Il consulta Kaʿb au sujet de l’endroit où placer la mosquée, et celui-ci lui suggéra de la construire derrière le Rocher. Alors, il le frappa sur la poitrine en s’exclamant : « Ô fils de la mère de Kaʿb, tu imites les Juifs ! » Puis il ordonna de l’édifier à l’avant de Bayt al-Maqdis.
L’imam Aḥmad (3) rapporta : « Aswad ibn ʿĀmir nous a fait ce récit, d’après Ḥammād ibn Salama, lui-même d’après Abū Sinān, d’après ʿUbayd ibn Ādam, Abū Maryam et Abū Shuʿayb. Ils relatent qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb se trouvait à al-Jābiya et évoqua la conquête de Bayt al-Maqdis. » Ibn Salama dit : « Abū Sinān m’a rapporté, au nom de ʿUbayd ibn Ādam, que j’ai entendu ʿUmar dire à Kaʿb : “Où penses-tu que je dois prier ?” Kaʿb répondit : “Si vous vous fiez à moi, priez derrière le Rocher et vous aurez tout al-Quds devant vous.” ʿUmar répliqua : “Tu as cherché à imiter la religion juive ! Non, je vais plutôt prier là où l’Envoyé de Dieu (paix et salut sur lui) a prié.” Alors il avança vers la qibla et pria, puis il revint, déploya son manteau et y balaya les déchets. Les gens se mirent aussi à balayer.” »
C’est là une bonne chaîne de transmission qu’al-Ḥāfiẓ Ḍiyāʾ ad-Dīn al-Maqdisī a retenue dans son ouvrage « al-Mustakhraj ». Nous avons déjà traité de ses narrateurs dans l’ouvrage que nous avons consacré au « Musnad ʿUmar » (4), où nous avons rassemblé ce qui est rapporté de lui comme hadiths remontant au Prophète et comme traditions dont la chaîne s’arrête à lui, en les classant selon les différentes rubriques de la jurisprudence. Qu’À Dieu reviennent la louange et la grâce.
Par ailleurs, Saïf ibn ʿUmar (5) transmit, d’après ses maîtres (6), d’après Sālim, qu’au moment où ʿUmar entra en Syrie, un homme d’entre les Juifs de Damas vint à sa rencontre et lui dit : « Que la paix soit sur toi, ô Fārūq (le Discerneur), es-tu celui qui réclame la cité de Iliyāʾ (Jérusalem) ? Non, par Dieu, tu ne repartiras pas avant que Dieu ne t’accorde la conquête d’Iliyāʾ. »
Aḥmad ibn Marwān ad-Dīnūrī (7) rapporte, d’après Muḥammad ibn ʿAbd al-ʿAzīz, d’après son père, d’après al-Haytham ibn ʿAdī, d’après Usāma ibn Zayd ibn Aslam, d’après son père, d’après son grand-père Aslam — l’affranchi de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb — que ce dernier arriva à Damas avec des marchands de Quraysh. Lorsque ceux-ci quittèrent la ville, ʿUmar resta un moment pour une affaire personnelle. Alors qu’il se trouvait encore dans la cité, un patrice (baṭrīq) le prit par le cou. ʿUmar voulut se dégager mais n’y parvint pas. L’homme l’emmena dans une demeure remplie de terre, avec une hache, une pelle et un panier, et lui dit : « Transporte ceci d’ici à là. » Puis il ferma la porte et s’en alla jusqu’à la mi-journée.
ʿUmar raconta : « Je me suis assis pour réfléchir, sans rien faire de ce qu’il m’avait ordonné. Quand il revint, il me dit : “Pourquoi n’as-tu rien fait ?” et il me frappa la tête de sa main. Alors je saisis la hache et le frappai, le tuant sur le coup. Je partis ensuite au hasard et arrivai à un monastère où se trouvait un moine, je m’assis auprès de lui depuis… »