Yazid ibn Qays ibn al-Khatim al-Ansârî al-Ẓafarî (1) prit part à la bataille d’Uḥud et à celles qui suivirent. Il fut tué le jour du Pont, après avoir subi de nombreuses blessures lors d’Uḥud. Son père était un poète renommé.
Abû ʿUbayd ibn Masʿûd al-Thaqafî fut l’émir le jour du Pont, événement auquel son nom demeure associé, car il y trouva la mort : l’éléphant l’avait violemment projeté à terre et tué, après qu’il lui eut tranché la trompe à l’épée, comme il a été précédemment expliqué.
Abû Quḥâfa al-Taymî, le père d’Abû Bakr al-Ṣiddîq, mourut cette même année (– qu'Allah soit satisfait de lui –).
Quant à Hind bint ʿUtba ibn Rabîʿa ibn ʿAbd Shams ibn Umayya al-Umawiyya, la mère de Muʿâwiya ibn Abî Sufyân, elle était considérée comme l’une des grandes dames de Quraych, dotée d’opinions éclairées, d’ingéniosité et d’une autorité au sein de sa tribu. Elle assista à la bataille d’Uḥud avec son mari et appela ce jour-là à combattre les musulmans. Lorsque Ḥamza fut tué, elle mutila son corps et en préleva le foie, qu’elle mâcha sans parvenir à l’avaler, car il avait tué son père et son frère à Badr. Par la suite, malgré tout cela, elle se convertit à l’islam et sa conversion fut sincère l’année de la Conquête (de La Mecque), peu après la conversion de son mari.
Lorsque Hind voulut se rendre auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour lui prêter serment d’allégeance, elle demanda la permission à Abû Sufyân qui lui répondit : « Hier encore, tu reniais cette cause ! » Elle dit : « Par Dieu, jamais je n’ai vu Dieu être adoré comme il l’a été cette nuit dans cette Mosquée. Par Dieu, ils y ont passé la nuit entière en prière. » Abû Sufyân lui rétorqua : « Tu as fait ce que tu as fait ; ne t’y rends pas seule. » Elle alla donc trouver ʿUthmân ibn ʿAffân – ou, selon une autre version, son frère Abû Ḥudhayfa ibn ʿUtba – et c’est ainsi qu’elle se fit accompagner. Elle entra fortement voilée.
Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) la reçut, en même temps que d’autres femmes, il lui dit : « Sur le fait que vous n’associerez rien à Dieu, que vous ne volerez pas, que vous ne commettrez pas l’adultère… » Hind s’exclama : « Une femme libre commettrait-elle l’adultère ? » Il poursuivit : « … et que vous ne tuerez pas vos enfants. » Elle répliqua : « Nous les avons élevés petits, allions-nous les tuer une fois grands ? » Le Messager de Dieu (ﷺ) sourit, puis continua : « … et que vous ne forgerez pas de calomnie entre vos mains et vos pieds, et que vous ne me désobéirez pas… (dans le bien). » Hind l’interrompit aussitôt : « … dans le bien ! » Le Prophète (ﷺ) lui répéta : « … dans le bien. » Cette répartie illustre son éloquence et sa détermination.
Hind déclara encore au Messager de Dieu (ﷺ) : « Par Dieu, Muhammad, il n’y avait pas, sur la surface de la terre, de foyer que je souhaitais plus voir humilié que le tien. Par Dieu, aujourd’hui, il n’y a plus de foyer dont je désire davantage la gloire que le tien. » Le Prophète répondit : « Et c’est bien ainsi, par Celui qui détient mon âme. » Elle se plaignit également de l’avarice d’Abû Sufyân, et il l’autorisa à prendre sur ses biens ce qui suffirait à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.