Celui qui a placé l’épée de Kisrâ (Chosroès) dans ce qui le nuit et ne lui est d’aucune utilité.
Puis il déclara : « Vraiment, des gens qui ont ainsi remis (ces biens) sont assurément des personnes intègres, ou des gens de confiance. »
Et il ajouta : « Kisrâ ne s’est contenté que de s’occuper de ce qui lui a été accordé ici-bas, au détriment de sa vie dernière. Il a amassé (ses trésors) pour le mari de sa femme, ou pour le mari de sa fille, sans rien préparer pour lui-même. S’il avait préparé (ces biens) pour lui-même et placé l’excédent où il convenait, il en aurait bénéficié. »
Or, l’un des musulmans, Abû Najîd (1) Nâfi‘ ibn al-Aswad, a dit à ce propos (2) :
[Sur le mètre al-khafîf]
« Nous avons lâché (nos) chevaux sur al-Madâ’in (3) : leur mer était aussi vaste que leur terre,
Puis nous sommes allés saisir les trésors de Kisrâ le jour où ils se sont enfuis, et ils se sont dispersés précipitamment loin de nous. »
• La bataille de Jalûlâ (6)
Lorsque Kisrâ – Yazdegerd ibn Shahrîyâr – quitta al-Madâ’in pour fuir vers Hulwân, il se mit en route, au milieu du trajet, à rassembler hommes, auxiliaires et troupes parmi les contrées des environs. Une grande multitude de Perses se regroupa auprès de lui, et il plaça tout ce monde sous l’autorité de Mihrân. Kisrâ gagna alors Hulwân (7), tandis que l’armée qu’il avait réunie s’interposait entre lui et les musulmans à Jalûlâ. Ils creusèrent tout autour un large fossé et s’y installèrent en grand nombre, disposant de matériel et d’engins de siège (9).
Sâ‘d envoya donc une lettre à ‘Umar pour l’informer de ces événements. ‘Umar lui ordonna de rester à al-Madâ’in et d’envoyer son neveu, Hâshim ibn ‘Utba, à la tête de l’armée dépêchée contre Kisrâ. Al-Qa‘qâ‘ ibn ‘Amr serait à l’avant-garde, Sâ‘d ibn Mâlik à l’aile droite, son frère ‘Umar ibn Mâlik à l’aile gauche et ‘Amr ibn Murra al-Juhanî à l’arrière-garde. Sâ‘d exécuta ces directives et envoya avec son neveu une armée importante approchant les douze mille hommes, réunissant de grands dignitaires musulmans, d’éminents Muhâjirûn et Ançâr, ainsi que des chefs parmi les Arabes. Cela se passa au mois de Safar de cette même année, après qu’ils eurent achevé leurs opérations à al-Madâ’in.
Ils marchèrent jusqu’à atteindre les Mages (Zoroastriens) qui, retranchés à Jalûlâ, avaient creusé un fossé les protégeant. Hâshim ibn ‘Utba les assiégea. Ils sortaient fréquemment pour livrer bataille avec une ardeur inouïe. Kisrâ leur dépêchait sans cesse des renforts, tandis que Sâ‘d en envoyait aussi à son neveu, encore et encore. Les combats s’intensifièrent, la confrontation s’embrasa et la guerre prit une tournure féroce. Alors, Hâshim se dressa au milieu de ses hommes et les harangua, sans