Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il ne subsiste rien de la vie d’ici-bas (1) si ce n’est ce qui reste dans un récipient déjà presque vide. Or vous allez quitter ce monde pour la demeure éternelle ; détachez-vous donc de ce qui se trouve à votre portée. Il m’a été rapporté que si l’on jetait une pierre depuis le rebord de l’Enfer, elle y tomberait durant soixante-dix automnes, et il en serait pourtant encore plein. Vous en étonnez-vous ? Il m’a également été rapporté que la distance séparant deux battants parmi les portes du Paradis représente quarante années de marche, et viendra le jour où ces portes seront bondées de monde. Je me rappelle l’époque où j’étais le septième d’un groupe de sept en compagnie du Messager de Dieu (ﷺ), et nous n’avions pour toute nourriture que les feuilles de l’acacia (2), au point que nos mâchoires en devinrent irritées (3). J’ai trouvé un morceau de manteau que j’ai partagé avec Saʿd. Aucun de nous, parmi ces sept compagnons, n’a manqué de devenir gouverneur d’une région, et ils mettront les gens à l’épreuve après nous. Ce hadith figure dans le Ṣaḥīḥ de Muslim (4) dans un contexte similaire.

ʿAlī ibn Muḥammad al-Madāʾinī a rapporté qu’ʿUmar écrivit à ʿUtbah ibn Ghazwān lorsqu’il l’envoya à Baṣra (5) : « Ô ʿUtbah, je t’ai désigné pour gouverner la terre de l’Inde, qui est un secteur (6) placé face à l’ennemi. J’espère que Dieu te suffira pour ce qui l’environne et t’assistera dans ta mission. J’ai écrit à al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥaḍramī afin qu’il te vienne en aide en t’envoyant ʿArfaja ibn Hurthama. Lorsque celui-ci arrivera auprès de toi, consulte-le et associe-le à tes décisions. Appelle les gens à Dieu : que celui qui te répond soit accepté, et que celui qui refuse s’acquitte de la jizya avec humiliation et soumission. Dans le cas contraire, ce sera l’épée, sans ménagement. Crains Dieu dans ce dont tu as été investi, et prends garde que ton âme ne t’incite à l’orgueil, ce qui corromprait ton au-delà. Tu as en effet accompagné le Messager de Dieu (ﷺ) ; toi qui étais faible, tu as été ensuite renforcé, jusqu’à devenir un émir disposant d’une autorité et d’un pouvoir reconnus : tu parles et l’on t’écoute, tu ordonnes et l’on t’obéit. Quel grand bienfait, à condition de ne pas dépasser les limites de ton rang ni de mépriser ceux qui te sont subordonnés ! Préserve-toi de ce bienfait comme tu te préserves du péché. C’est là, à mes yeux, le danger le plus à craindre pour toi : que l’on t’entraîne et te le dissimule, puis que tu commettes un faux pas qui te mène en Enfer. Je me place, moi et toi, sous la protection de Dieu. Les gens se sont hâtés de se tourner vers Dieu, jusqu’à ce que le bas-monde se présente à eux et qu’ils s’y attachent. Recherche donc Dieu, non ce bas-monde, et redoute la fin qu’ont connue les injustes. »

Dans cette même année, ʿUtbah ibn Ghazwān conquit al-Ubulla en rajab ou en shaʿbān. Lorsqu’il mourut cette année-là, ʿUmar investit al-Mughīra ibn Shuʿba du gouvernement de Baṣra pendant deux ans. Puis, après qu’on eut porté contre lui certaines accusations, ʿUmar le destitua et confia la ville à Abū Mūsā al-Ashʿarī (– qu'Allah soit satisfait d'elle –). La même année, ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb infligea la peine (du fouet) à son fils ʿUbayd Allāh, ainsi qu’à d’autres hommes qui avaient bu du vin.

(1) As-Subbatu wa as-Subābah (avec un dhamma) désigne le reste d'eau, de lait ou d'autres liquides qui restent dans un récipient ou un gourde. (Voir al-Lisān, entrée « Sababa »). (2) As-Sumrah est un arbre de type talḥ (genêt épineux), au pluriel sumur, samarāt et asmar. Certains disent qu'il s'agit d'une variété d'al-ʿuḍāh, d'autres l'identifient à un arbre aux feuilles petites et aux épines courtes. (Voir al-Lisān, entrée « Samar »). (3) Taqqarraḥat signifie : elle s'est blessée ou lésée à force de manger ces feuilles. (Voir al-Lisān, entrée « Qarḥ »). (4) Sahīh Muslim (2967), hadith n°14, dans le chapitre du Zuhd et des délicatesses spirituelles. (5) Ce livre d’Omar se trouve dans l’Histoire de Ṭabarī (vol. 3, p. 593). (6) Ḥūmat kull shayʾ : la majeure partie de quelque chose. (Voir al-Lisān, entrée « Ḥūm »). (7) Dans l’Histoire de Ṭabarī, la lecture « ikhwatuka » (tes frères) est une déformation qu’il faut nécessairement corriger. (8) Dans l’Histoire de Ṭabarī (vol. 3, p. 594) : « te fait progressivement tomber dans le piège » et « te trompe ». (9) Dans l’édition : fa-tuṣīru. Ce qui est dit ici concerne Ṭabarī.
إلا صُبابَةٌ (١) كصبابة الإناءِ، وإنكم منتقلون منها إلى دار القرار، فانتقلوا عما بحضرتكم، فقد ذُكر لي لو أنَّ صخرةً أُلقيتْ من شَفير جهنم هوتْ سبعين خريفًا ولتملأنَّه، أو عجبتم؟ ولقد ذُكر لي أن ما بين مصراعين من مصاريع الجنّة مسيرةَ أربعين عامًا، وليأتينَّ عليه يومٌ وهو كظيظ من الزّحام، ولقد رأيتُني وأنا سابعُ سبعةٍ، وأنا مع رسول الله ﷺ ما لنا طعام إلا ورق السَّمُّر (٢) ، حتى تقرَّحتْ (٣) أشداقُنا، والتقطتُ بُردةً فشققتها بيني وبين سعد، فما منا من أولئك السبعة من أحد إلا هو أمير على مِصْر من الأمصارِ، وسيُجَرَّبون الناسَ بعدنا. وهذا الحديث في صحيح مسلم (٤) بنحو من هذا السياق. وروى علي بن محمد المدائني: أن عمر كتب إلى عتبة بن غزوان حين وجهه إلى البصرة (٥) : يا عُتبة إنّي استعملتك على أرضِ الهندِ وهي حَوْمة (٦) من حومةِ العدوّ، وأرجو أن يكفيك الله ما حولها، وأن يُعينكَ عليها، وقد كتبت إلى العَلاء بن الحضْرمي يمدّكَ بعَرْفجة بن هرثمة. فإذا قدم عليك فاستشره وقرِّبه، وادعُ إلى الله، فمنْ أجابَكَ فاقبلْ منه، ومنْ أبى فالجزية عن صَغارٍ وذلَّةٍ، وإلا فالسيفُ في غير هوادة، واتَّقِ اللهَ فيما وُلَّيت، وإياكَ أن تنازعَكَ نفسُك إلى كِبْرٍ فتفسد عليك آخرتك (٧) ، وقد صحبتَ رسول الله ﷺ فعززتَ بعد الذلّة، وقويتَ بعد الضعف، حتى صرت أميرًا مُسلَّطًا، وملكًا مُطاعًا، تقول فيُسمع منك، وتأمر فيُطاع أمرك، فيا لها نعمة إذا لم ترق فوق قدرك، وتبطر على من دونك، احتفظ من النعمة احتفاظَكَ من المَعْصية، وهي أخوفُهما عندي عليك أن يستدرج (٨) ويخدعك فتسقط سقطةً تصير (٩) بها إلى جهنم، أعيذك باللّه ونفسي من ذلك، إن الناس أسرعوا إلى الله حتى رفعت لهم الدنيا فأرادوها، فأردِ الله ولا تردِ الدنيا، واتَق مصارع الظالمين. وقد فتح عتبة الأبُلَّة في رجب أو شعبان من هذه السنة. ولما ماتَ عتبةُ بن غزوان في هذه السنة استعمل عمرُ على البصرة المغيرةَ بن شعبة سنتين، فلما رُمي بما رُمي به عزلَه ووثَى عليها أبا موسى الأشعري (رضي الله عنها) . وفي هذه السنة ضرب عمرُ بن الخطاب ابنهُ عُبَيْدَ الله في الشراب (هو وجماعة معه.
(١) الصُّبَّةُ والصُّبابة - بالضم - بقية الماء واللبن وغيرهما تبقى في الإناء والسقاء. اللسان (صبب). (٢) السَّمرة من شجر الطلح، والجمع سَمُرٌ وسَمُرات وأسمر، وقيل: ضرب من العضاه، وقيل: من الشجر صغار الورق قصار الشوك. اللسان (سمر). (٣) تقرَّحت: أي تجرّحت من أكل ذلك الورق. اللسان (قرح). (٤) صحيح مسلم (٢٩٦٧) (١٤) في الزهد والرقائق. (٥) كتاب عمر هذا في تاريخ الطبري (٣/ ٥٩٣). (٦) حومة كل شيء: معظمه. اللسان (حوم). (٧) في تاريخ الطبري: إخوتك؛ تحريف لا بد من تصحيحه. (٨) في تاريخ الطبري (٣/ ٥٩٤): تستدرجك وتخدعك. (٩) في ط: فتصير. وما هنا عن الطبري.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies