Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils considéraient que la stabilité de leur royaume ou sa disparition dépendait de cet événement. C’est pourquoi les habitants de chaque ville dépêchèrent un émissaire chargé de vérifier ce qu’il en était. Lorsque la conquête eut lieu, les djinns annoncèrent la bonne nouvelle à travers les contrées lointaines avant même que les messagers humains ne s’y rendent. Ainsi, à Ṣanʿā’, une nuit, on entendit au sommet d’une montagne une femme dire :

« (1) Sois donc saluée de notre part, Ikrima, fille de Khâlid…
Et quel profit y a-t-il à un viatique clairsemé et maigre !
(2) Que le soleil te salue de ma part à son lever,
Et que chaque voyageur solitaire te salue aussi de ma part !
(3) Que te saluent de ma part une troupe de Nakhaʿ,
Eux, beaux de visage, qui ont cru en Muḥammad.
Ils se sont dressés pour affronter Chosroès, frappant ses soldats
De chaque épée indienne, fine et à double tranchant.
(4) Quand le héraut (3) entonne son appel, ils s’avancent de toute leur poitrine (4)
Avec la mort en étendard, aux fourreaux (5) noircis, rapides et nus. »

On dit également que les habitants de l’Yamâma entendirent un passant chanter ces vers (dans la poésie de la mesure al-wâfir) :

« (1) Nous avons constaté que la plupart (6) des Banû Tamîm,
Au matin de la terreur, étaient les plus nombreux en hommes.
(2) Ce sont eux qui ont traversé un lieu abrupt et ténébreux,
Vers un tumulte, et ils s’y sont lancés (7) en groupes dispersés.
(3) Pour les rois perses, ce sont des flots d’hommes,
Pareils à des lions de la forêt : on les prendrait pour des montagnes (8).
(4) Ils leur ont laissé à Qâdis un honneur éclatant,
Et dans les deux Khayf (vallées) de longs jours se sont écoulés.
(5) Ils y ont vu les mains (de l’ennemi) coupées ; un marché
Avec des jeunes sans barbe (9), face à ceux qui livrèrent bataille (10). »

On rapporte que de telles rumeurs et poèmes se sont propagés dans toutes les contrées arabes. Quant aux terres d’Irak dans leur ensemble, que Khâlid avait conquises, elles rompirent les traités, garanties et pactes qu’elles lui avaient concédés, à l’exception des gens de Bâniqyâ et de Bârûsmâ, ainsi que des habitants de la dernière Al-ʾIs (11).

(1) Al-taṣrīd dans la générosité : en réduire la quantité. Dans le hadith : « N’entrera au paradis que celui qui met en réserve » ; et « ṣarrada » la générosité signifie la diminuer. Voir al-Lisān (ṣ-r-d). (2) Le verset dans la version A, édition T : « Waḥayt... » et dans la version A « ḥayyaʾt ʿannī kull nāj » ; cette dernière est tirée de Ṭabarī et semble préférable. (3) Thawwaba ad-daʿī : lorsqu’il appelle une seconde fois ou davantage. Voir al-Lisān (thawwaba). (4) Al-kalkal : la poitrine. Voir al-Lisān (kallala). (5) Dans l’Histoire de Ṭabarī : « al-ghiyāṭil » (au pluriel) est employé seul. Al-ghiyāṭil est le pluriel de ghayṭal : l’obscurité. Voir al-Lisān (ghāṭala). (6) Dans l’édition T : al-akramayn. (7) Dans l’édition T : « yarawnahum ». Dans l’édition A : « fa-zarrat-hum waʿālā ». (8) Dans l’édition A : « jamālan ». (9) Dans l’Histoire de Ṭabarī : « bimurdā » ; ce sont deux toponymes. (10) Dans l’édition A : « al-jibālā ». (11) La définition préalable de ces régions a été donnée au récit de la marche de Khālid vers al-Ḥirāq ; Khālid les invita à l’islam, à payer la jizya ou à combattre. Ils choisirent la jizya et il leur écrivit un traité de paix.
هذه، يَرَونَ أن ثباتَ مُلْكهم وزوالَه بها، وقد بعثَ أهلُ كلّ بلدةٍ قاصدًا يكشفُ ما يكونُ من خبرهم، فلما كان ما كان من الفتح سبقتِ الجنُّ بالبشارةِ إلى أقصى البلادِ قبل رُسُلِ الإنس فسمعت امرأة ليلًا بصنعاء على رأس جبل وهي تقول: [من الطويل] فحُيِّيتِ عنَّا عِكْرم ابْنَة خالدٍ … وما خيرُ زادٍ بالقَليلِ المُصَرَّدِ (١) وَحَيّتكِ عنّي الشمسُ عندَ طلوعها … وحَيّاك عني كلُّ ناجٍ مُفَرَّدِ (٢) وَحَيَّتْكِ عنّي عُصْبة نَخَعيَّة … حِسانُ الوُجوه آمنوا بمُحمدِ أقاموا لكسرى يَضْربون جُنودهُ … بكُلِّ رقيقٍ الشَّفْرتينِ مُهنّدِ إذا ثَوَّبَ (٣) الدَّاعي أناخوا بكَلْكلٍ (٤) … من الموتِ مسودِّ الغياطل أجردِ (٥) قالوا: وسمع أهلُ اليمامة مُجْتازًا يُغنّي بهذه الأبيات: [من الوافر] وجدنا الأكثرين (٦) بني تَميم … غداةَ الرَّوعٍ أكثرُهم رجالا هُمُوا ساروا بأرْعَن مُكْفهرٍّ … إلى لَجِبٍ فزَرّتهم (٧) رعالا بحورٌ للأكاسرِ من رجالٍ … كاُسدِ الغابِ تَحْسَبُهُم جبالًا (٨) تَرَكْن لهم بقادسَ عزَّ فَخْرٍ … وبالخيفَيْنِ أيامًا طوالا مُقَطَّعةً أكُفُّهُمُ وسوقٌ … بمُرْدٍ (٩) حيث قابلتِ الرجالا (١٠) قالوا: وسُمع ذلك في سائر بلاد العرب، وقد كانت بلاد العراق بكمالها التي فتحها خالد نقضت العهود والذمم والمواثيق التي كانوا أعطوها خالدًا، سوى أهل بانِقْيا وباروسما، وأهل ألَّيس (١١) الآخرة
(١) التصريد في العطاء: تقليله. وفي الحديث: (لن يدخل الجنة إلا تصريدًا) وصرّدَ العطاء: قَلَّلَهُ. اللسان (صرد). (٢) البيت في أ، ط: وحييت … وحييت عني كل ناج وما هنا عن الطبري وهو الأشبه. (٣) ثوَّب الداعي: إذا دعا مرة بعد أخرى. اللسان (ثَوَّب). (٤) الكلكل: الصدر. اللسان (كلل). (٥) في تاريخ الطبري: تسود الغياطل مُجْرَدِ. والغياطل جمع غيطل: الظلمة. اللسان (غطل). (٦) في ط: الأكرمين. (٧) في ط: يرونهم. وفي أ: فزرّتْهم وعالا. (٨) في أ: جمالا. (٩) في تاريخ الطبري: بمرْدى؛ وكلاهما موضع. (١٠) في أ: الجبالا. (١١) سبق التعريف بهذه البلدان في ذكر مسير خالد إلى الحراق، وقد دعاهم خالد إلى الإسلام أو الجزية أو المحاربة، فاختاروا الجزية وكتب لهم كتابًا في الصلح.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies