La bonne nouvelle fut ainsi annoncée et ils la confirmèrent avec lui. Ils leur transmirent alors la bonne nouvelle d’« un garçon savant » [Al-Ḥijr : 53]. Il s’agit d’Isaac, tandis que son frère Ismaël est décrit comme un « garçon plein de mansuétude », ce qui correspond à son rang et à sa patience. Ainsi, son Seigneur l’a également qualifié de véridique dans ses promesses et patient.
Dans un autre verset, Dieu – Exalté soit-Il – déclare : « Nous lui annonçâmes la naissance d’Isaac, et après Isaac, celle de Jacob » [Hūd : 71]. C’est de là que Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī et d’autres ont déduit que le fils promis pour le sacrifice était Ismaël, car il ne saurait être ordonné de sacrifier Isaac après que la bonne nouvelle de son existence et de celle de son fils Jacob – dont le nom dérive de l’idée de lui succéder – avait déjà été donnée.
Selon les Gens du Livre, Abraham offrit en même temps que le veau rôti (appelé « ḥanīdh », c’est-à-dire grillé) un pain cuit dans la braise contenant trois mesures, avec du beurre et du lait. Ils prétendent qu’ils (les anges) mangèrent, mais c’est là une erreur manifeste. D’autres disent qu’ils feignirent de manger alors que la nourriture se volatilisait.
Toujours selon les Gens du Livre, Dieu aurait dit à Abraham : « Quant à Sara, ta femme, elle ne sera plus appelée Sārā, mais Sārah. Je la bénirai et te donnerai d’elle un fils, puis Je le bénirai ; de lui naîtront des peuples et des rois de peuples. » Abraham tomba alors prosterné, tout en riant intérieurement : « Aurais-je un fils à cent ans, et Sara enfanterait-elle à quatre-vingt-dix ans ? » Abraham dit encore à Dieu – Exalté soit-Il : « Plût à Dieu qu’Ismaël vive devant Toi ! » Alors Dieu répondit : « Par Mon Nom, ta femme Sara t’enfantera un garçon, et tu l’appelleras Isaac, à la même époque l’an prochain. Je scellerai Mon alliance avec lui pour toujours, ainsi qu’avec sa descendance. J’ai également exaucé ta prière au sujet d’Ismaël : Je l’ai béni et grandement augmenté sa postérité ; douze princes naîtront de lui et Je ferai de lui le chef d’une grande nation. » Nous avons déjà traité de cela précédemment, et Dieu est plus savant.
Lorsque le Tout-Puissant dit : « Nous lui annonçâmes la naissance d’Isaac, et après Isaac, celle de Jacob » [Hūd : 71], c’est la preuve que Sara jouirait de la présence de son fils Isaac, puis de son petit-fils Jacob, c’est-à-dire que ce dernier naîtrait de leur vivant afin qu’ils s’en réjouissent comme ils s’étaient déjà réjouis de son père. Sans cette intention, mentionner Jacob plutôt que le reste de la descendance d’Isaac n’aurait aucune raison d’être. Le fait de le nommer spécifiquement indique qu’ils profiteraient de sa compagnie et se réjouiraient de sa naissance, comme ils s’étaient réjouis de celle d’Isaac avant lui.
Dieu – Exalté soit-Il – dit également : « Nous lui avons accordé Isaac et Jacob, à chacun Nous avons accordé la bonne direction, et auparavant Nous avions guidé Noé » [Al-Anʿām : 84]. Et Il dit encore : « Puis, lorsqu’il (Abraham) se fut séparé d’eux et de ce qu’ils adoraient en dehors de Dieu, Nous lui accordâmes Isaac et Jacob » [Maryam : 49]. Ces preuves, si Dieu le veut, sont claires et solides.
Elles sont renforcées par ce qui est rapporté de façon authentique dans les deux Ṣaḥīḥ (Al-Bukhārī et Muslim), à travers la chaîne de transmission de Sulaymān ibn Mihrān al-Aʿmach, d’après Ibrāhīm ibn Yazīd at-Taymī, d’après son père, d’après Abū Dharr (qu’Allāh soit satisfait de lui) : Abū Dharr relate avoir dit : « Ô Messager de Dieu, quelle est la première mosquée à avoir été établie ? » Il répondit : « La Mosquée sacrée (al-Masjid al-Ḥarām). » J’ai demandé : « Et ensuite ? » Il répondit : « La Mosquée lointaine (al-Masjid al-Aqṣā). » J’ai répliqué : « Combien de temps les sépare-t-elles ? »