Hishâm ibn al-‘Âs, frère de ‘Amr ibn al-‘Âs, le précède (1). Ibn Sa‘d (2) rapporte qu’il fut tué le jour de la bataille de al-Yarmûk.
[Ensuite, l’an seize commença]
On débuta cette année alors que Sa‘d ibn Abî Waqqâs occupait les abords de la cité de Bahuraseer, l’une des deux villes de Kisrâ, sur la rive occidentale du Tigre. Sa‘d y était arrivé en dhû al-hijja de l’an quinze et s’y trouvait encore au début de cette nouvelle année. Il avait envoyé des détachements et des cavaliers dans toutes les directions, sans rencontrer le moindre soldat, mais ils rassemblèrent cent mille paysans, qui furent détenus jusqu’à ce qu’il écrive à ‘Umar pour savoir quelle conduite adopter à leur égard.
‘Umar lui répondit ainsi : « Quiconque parmi les paysans ne vous a pas combattus et demeure dans son pays est sous votre sauvegarde. Quant à celui qui s’est enfui et que vous attrapez, vous êtes libres de décider de son sort. » Sa‘d les remit donc en liberté après les avoir invités à l’Islam, mais ils refusèrent et acceptèrent seulement de payer la djizya. Il ne resta plus personne de la rive occidentale du Tigre jusqu’au territoire arabe (3) qui ne fût soumis à la djizya et au kharâj.
La ville de Bahuraseer opposa à Sa‘d une résistance acharnée. Il y dépêcha Salmân al-Fârisî pour les appeler à Dieu (Gloire et Pureté à Lui), à la djizya ou au combat. Ils ne voulurent rien entendre si ce n’est la lutte et la rébellion. Ils installèrent des catapultes (manâjîq) et des béliers (dabbâbât). Sa‘d ordonna alors de construire des catapultes : vingt engins furent confectionnés puis dressés contre Bahuraseer, et le siège s’intensifia. Les habitants de Bahuraseer sortaient pour livrer des combats acharnés, jurant de ne jamais fuir (4), mais Dieu les démentit ; ils furent mis en déroute par Zuhra ibn Ḥawiyya, après qu’une flèche l’atteignit. Lui-même tua un grand nombre de Perses malgré sa blessure (5), et ils prirent la fuite devant lui, se réfugiant dans leur cité, que l’on assiégea de manière très serrée, au point qu’ils finirent par manger des chiens et des chats.
De leurs murailles, l’un d’eux s’adressa aux musulmans en déclarant : « Le roi vous dit : voulez-vous conclure la paix, à condition que nous conservions ce qui se trouve de notre côté du Tigre jusqu’à (notre) montagne, et que vous conserviez ce qui se trouve du vôtre jusqu’à (votre) montagne ? N’êtes-vous pas rassasiés ? Puisse Dieu ne jamais rassasier vos ventres ! »
C’est alors qu’un homme du camp musulman, nommé Abû Mufazzir al-Aswad ibn Qutba (6), prit la parole, et Dieu l’inspira de mots dont il ne sut pas lui-même la portée. Après ces paroles, l’homme des fortifications rentra chez lui (7).