L’hafiz Abou Bakr al-Bayhaqi déclare dans « Dalâ’il an-Nubuwwa » (1) : « ʿAbd Allâh ibn Yûsuf al-Aṣbahânî nous a informés, Abû Saʿîd ibn al-Aʿrâbî nous a informés. Il dit : j’ai trouvé dans mes écrits, de ma propre main, ceci rapporté d’Abû Dâwud : Muḥammad ibn ʿUbayd nous a transmis, Ḥammâd nous a transmis, d’après Yûnus, d’après al-Ḥasan : On présenta à ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb la fourrure de Kisrâ, et on la déposa devant lui. Parmi ceux qui l’entouraient se trouvait Surâqa ibn Mâlik ibn Juʿshum. ʿUmar lui lança alors les bracelets de Kisrâ ibn Hurmuz, qu’il mit à ses mains et qui lui arrivèrent jusqu’aux épaules. Quand ʿUmar vit ces bracelets aux mains de Surâqa, il s’exclama : “Louange à Dieu ! Les bracelets de Kisrâ ibn Hurmuz sont aux mains de Surâqa ibn Mâlik ibn Juʿshum, un Bédouin issu des Banû Mudlij.” Puis il rapporta la suite du récit. C’est ainsi que l’a retranscrit al-Bayhaqi.
Ensuite, il rapporta les propos d’ash-Shâfiʿî selon lesquels Surâqa avait été revêtu de ces bracelets parce que le Messager de Dieu (ﷺ) avait dit à Surâqa, en regardant ses bras : « Il me semble te voir portant les bracelets de Kisrâ. » (Ash-Shâfiʿî indique également : Et ʿUmar dit à Surâqa, lorsqu’il les lui fit enfiler : “Dis : Allâhu akbar.” Alors Surâqa s’écria : “Allâhu akbar.” Puis ʿUmar ajouta : “Dis : Louange à Dieu qui les a retirés à Kisrâ ibn Hurmuz pour les faire porter à Surâqa ibn Mâlik, bédouin des Banû Mudlij.”)
Al-Haytham ibn ʿAdî (3) a quant à lui rapporté : « Usâma ibn Zayd al-Laythî nous a transmis, al-Qâsim ibn Muḥammad ibn Abî Bakr nous a transmis : du temps de la bataille d’al-Qâdisiyya, Saʿd ibn Abî Waqqâṣ expédia à ʿUmar la tunique (qabâʾ) de Kisrâ, son épée, sa ceinture, ses bracelets, son pantalon, sa chemise, sa couronne et ses chaussures. ʿUmar scruta alors les visages des gens présents, et celui qui était le plus imposant était Surâqa ibn Mâlik ibn Juʿshum. Il lui dit : “Ô Surâqa, lève-toi et mets-les.” Surâqa raconta : “Je fus tenté de les garder, je me levai donc et m’en revêtis.” ʿUmar lui dit : “Tourne-toi (pour que je te voie).” Il se tourna. Puis il lui dit : “Avance.” Il avança. Alors ʿUmar s’exclama : “Bikh bikh (superbe !). Un Bédouin des Banû Mudlij porte la tunique, le pantalon, l’épée, la ceinture, la couronne et les chaussures de Kisrâ ! Il arrivera peut-être, ô Surâqa ibn Mâlik, qu’un jour, si tu portais une telle parure venant de Kisrâ et de sa famille, cela devienne un motif de fierté pour toi et ton peuple. Maintenant enlève-les.” Et je m’en dépouillai.”
ʿUmar poursuivit : “Ô mon Dieu ! Tu as privé Ton Messager et Prophète – qui est plus aimé de Toi que moi et jouit d’un rang plus élevé auprès de Toi que moi – de ces biens, Tu en as également privé Abû Bakr qui est plus aimé de Toi que moi, plus noble à Tes yeux que moi, et Tu me les accordes. Je cherche refuge auprès de Toi, de peur que Tu ne me les aies donnés pour me tendre un piège.” Il se mit ensuite à pleurer, au point que ceux qui étaient présents eurent pitié de lui. Puis il s’adressa à ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf pour lui dire : “Je t’en conjure : vends-les et distribue-en le prix avant la tombée du jour.”
Sîf ibn ʿUmar at-Tamîmî (4) a rapporté que lorsque ʿUmar se trouva en possession de ces habits et de ces bijoux, on lui présenta (5) l’épée de Kisrâ ainsi que plusieurs autres lames, parmi lesquelles figurait celle d’an-Nuʿmân ibn al-Mundhir, gouverneur de Kisrâ à al-Ḥîra. Alors ʿUmar s’exclama : “Louange à Dieu !”.”