Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ensuite, il rédigea un autre acte pour les habitants de Ludd(1) et pour les gens qui s’y trouvaient, et il leur imposa la capitation (jizya). Ils entrèrent dans les mêmes conditions de paix que celles conclues avec les habitants d’Iliyâ’. L’Arṭabûn s’enfuit alors vers la terre d’Égypte, où il demeura jusqu’à ce qu’elle fût conquise par ‘Amr ibn al-‘As. Puis il s’enfuit vers la mer, où il prit la tête de quelques détachements combattant les musulmans.

Un homme de Qays s’empara de lui, et l’Arṭabûn coupa la main de ce Qaysi, qui le tua ensuite. Et il dit à ce propos :

[Du mètre al-basît]
« S’il est vrai que l’Arṭabûn des Romains l’a corrompue,
par la louange de Dieu, on peut encore y trouver quelque profit.
Et s’il est vrai que l’Arṭabûn des Romains l’a démembrée,
je lui ai laissé, en ces lieux, ses membres épars. »

Lorsque les habitants de Ramla et de ces contrées conclurent la paix, ‘Amr ibn al-‘As et Shuraḥbîl ibn Ḥasana se dirigèrent vers al-Jâbiya, où ils trouvèrent le Commandeur des croyants, ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, monté sur sa monture. Lorsqu’ils s’approchèrent de lui, ils s’agenouillèrent au niveau de ses genoux et les embrassèrent. ‘Umar les étreignit tous deux.

D’après Sîf(2) : ‘Umar s’en alla ensuite vers Bayt al-Maqdis (Jérusalem) en partant d’al-Jâbiya, alors que sa monture montrait des signes de fatigue (3). On lui amena alors un bardhawn (4), qu’il enfourcha. Celui-ci se mit à caracoler, si bien qu’’Umar mit pied à terre et frappa son visage en disant : « Que Dieu ne donne pas la science à celui qui t’a dressé ! C’est là une marque d’orgueil. » Après cela, il ne monta plus jamais de bardhawn, que ce fût avant ou après cet incident.

Iliyâ’ et sa région furent alors conquises de sa main, à l’exception d’Ajnâdîn, qui le fut par ‘Amr, et de Qaysâriyya, conquise par Mu‘âwiyya. Telle est la version de Sîf ibn ‘Umar. D’autres éminents historiens ont divergé et estimé que la conquête de Bayt al-Maqdis eut lieu en l’an 16 [de l’Hégire].

Muḥammad ibn ‘Â’idh a rapporté, d’après al-Walîd ibn Muslim, d’après ‘Uthmân ibn Ḥuṣn ibn ‘Allân, ce qu’a dit Yazîd ibn ‘Ubayda : « Bayt al-Maqdis fut conquise en l’an 16, et c’est durant cette même année que ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb arriva à al-Jâbiya. » Abû Zur‘a ad-Dimashqî(5) a également raconté, citant Duḥaym, qui tenait lui-même d’al-Walîd ibn Muslim : « Puis il revint en l’an 17, repartit depuis Sar‘ (6), et vint de nouveau en l’an 18, où les émirs se rassemblèrent autour de lui et lui remirent les biens qu’ils avaient accumulés. Il les distribua, forma les troupes, fonda de nouvelles villes, puis retourna à Madîna. »

Selon Ya‘qûb ibn Sufyân(7), la conquête d’al-Jâbiya et de Bayt al-Maqdis eut lieu en l’an 16. Quant à Abû Ma‘shar, il a dit : « Puis… »

(1) Ludd : un village près de Jérusalem, dans les environs de la Palestine, par la porte duquel Jésus fils de Marie atteindra le Dajjâl et le tuera. Voir Muʿjam al-Buldān (5/15). (2) Tārīkh al-Ṭabarī (3/610). (3) Al-Waḥy : la rapidité ; et towaḥḥā signifie s'empresser. Voir al-Lisān (waḥy) et dans Tārīkh al-Ṭabarī : yatawajja. Selon son éditeur, wājā chez les Perses et tawajja signifient ressentir une douleur dans le sabot. (4) Al-Hamlaja et al-Himlāj : le beau fait de marcher avec rapidité et vivacité. Voir al-Lisān (hamlaj). (5) Tārīkh Abī Zurʿa al-Dimashqī (p. 178). (6) Dans la première et la deuxième édition : « sarʿa » (il s'est hâté) ; c'est une erreur, la lecture correcte est celle attestée ici, et la définition en a déjà été donnée quelques pages auparavant. (7) al-Maʿrifa wa-l-Tārīkh (1/29), édition Muʾassassat al-Risāla ; le récit provient d'une section manquante qui fait partie des remarques de l'éditeur.
ثم كتب لأهل لُدٍّ (١) ومَنْ هنالك من الناس كتابًا آخر وضربَ عليهم الجزيةَ، ودخلوا فيما صالحَ عليه أهل إيلياء، وفرَّ الأرطبون إلى بلاد مصر، فكان بها حتى فتحَها عمرو بن العاص، ثم فرَّ إلى البحر فكان يلي بعض السرايا الذين يقاتلون المسلمين، فظفر به رجل من قيس فقطع يد القيسي وقتله القيسي وقال في ذلك: [من البسيط] فإنْ يكنْ أرطبونُ الرُّومِ أفْسدها … فإنَّ فيها بحمدِ اللّهِ مُنْتَفعا وإنْ يكنْ أرطبونُ الرومِ قطَّعها … فقد تركتُ (بها) أوصالَه قِطَعا ولما صالح أهلُ الرملة وتلك البلاد، أقبلَ عمرو بن العاص وشُرَحْبيل بن حَسَنة حتى قدما الجابيةَ فوجدا أمير المؤمنين عمرَ بن الخطاب راكبًا، فلما اقتربا منه أكبَّا على ركبتيه فقبَّلاها واعتنقهما عمر معًا (رضي الله عنها) . قال سيف (٢) : ثم سار عمر إلى بيت المقدس من الجابية وقد توحّى (٣) فرسه فأتوه ببرذون فركبه فجعل يهملج (٤) به فنزل عنه وضرب وجهه، وقال: لا علّم الله من علَّمك، هذا من الخيلاء، ثم لم يركب برذونًا قبله ولا بعده، ففُتحت إيلياء وأرضُها على يديه ما خلا أجنادين فعلى يدي عمرو. وقيسارية فعلى يدي معاوية. هذا سياق سيف بن عمر، وقد خالفه غيره من أئمة السير فذهبوا إلى أن فتح بيت المقدس كان في سنة ست عشرة. قال محمد بن عائذ: عن الوليد بن مسلم، عن عثمان بن حصن بن علان، قال يزيد بن عبيدة: فتحت بيت المَقْدس سنةَ ستَّ عشرةَ، وفيها قدم عمرُ بن الخطاب الجابية. وقال أبو زرعة الدمشقي (٥) : عن دُحَيم، عن الوليد بن مسلم قال: ثم عاد في سنة سبع عشرة فرجع من سَرْع (٦) ، ثم قدم سنة ثماني عشرة فاجتمع إليه الأمراء وسلّموا إليه ما اجتمع عندهم من الأموال فقسَّمها وجنّد الأجناد ومصَّر الأمصار ثم عاد إلى المدينة. وقال يعقوب بن سفيان (٧) : ثم كان فتح الجابية وبيت المقدس سنة ست عشرة. وقال أبو معشر: ثم
(١) لدٌّ: قرية قرب بيت المقدس من نواحي فلسطين ببابها يدرك عيسى بن مريم الدجال فيقتله. معجم البلدان (٥/ ١٥). (٢) تاريخ الطبري (٣/ ٦١٠). (٣) الوحَى: العجلة، وتوحّى: أسرع. اللسان (وحي) وفي تاريخ الطبري: يتوجّى. وقال محققه: وجى الفرس وتوجى إذا وجد وجعًا في حافره. (٤) الهَمْلجة والهِملاج: الحسن السير في سرعة وبخترة. اللسان (هملج). (٥) تاريخ أبي زرعة الدمشقي (ص ١٧٨). (٦) في أ، ط: سرع؛ خطأ والصحيح ما أثبت، وقد مر التعريف بها قبل صفحات. (٧) المعرفة والتاريخ (١/ ٢٩) طبعة مؤسسة الرسالة، والخبر من القسم المفقود وهو من استدراكات المحقق.

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