En l’an seize eurent lieu (les événements de) ‘Amwās et d’al-Jābiya, puis en l’an dix-sept, ceux de Sargh, et vint ensuite l’année de la Ramāda en l’an dix-huit.
Il est dit : Cette même année survint la peste d’‘Amwās – c’est-à-dire la conquête de la localité connue sous le nom d’‘Amwās (1). Quant à la peste qui lui est attribuée, elle eut lieu en l’an dix-huit, comme nous le verrons bientôt, si Dieu le veut.
Abou Mikhnaf (2) rapporte : « Lorsque ʿUmar arriva en Syrie et contempla la Ghouta de Damas, il considéra la ville, ses palais et ses vergers, puis il récita la parole du Très-Haut : “Combien ont-ils laissé de jardins et de sources (25), de cultures et de nobles demeures (26), et de bienfaits dont ils jouissaient (27). Ainsi, Nous en fîmes l’héritage d’un autre peuple (28)” (Sourate ad-Dukhān, v. 25-28). » Il cita ensuite ces vers du poète an-Nābigha (3) [mètre at-tawīl] :
« Deux jeunes gens du Temps, sur lesquels reviennent sans cesse,
Les jours et les nuits se succédant l’un à l’autre.
Quand ils parvenaient à un groupe vivant dans l’aisance,
Ils y campaient jusqu’à ce que ces gens-là fussent confrontés aux épreuves. »
À première vue, on pourrait croire qu’il entra dans Damas, mais il n’en est rien : personne n’a rapporté qu’il s’y soit rendu au cours de ses trois venues en Syrie. Lors de la première – celle dont il est question ici –, il se dirigea d’al-Jābiya vers Bayt al-Maqdis, comme le mentionnent Sīf et d’autres, et Dieu sait mieux.
Al-Wāqidī a déclaré : « Selon ce que rapportent ceux qui ne sont pas originaires de Syrie, ʿUmar ne se rendit en Syrie que deux fois et rebroussa chemin la troisième fois depuis Sargh, en l’an dix-sept. En revanche, eux (les habitants de Syrie) affirment qu’il y entra pour la troisième fois et visita Damas et Homs. Al-Wāqidī rejette cette version. »
J’ajoute : rien n’indique qu’il soit jamais entré dans Damas, sinon à l’époque préislamique, avant sa conversion, comme nous l’avons détaillé dans sa biographie.
Nous avons relaté que, lorsqu’il entra à Bayt al-Maqdis, ʿUmar interrogea Kaʿb al-Aḥbār sur l’emplacement du Rocher. Kaʿb lui répondit : « Ô Commandeur des croyants, le Wādī Jahannam se trouve à tant de coudées ; la pierre est là. » Ils la cherchèrent et découvrirent que les chrétiens en avaient fait un dépotoir, tout comme les Juifs l’avaient fait pour le lieu de la Qumāma – l’endroit où fut (soi-disant) crucifié celui que l’on prit pour Jésus. Les chrétiens et les Juifs crurent qu’il s’agissait du Messie, mais ils se sont trompés, comme Dieu l’a clairement indiqué.
Lorsque les chrétiens prirent le contrôle de Bayt al-Maqdis, environ trois cents ans avant la mission prophétique, ils purifièrent l’endroit appelé Qumāma et en firent une imposante église, construite par la mère de l’empereur Constantin, fondateur de la ville qui porte son nom. Elle s’appelait Hélène (al-Ḥarāniyya) la Bunduqāniyya (4). Elle ordonna à son fils de construire pour les chrétiens un édifice à Bethléem, sur le lieu de la naissance, tandis qu’elle-même érigea un bâtiment à l’endroit du tombeau, selon leur croyance. Le but était également de transformer la qibla qu’avaient les Juifs en un lieu d’ordures, en représailles de ce que ces derniers avaient fait autrefois.
Quand ʿUmar conquit Bayt al-Maqdis et identifia l’emplacement du Rocher, il ordonna d’en retirer les immondices. On dit même qu’il la nettoya de son propre manteau, puis