Du fléau. Et la quatrième fois, il y entra monté sur un âne, ainsi que l’a rapporté Ibn Jarir à son sujet (1).
La conquête de Bayt al-Maqdis par ‘Umar ibn al-Khattab
Abu Ja‘far Ibn Jarir (2) en fait mention pour cette même année, d’après le récit de Sîf ibn ‘Umar. En résumé, selon ce qu’il rapporte, lui et d’autres :
Lorsque Abou ‘Ubayda eut terminé sa campagne à Damas, il écrivit aux habitants d’Iliya (3) pour les appeler à Dieu et à l’Islam, ou bien exiger d’eux la capitation (jizya), ou encore qu’ils se préparent à la guerre. Ils refusèrent néanmoins de lui répondre. Il prit donc la route en leur direction avec ses troupes et laissa Sa‘îd ibn Zayd comme gouverneur à Damas. Puis il assiégea Bayt al-Maqdis et resserra l’étau jusqu’à ce qu’ils acceptent de conclure la paix, à condition que le Commandeur des Croyants, ‘Umar ibn al-Khattab, vienne en personne.
Abou ‘Ubayda l’en informa par lettre. ‘Umar consulta alors son entourage : ‘Uthmân ibn ‘Affân préconisa qu’il ne se déplace pas jusqu’à eux, afin de démontrer la supériorité des musulmans et de les humilier davantage. Quant à ‘Alî ibn Abî Tâlib, il le conseilla de s’y rendre, jugeant que le siège en serait allégé pour les musulmans. ‘Umar approuva l’avis de ‘Alî et rejeta celui de ‘Uthmân. Il se mit donc en marche à la tête des armées en direction de Bayt al-Maqdis, laissant ‘Alî ibn Abî Tâlib comme régent à Médine. Al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib conduisait l’avant-garde.
Lorsqu’il arriva en Syrie, Abou ‘Ubayda et les principaux chefs, tels que Khâlid ibn al-Walîd et Yazîd ibn Abî Sufyân, allèrent à sa rencontre. Abou ‘Ubayda mit pied à terre, et ‘Umar en fit autant. Abou ‘Ubayda fit signe qu’il voulait embrasser la main de ‘Umar ; alors ‘Umar voulut lui baiser le pied, mais il s’abstint.
Ensuite, il avança jusqu’à ce qu’il conclue un accord avec les chrétiens de Bayt al-Maqdis, stipulant notamment qu’ils expulsent les Byzantins sous trois jours. Il y entra alors par la porte qu’emprunta le Messager de Dieu lors de la Nuit de l’Isrâ’. On raconte qu’il prononça la talbiya en entrant à Bayt al-Maqdis, puis y accomplit la prière de salutation de la mosquée dans le mihrab de Dâwud (David). Le lendemain matin, il dirigea la prière de l’aube pour les musulmans sur ce lieu, récitant dans la première unité la sourate « Sâd », où il fit une prosternation et les musulmans avec lui, et dans la seconde la sourate « al-Isrâ’ ».
Puis il se rendit auprès du Rocher (as-Sakhra) et en rechercha l’emplacement avec l’aide de Ka‘b al-Ahbâr. Celui-ci lui proposa de placer la mosquée derrière lui (4), mais ‘Umar lui répondit : « Tu imites la pratique juive. » Il établit alors la mosquée au sud de Bayt al-Maqdis, aujourd’hui dite « al-‘Umariyya ». Il se mit à ôter lui-même les détritus qui recouvraient le Rocher, en les portant dans un pan de sa robe et de son manteau, et les musulmans firent de même. Il réquisitionna également les habitants du Jourdain pour enlever le reste.
En effet, les Byzantins avaient transformé le Rocher en un dépôt d’ordures, sachant qu’il s’agissait de la qibla (direction de prière) des Juifs. Une femme, par exemple, envoyait son linge menstruel pour qu’il soit jeté au-dessus de ce Rocher, en guise de représailles pour ce que les Juifs avaient fait de la « Qumâma » (l’endroit où ils avaient crucifié celui qu’ils crucifièrent), en y entassant aussi des immondices sur sa tombe. C’est pour cette raison que cet emplacement fut appelé « al-Qumâma » (« la Décharge ») et que ce nom s’est étendu à l’église que les chrétiens y édifièrent.
Quant à Héraclius, quand la lettre du Prophète lui parvint alors qu’il se trouvait à Iliya, il adressa une exhortation aux chrétiens sur la manière excessive dont ils avaient