As-Suhaylî (1) a contesté cette déduction en avançant l’argument suivant : le verset « Nous lui annonçâmes (la naissance) d’Ishaq » [Hûd : 71] forme une proposition complète, tandis que « et, après Ishaq, Ya‘qûb » [Hûd : 71] constitue une autre proposition qui ne relève pas du domaine de l’annonce.
Il a expliqué : « D’un point de vue grammatical, il n’est pas permis que ce terme soit au cas indirect (génitif) sans répéter la préposition. Il n’est ainsi pas correct de dire : “Je suis passé auprès de Zayd et, après lui, ‘Amr” en mettant ‘Amr au génitif, à moins de répéter la préposition, c’est-à-dire “et, après lui, auprès de ‘Amr”. »
Il a également déclaré : « L’expression “et, après Ishaq, Ya‘qûb” [Hûd : 71] est mise à l’accusatif par un verbe sous-entendu, dont le sens serait : “et Nous avons accordé à Ishaq (un fils) : Ya‘qûb”. » Cependant, ce qu’il avance est discutable.
Ensuite, il a privilégié la thèse qu’il s’agissait d’Ishaq, en s’appuyant sur le verset « Lorsqu’il atteignit l’âge de l’accompagner » [As-Sâffât : 102]. Il a dit : « Quant à Ismâ‘îl, il n’était pas auprès de lui ; en effet, lui et sa mère se trouvaient à la Mecque pendant sa jeunesse ; comment aurait-il pu alors parvenir à un âge où il accompagne son père ? » Ceci reste également sujet à discussion, car on rapporte qu’Ibrâhîm (l’Ami de Dieu) voyageait souvent en chevauchant al-Burâq pour se rendre à la Mecque, rendre visite à son fils et à la mère de celui-ci, puis repartait. Dieu est plus savant (2).
Au nombre de ceux à qui l’on attribue l’avis qu’il s’agissait d’Ishaq figurent Ka‘b al-Ahbâr, et il est rapporté qu’il en allait de même pour ‘Umar, al-‘Abbâs, ‘Alî, Ibn Mas‘ûd, Masrûq, ‘Ikrima, Sa‘îd ibn Jubayr, Mudjâhid, ‘Atâ’, ash-Sha‘bî, Muqâtil, ‘Ubayd ibn ‘Umar, Abû Maysara, Zayd ibn Aslam, ‘Abd Allâh ibn Shaqîq, az-Zuhrî, al-Qâsim, Ibn Abî Burda, Makhûl, ‘Uthmân ibn Hâdir, as-Suddî, al-Hasan, Qatâda, Abû al-Hudhayl, Ibn Sâbit, et c’était aussi l’opinion d’Ibn Jarîr (3). Cela est surprenant de sa part. C’est l’une des deux traditions transmises d’Ibn ‘Abbâs. Toutefois, ce qui est correct d’après lui et la majorité de ces transmetteurs, c’est qu’il s’agissait d’Ismâ‘îl (que la paix soit sur lui).
Mudjâhid, Sa‘îd, ash-Sha‘bî, Yûsuf ibn Mahrân, ‘Atâ’, et plusieurs autres rapportent d’Ibn ‘Abbâs qu’il s’agissait d’Ismâ‘îl (que la paix soit sur lui).
Ibn Jarîr a dit : « Yûnus me l’a transmis, Ibn Wahb nous l’a rapporté, et ‘Amr ibn Qays m’en a informé, au nom de ‘Atâ’ ibn Abî Rabâh, d’après Ibn ‘Abbâs : “Celui qui fut racheté est Ismâ‘îl ; les Juifs ont prétendu qu’il s’agissait d’Ishaq, mais ils ont menti.” » (4)
‘Abd Allâh ibn l’imam Ahmad rapporte, de son père, qu’il s’agit d’Ismâ‘îl. Ibn Abî Hâtim déclare : « J’ai interrogé mon père au sujet de l’identité de celui qui fut sacrifié. Il a répondu que l’avis correct est qu’il s’agit d’Ismâ‘îl (que la paix soit sur lui). »
Ibn Abî Hâtim ajoute que ‘Alî, Ibn ‘Umar, Abû Hurayra, Abû at-Tufayl, Sa‘îd ibn al-Musayyib, Sa‘îd ibn Jubayr, al-Hasan, Mudjâhid, ash-Sha‘bî, Muhammad ibn Ka‘b, Abû Ja‘far Muhammad ibn ‘Alî et Abû Sâlih ont également affirmé que le sacrifié était Ismâ‘îl (que la paix soit sur lui).