Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Sa jambe était encore dans sa botte (khouff), tandis que les Compagnons ne portaient aux pieds que des sandales. Malgré cela, aucun d’entre eux ne fut touché, pas même au niveau d’un orteil, et ils restèrent dans cet état jusqu’à la fin de l’hiver, lorsque le siège s’intensifia. Certains notables de Homs leur conseillèrent alors de conclure une trêve, mais ils refusèrent en disant : « Allons-nous accepter la paix alors que le roi est proche de nous ? » On raconte que, certains jours, les Compagnons prononcèrent un takbîr si puissant que la ville en trembla et que certains murs se fissurèrent, puis ils en prononcèrent un autre qui fit s’écrouler quelques maisons. Alors, la population se tourna vers ses notables en disant : « Ne voyez-vous pas ce qui nous arrive et notre situation ? Pourquoi ne négociez-vous pas la paix avec eux en notre nom ? » Il est dit qu’ils se réconcilièrent donc avec eux suivant les mêmes conditions que celles imposées aux habitants de Damas : la cession de la moitié des maisons, l’imposition du kharâj sur les terres, et la capitation (jizya) selon la richesse ou la pauvreté (1).

Abou ‘Oubayda envoya alors le quint (khoums) et la bonne nouvelle à ‘Oumar par l’intermédiaire de ‘Abdallah ibn Mas‘oûd. Il établit à Homs une importante garnison, composée de plusieurs chefs, dont Bilâl et Al-Miqdâd (2). Puis il écrivit à ‘Oumar pour l’informer que Héraclius avait coupé l’eau en direction de la Jazîra, et qu’il apparaissait parfois et se dissimulait à d’autres moments. ‘Oumar lui ordonna de rester sur place.

Bataille de Qinnasrîn
Quand Abou ‘Oubayda eut conquis Homs, il dépêcha Khâlid ibn Al-Walîd à Qinnasrîn. À son arrivée, les habitants, rejoints par certains chrétiens arabes, se ruèrent sur lui et s’engagèrent dans un violent combat. Khâlid livra alors une bataille féroce et tua un grand nombre d’entre eux. Quant aux Byzantins, il les anéantit et tua leur émir, Mîtâs (3). Les Arabes présentèrent leurs excuses, prétendant que ce combat n’avait pas été mené avec leur assentiment ; Khâlid accepta leurs justifications et cessa les hostilités à leur égard. Il se dirigea ensuite vers la ville, dont les habitants s’étaient retranchés (4).

Khâlid leur déclara : « Quand bien même vous seriez cachés dans les nuées, Dieu nous y conduirait ou vous en ferait descendre. » Il les tint assiégés jusqu’à ce que Dieu lui en accorde la conquête – louange à Dieu. Lorsque la nouvelle de ce que Khâlid avait accompli dans cette bataille parvint à ‘Oumar, celui-ci déclara : « Que Dieu fasse miséricorde à Abou Bakr ! Il connaissait mieux les hommes que moi. Par Dieu, si je l’ai démis de ses fonctions, ce n’était pas par soupçon à son égard, mais de peur que les gens ne se reposent uniquement sur lui. »

Cette même année, Héraclius recula avec ses troupes et quitta le Bilâd ach-Châm (Syrie) pour retourner dans ses terres byzantines. C’est ce qu’a rapporté Ibn Jarîr (5), d’après Mohammad ibn Ishâq, qui cite Saïf en disant que cela se produisit la seizième année de l’Hégire. On rapporte que chaque fois que Héraclius effectuait un pèlerinage à Bayt al-Maqdiss (Jérusalem) puis en repartait, il disait : « Paix sur toi, ô Syrie ! Adieu de la part de celui qui n’a pas pu jouir pleinement de toi et qui te quitte à jamais. » Ainsi, lorsqu’il décida de quitter la Syrie et qu’il parvint à Er-Rouhâ (Edesse), il demanda à ses habitants de l’accompagner jusqu’au pays byzantin, mais ils répondirent : « Notre présence ici te sera plus utile que de partir avec toi. » Il les laissa donc. Lorsqu’il arriva à Chamsât (6) et grimpa sur un promontoire

