtenue lors de la bataille de Jalûlâʾ atteignait trente millions. Un cinquième de ce butin s’élevait à six millions. Selon un autre rapport, la part de chaque cavalier à Jalûlâʾ fut équivalente à celle qu’il avait obtenue à al-Madâʾin, soit douze mille par cavalier. Il est également rapporté que chacun reçut neuf mille et neuf montures (6). Celui qui fut chargé de répartir ce butin entre les musulmans agit ainsi pour partager ce qu’ils avaient conquis.

(1) En marge de l'édition des Tabarzinates : un type d’arme ressemblant à une hache. Il en est de même en marge de l’Histoire de Ṭabarī (4/27). Voir également le dictionnaire de Dozy (7/14) pour la traduction arabe. (2) Kâlloun : pluriel de kāll, dérivé de kalla yakkul, signifiant 'épuiser'. Voir al-Lisān (k-l-l). (3) Dans l’édition A : répétition de certains mots de la ligne précédente. (4) Dans l’édition A : « Ô gens ». (5) Dans l’édition A : « avec ». (6) Dans l’édition A : « sept ».
مرةٍ، فحرَّضهم على القتال والتوكل على الله. وقد تعاقدت الفرس وتعاهدت، وحلفوا بالنار أن لا يفرّوا أبدًا حتى يفنوا العرب. فلما كان الموقف الأخير، وهو يوم الفيصل والفرقان، تواقفوا من أول النهار، فاقتتلوا قتالًا شديدًا لم يُعْهدْ مثله حتى فني النُّشَّابُ من الطَّرفين، وتَقَصَّفَت الرماحُ من هؤلاء ومن هؤلاء، وصاروا إلى السيوف والطبرزينات (١) ، وحانت صلاةُ الظهر فصلَّى المسلمون إيماء، وذهبت فرقة المجوس وجاءت مكانها أخرى، فقام القعقاع بن عمرو في المسلمين فقال: أهالكم ما رأيتم أيها المسلمون؟ قالوا: نعم إنا كالّون (٢) وهم مريحون، فقال: بل إنا حاملون عليهم ومُجدُّون في طلبهم، حتى يحكم الله بيننا، فاحملوا عليهم حملةً رجل واحدٍ حتى نخالطهم، فحمل وحمل الناس، فأما القعقاع فإنه صمَّم الحملة في جماعة من الفرسان والأبطال والشجعان، حتى انتهى إلى باب الخندق، وأقبل الليل بظلامه، وجالت بقية الأبطال بمنْ معهم في الناس وجعلوا يأخذون في التحاجز من أجل إقبال الليل وفي الأبطال (٣) يومئذ طُلَيْحة الأسَدي، وعمرو بن معديكرب الزبيدي، وقَيْس بن مَكْشوح، وحجر بن عدي. ولم يعلموا بما صنعه القعقاع في ظلمة الليل، ولم يشعروا بذلك، لولا مناديه ينادي: أين أيها المسلمون (٤) هذا أميركم على باب خندقهم. فلما سمع ذلك المجوس فرّوا وحمل المسلمون نحو القعقاع بن عمرو فإذا هو على باب الخندق قد ملكه عليهم، وهربت الفرس كل مَهْربٍ، وأخذهم المسلمون من كل وجه، وقعدوا لهم كل مرصد، فقتل منهم في ذلك الموقف مئة ألف حتى جللوا وجه الأرض بالقتلى، فلذلك سميت جلولاء. وغنموا من الأموال والسلاح والذهب والفضة قريبًا مما (٥) غنموا من المدائن قبلها. وبعث هاشم بن عتبة القعقاع بن عمرو في إثر من انهزمَ منهم وراء كسرى، فساق خلفهم حتى أدرك مِهْران منهزمًا، فقتله القعقاع بن عمرو، وأفلتهم الفيرزان فاستمرَّ منهزمًا، وأسر سبايا كثيرة بعث بها إلى هاشم بن عتبة، وغنموا دوابّ كثيرة جدًّا. ثم بعث هاشم بالغنائم والأموال إلى عمه سعد بن أبي وقاص فنفل سعد ذوي النجدة ثم أمر بقسم ذلك على الغانمين. قال الشعبي: كان المال المتحصّل من وقعة جلولاء ثلاثين ألف ألف. وكان خمسه ستة آلاف ألف وقال غيره: كان الذي أصاب كل فارس يوم جلولاء نظير ما حصل له يوم المدائن - يعني اثني عشر ألفًا لكل فارس - وقيل أصاب كل فارس تسعة آلاف وتسع (٦) دواب. وكان الذي ولى قسم ذلك بين المسلمين
(١) في هامش ط: الطبرزينات: نوع من السلاح يشبه الفأس. وكذا في هامش تاريخ الطبري (٤/ ٢٧)، وينظر معجم دوزي (٧/ ١٤) من الترجمة العربية. (٢) كالّون: جمع كالٍّ وهو من كلَّ يكلُّ إذا أعيا. اللسان (كلل). (٣) بعدها في أ: إعادة لبعض الكلمات في السطر السابق. (٤) في أ: أيها الناس. (٥) في أ: بما. (٦) حفي أ: سبع.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies