Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La crasse (kunāsa) s’était accumulée sur le Rocher jusqu’à atteindre le mihrab de David. On leur dit : « Vous méritez d’être mis à mort sur cette crasse, pour l’outrage que vous avez fait subir à cette mosquée, tout comme les Fils d’Israël furent châtiés pour le sang de Yahyā fils de Zakariyyā (Jean le Baptiste). » On donna alors l’ordre de la retirer, et ils commencèrent à le faire, mais ils n’en ôtèrent pas même le tiers avant que les musulmans ne prennent la ville. C’est alors qu’Omar ibn al-Khaṭṭāb l’ôta à son tour. L’ensemble de ceci, avec ses chaînes de transmission et ses textes, a été soigneusement rapporté par l’érudit ḥāfiẓ Bahā’ ad-Dīn ibn Abī al-Qāsim ibn ʿAsākir dans son livre « al-Mustaqṣā fī Faḍāʾil al-Masjid al-Aqṣā ».

Seyf (1) mentionne dans son récit qu’Omar (qu’Allah l’agrée) partit de Médine à cheval pour hâter sa progression, après avoir confié la gestion de la ville à ʿAlī ibn Abī Ṭālib. Il se mit en route jusqu’à arriver à al-Jābiya, où il fit halte et prononça un long sermon éloquent, dont voici un extrait : « Ô gens, corrigez le for intérieur de vos âmes, et votre apparence s’en trouvera rectifiée. Œuvrez pour votre Au-delà, et vos affaires d’ici-bas en seront facilitées. Sachez qu’aucun homme n’a de père vivant le séparant d’Adam, et qu’il n’y a pas de complaisance possible entre lui et Dieu. Celui qui veut la demeure spacieuse du Paradis doit s’attacher à la communauté : en effet, le diable se tient avec l’homme isolé et s’éloigne quand ils sont deux. Que personne d’entre vous ne s’isole avec une femme, car le diable sera leur troisième. Et celui dont la bonne action le réjouit et dont la mauvaise action l’attriste est un croyant. » (3) Ce sermon est long, et nous n’en présentons ici qu’un résumé.

Par la suite, Omar conclut un accord avec les habitants d’al-Jābiya, puis partit pour Bayt al-Maqdis (Jérusalem). Il avait écrit aux chefs des armées de le rejoindre à al-Jābiya à une date précise, et ils s’y rassemblèrent tous ce jour-là. Le premier à l’accueillir fut Yazīd ibn Abī Sufyān, suivi d’Abū ʿUbayda, puis de Khālid ibn al-Walīd, à la tête de la cavalerie musulmane, vêtus de gilets rembourrés (4) en brocart (dībāj). Voyant cela, Omar voulut leur jeter des cailloux (5), mais ils s’excusèrent en expliquant qu’ils étaient armés et avaient besoin de leur équipement pour combattre. Il les laissa donc, et tous les commandants se rassemblèrent après avoir délégué leurs fonctions, à l’exception de ʿAmr ibn al-ʿĀṣ et de Shuraḥbīl, qui faisaient face à l’Arṭabūn à Ajnādayn (6).

Tandis qu’Omar se trouvait à al-Jābiya, une troupe (kurdūs) de Romains apparut, épées tirées au clair. Les musulmans se préparèrent alors au combat, mais Omar déclara : « Ce sont des gens qui demandent la protection. » Ils s’approchèrent donc, et il s’avéra qu’il s’agissait de soldats en provenance de Bayt al-Maqdis, venus solliciter l’amān (garantie de sécurité) et conclure la paix avec le Commandeur des croyants, ayant appris son arrivée. Omar (qu’Allah l’agrée) accéda à leur requête, leur rédigea un acte de sûreté et de réconciliation, leur imposa la jizya, et ajouta des conditions que rapporte Ibn Jarīr (7). Khālid ibn al-Walīd, ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf et Muʿāwiya ibn Abī Sufyān — ce dernier rédigeant le document — en furent témoins. Cet événement eut lieu en l’an 15 de l’Hégire.

(1) Histoire de Tabari (3/111). (2) À l'origine et dans l'édition imprimée : لَحَبْ وَجْهٍ, ce qui est une altération ; la correction provient du Musnad d'Aḥmad et d'autres. (3) Le sermon : l'imam Aḥmad l'a rapporté dans son Musnad (1/18 et 26). Tirmidhî n° 2165 et Ibn Mājah n° 2363. (4) Yalmq : pluriel de يَلْمُق, qui est al-qabāʾ, un type de vêtement. Al-Lisān (ʿYalmq - qabāʾ). (5) Yaḥṣibuhum : il les frappe avec des cailloux, c'est-à-dire des petits cailloux. Al-Nihāya (1/393-394). (6) Wāqifah, mwāqafah et waqāfan : il s'est arrêté avec lui dans une guerre ou un différend. Al-Lisān (waqafa). (7) Dans son histoire (3/609).
الكناسة على الصخرة حتى وصلت إلى محراب داود، قال لهم: إنكم لخليقٌ أن تقتلوا على هذه الكناسة مما امتهنتم هذا المسجد، كما قتلت بنو إسرائيل على دم يحيى بن زكريا، ثم أمروا بإزالتها فشرعوا في ذلك فما أزالوا ثلثها حتى فتحها المسلمون، فأزالها عمر بن الخطاب وقد استقصى هذا كله بأسانيده ومتونه الحافظ بهاء الدين بن الحافظ أبي القاسم بن عساكر في كتابه "المستقصى في فضائل المسجد الأقصى" . وذكر سيفٌ (١) في سياقه: أن عمر (رضي الله عنه) ركبَ من المدينة على فرس ليسرع السير بعد ما استخلف عليها علي بن أبي طالب، فسار حتى قدم الجابية فنزل بها وخطبَ بالجابية خطبةً طويلةً بليغةً منها: "أيها الناسُ أصْلحُوا سَرائرَكُم تَصْلُحْ علانيتكُمْ، واعملُوا لآخرتِكُم تُكْفَوا أمرَ دنياكم، واعلموا أن رجلًا ليس بينه وبين آدم أبٌ حيٌّ، ولا بينه وبين الله هوادةٌ، " فمن أراد بُحْبُوحَةَ (٢) الجنة فليلزمِ الجماعة، فإن الشيطانَ مع الواحدِ وهو مع الاثنين أبعد، ولا يخلون أحدُكم بامرأةٍ فإنَّ الشيطانَ ثالثُهما، ومن سرَّتْهُ حَسَنتُهُ وسَاءَتْهُ سَيِّئتُهُ فهو مؤمن" (٣) . وهي خطبةٌ طويلةٌ اختصرناها. ثم صالح عمرُ أهلَ الجابية ورحل إلى بيتِ المَقْدسِ وقد كتب إلى أمراءَ الأجْنادِ أن يوافوه في اليوم الفلاني إلى الجابية فتوافَوْا أجمعون في ذلك اليوم إلى الجابية، فكان أول من تلقاه يزيد بن أبي سفيان، ثم أبو عبيدة، ثم خالد بن الوليد في خيول المسلمين وعليهم يلامقُ (٤) الدِّيباح، فسار إليهم عمر ليحصبهم (٥) فاعتذروا إليه بأنَّ عليهم السلاحَ، وأنهم يحتاجون إليه في حروبهم. فسكت عنهم واجتمعَ الأمراءُ كلهم بعد ما استخلفوا على أعمالهم، سوى عمرو بن العاص وشُرَحبيل فإنهما مواقفان (٦) الأرطبون بأجنادين. فبينما عمر في الجابية إذا بكُردوس من الروم بأيديهم سيوفٌ مُسلَّلة، فسار إليهم المسلمون بالسلاح فقال عمر: إن هؤلاء قومٌ يستأمنون. فساروا نحوهم فإذا هم جندٌ من بيت المقدس يطلبون الأمانَ والصلحَ من أمير المؤمنين حين سمعوا بقدومه، فأجابهم عمرُ (رضي الله عنه) إلى ما سألوا، وكتب لهم كتابَ أمانٍ ومصالحة، وضرب عليهم الجزيةَ، واشترطَ عليهم شروطًا ذَكرها ابن جرير (٧) ، وشهد في الكتاب خالد بن الوليد، وعمرو بن العاص، وعبد الرحمن بن عوف، ومعاوية بن أبي سفيان، وهو كاتب الكتاب، وذلك في سنة خمسة عشر.
(١) تاريخ الطبري (٣/ ١١١). (٢) في الأصل والمطبوع: لحب وجه، وهو تحريف والتصحيح من مسند أحمد وغيره. (٣) الخطبة: أوردها الإمام أحمد في مسنده (١/ ١٨ و ٢٦). والترمذي رقم (٢١٦٥) وابن ماجه رقم (٢٣٦٣). (٤) يلامق: جمع يَلْمق وهو القَباء نوع من الثياب. اللسان (يلمق - قبا). (٥) يحصبهم: يرميهم بالحصباء، وهو الحصى الصغار. النهاية (١/ ٣٩٣ - ٣٩٤). (٦) واقفه مواقفة ووقافًا: وقف معه في حرب أو خصومة. اللسان (وقف). (٧) في تاريخه (٣/ ٦٠٩).

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