(1) Dans le manuscrit : selon la richesse et la pauvreté. (2) Dans le manuscrit : Bilāl ibn al-Miqdām, avec une addition et une déformation. Le récit se trouve dans l’histoire de Ṭabarī (t. 3, p. 600). (3) Dans le manuscrit : Sīnās ; dans l’histoire de Ṭabarī (t. 3, p. 601), le nom apparaît deux fois sous deux formes différentes, une fois Minās et une autre Mītās. (4) Dans le manuscrit : de lui. (5) Dans son histoire (t. 3, p. 603). (6) Dans Ṭ ; Shamshān ; erreur. Il s’agit ici d’un passage tiré de Ṭabarī. Shamshān est une ville byzantine sur la rive de l’Euphrate. Voir Maʿjam al-Buldān (t. 3, p. 362).
رجله وهي في الخفّ، والصحابةُ ليس في أرجلهم شيءٌ سوى النِّعال، ومع هذا لم يُصَبْ منهم قدَمٌ ولا أصبعٌ أيضًا، ولم يزالوا كذلك حتى انسلخ فصل الشتاء فاشتدَّ الحصارُ، وأشارَ بعضُ كبار أهل حمص عليهم بالمُصالحة، فأبوا عليه ذلك وقالوا: أنصالحُ والملكُ منا قريبٌ؟ فيقال: إن الصحابةَ كبّروا في بعض الأيام تكبيرة ارتجَّت منها المدينة حتى تَفَطَّرت منها بعض الجدران، ثم تكبيرة أخرى فسقطت بعض الدور، فجاءت عامتُهم إلى خاصَّتهم فقالوا: ألا تنظرون إلى ما نزل بنا، وما نحن فيه؟ ألا تصالحون القومَ عنا؟ قال: فصالحوهم على ما صالحوا عليه أهل دمشق، على نصف المنازل، وضرب الخراج على الأراضي، وأخذ الجزية على الرقاب بحسب الغنى والفقر (١) . وبعث أبو عبيدة بالأخماس والبشارة إلى عمر مع عبد الله بن مسعود. وأنزل أبو عبيدة بحمص جيشًا كثيفًا يكون بها مع جماعة من الأمراء، منهم بلال والمقداد (٢) وكتب أبو عبيدة إلى عمر، يخبره بأن هرقلَ قد قطع الماء إلى الجزيرة وأنه يظهرُ تارةً ويخفى أخرى. فبعث إليه عمر يأمره بالمقام ببلده. وقعة قِنَّسْرين لما فتح أبو عبيدة حمص بعث خالد بن الوليد إلى قِنَّسْرين، فلما جاءها ثار إليه أهلُها ومنْ عندهم من نصارى العرب، فقاتلهم خالدٌ (فيها) قتالًا شديدًا، وقتل منهم خلقًا كثيرًا، فأما منْ هناك من الروم فأبادهم وقتل أميرهم ميتاس (٣) . وأما الأعراب فإنهم اعتذروا إليه بأنَّ هذا القتالَ لم يكن عن رأينا فقبل منهم خالدٌ وكفَّ عنهم ثم خلصَ إلى البلدِ فتحصَّنوا فيه (٤) ، فقال لهم خالد: إنكم لو كنتم في السَّحاب لحَمَلنا اللّهُ إليكم أو لأنزلكم إلينا. ولم يزَلْ بهم حتى فَتَحها الله عليه ولله الحمد. فلما بلغَ عمرُ ما صنعهُ خالدٌ في هذه الوقعة قال: يرحمُ الله أبا بكر، كان أعلمَ بالرجالِ مني، واللّهِ إنِّي لم أعزلْهُ عن ريبةٍ ولكن خشيتُ أن يُوكلَ الناسُ إليه. وفي هذه السنة تقهقر هرقل بجنوده، وارتحلَ عن بلاد الشام إلى بلاد الروم. هكذا ذكره ابن جرير (٥) ، عن محمد بن إسحاق قال: وقال سيف: كان ذلك في سنة ست عشرة، قالوا: وكان هرقل كلَّما حجَّ إلى بيت المقدس وخرجَ منها يقولُ: عليكِ السلامُ يا سورية، تسليم مُودِّعٍ لم يَقْضِ منك وطره وهو عائدٌ. فلما عزم على الرحيلِ من الشام وبلغَ الرُّها، طلبَ من أهلها أن يصحبوه إلى الروم، فقالوا: إن بقاءَنا هاهنا أنفعُ لكَ من رحيلنا معك، فتركَهم. فلما وصل إلى شمشاط (٦) وعلا على شرف هنالك
(١) في أ: بحسب الغني والفقير. (٢) في أ: بلال بن المقدام، وفيها زيادة وتحريف. والخبر في تاريخ الطبري (٣/ ٦٠٠). (٣) في أ: سيناس وفي تاريخ الطبري (٣/ ٦٠١) ورد الاسم مرتين وبشكلين مختلفين فمرة ميناس وأخرى ميتاس. (٤) في أ: منه. (٥) في تاريخه (٣/ ٦٠٣). (٦) في ط؛ شمشان؛ خطأ، وما هنا عن الطبري، وهي مدينة بالروم على شاطئ الفرات. معجم البلدان (٣/ ٣٦٢).

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