Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Selon le récit de Muḥammad ibn Isḥāq (1), transmis par Ismāʿīl ibn Abī Khālid, d’après Qays ibn Abī Ḥāzim al-Bajalī – l’un de ceux qui prirent part à la bataille d’al-Qādisiyya –, Qays relata :

« Il y avait parmi nous un homme de Thaqīf qui rejoignit les Perses en reniant sa foi. Il leur annonça que la force principale des combattants se trouvait dans le secteur où était postée la tribu Bajīla. Nous n’étions alors qu’un quart du total des effectifs. Les Perses dépêchèrent donc seize éléphants contre nous et, pour entraver la charge de notre cavalerie, ils disposaient des pointes de fer sous les sabots de nos chevaux. Ils nous criblaient de flèches à tel point qu’elles tombaient sur nous comme une pluie, et ils attachèrent leurs chevaux entre eux pour éviter qu’ils ne s’enfuient.

À ce moment-là, ʿAmr ibn Maʿdīkarib al-Zubaydī passait parmi nous en disant : “Ô vous, les Muhājirīn, soyez des lions, car le Perse n’est qu’un bouc.” Parmi l’ennemi, il y avait un cavalier dont chaque flèche atteignait sa cible. Nous nous sommes alors adressés à ʿAmr en disant : “Ô Abū Thawr, prends garde à ce Persan, car aucune flèche tirée par lui ne manque sa cible.” Mais le Persan le visa aussitôt et décocha une flèche qui frappa son bouclier. ʿAmr se rua alors sur lui, le saisit et l’égorgea, avant de lui prendre deux bracelets en or, une ceinture en or et un “yalmaq” (un vêtement) de brocart.

Les musulmans étaient alors six ou sept mille. Dieu fit périr Rustam (7), tué par un homme nommé Hilāl ibn ʿAlqama at-Tamīmī (8). Isolé sur le champ de bataille, Rustam décocha une flèche qui atteignit le pied de Hilāl, mais celui-ci fonça sur le général perse, le tua, puis lui trancha la tête. Les Perses prirent la fuite, et les musulmans les poursuivirent, les exterminant. Ils les rejoignirent dans un lieu où les Perses avaient fait halte pour se reposer (9). Or, tandis qu’ils se trouvaient en état d’ébriété, buvant et jouant, les musulmans les surprirent et en massacrèrent un grand nombre. C’est également là que Jālīnūs fut tué, terrassé par Zuhra ibn Ḥawiyya at-Tamīmī (10). Les musulmans continuèrent ensuite à poursuivre l’ennemi ; chaque fois que les deux camps se faisaient face, Dieu accordait la victoire au parti du Tout-Miséricordieux et humiliait le parti de Satan et les adorateurs du feu.

Les musulmans s’emparèrent alors d’immenses richesses, au point qu’aucune balance ni bascule n’aurait pu les quantifier. La quantité de butin prélevé sur la cavalerie perse était telle que certains disaient : “Qui échangera du blanc contre du jaune ?” (11). Ils continuèrent à les pourchasser jusqu’à franchir l’Euphrate derrière eux, et prirent ensuite al-Madāʾin et Jalūlāʾ, comme cela sera détaillé ultérieurement, si Dieu le veut, en Lui nous plaçons notre confiance.»

(1) Tarikh al-Tabari : (3/576). (2) Dans la version al-T : wa qarrabū. (3) Dans la version al-T : naqq. (4) Dans la version al-T : al-Fāris. (5) Dans la version al-A : il lui fit face et le frappa le Perse Bushābah. (6) al-Yalmq : al-Qibāʾ. (Le dictionnaire mentionne « yalmq »). (7) Ainsi dans les deux sources originales, et ce qui est dans al-Tabari (3/576) : « Dieu tua Rustam », ce qui est plus correct au regard du contexte linguistique. (8) Dans Tarikh al-Tabari : Hilāl ibn ʿUlaqah al-Taymī. (9) Dans la version al-A : « et ils s’y reposèrent ivres ». (10) Le contrôle est d’après Tarikh al-Tabari (3/565) et l’explication de la confusion (2/509). (11) Dans la version al-A : « min yuqāriṣ » ; c’est une altération.
وقد روى محمد بن إسحاق (١) ، عن إسماعيل بن أبي خالد، عن قيس بن أبي حازم البجلي - وكان ممن شهد القادسية - قال: كان معنا رجل من ثقيف فلحق بالفُرس مرتدًّا، فأخبرهم أن بأسَ الناس في الجانب الذي فيه بجيلة. قال: وكُنَّا رُبْع الناسِ، قال: فوجَّهوا إلينا ستةَ عشرَ فيلًا، وجعلوا يلقون تحت أرجل خيولنا حسكَ الحديد، ويرشقوننا بالنُّشّاب، فلكأنه المطر، وقرنوا (٢) خيولهم بعضها إلى بعض لئلا ينفروا. قال: وكان عمرو بن مَعْدِيكرب الزُّبَيْدي يَمُرُّ بنا فيقول: يا معشر المهاجرين، كونوا أُسودًا فإنما الفارسي تيسٌ. قال: وكان فيهم أسوارٌ لا تكاد تسقطُ له نُشَّابةٌ، فقلنا له يا أبا ثور اتَّقِ (٣) ذاك الفارسيّ (٤) فإنّه لا تسقطُ له نُشَّابةٌ، فوجه إليه الفارسيّ ورماه بنشابة (٥) فأصاب ترسه، وحمل عليه عمرو فاعتنقه فذبحه فاستلبه سوارين من ذهب، ومِنْطقة من ذهبٍ، ويَلْمقا (٦) من ديباجٍ. قال: وكان المسلمون ستةَ آلافٍ أو سبعةَ آلافٍ، فَقَتلَ اللّهُ رستمًا (٧) ، وكان الذي قتله رجلٌ يقال له هلال بن علقمة (٨) التميمي، رماه رستم بنُشّابة فأصاب قدمه، وحمل عليه هلال فقتله واحتز رأسه، وولت الفرسُ فاتبعهم المسلمون يقتلونهم فأدركوهم في مكانٍ قد نزلوا فيه واطمأنّوا (٩) ، فبينما هم سكارى قد شربوا ولعبوا إذ هجمَ عليهمُ المسلمون فقتلوا منهم مقتلة عظيمة، وقُتل هنالك الجالينوس، قتله زهرة بن حَوِيَّة (١٠) التميمي. ثم ساروا خلفهم، فكلما تواجه الفريقان نصرَ اللّهُ حزبَ الرحمن، وخذلَ حزبَ الشيطان وعَبَدة النيران. واحتاز المسلمون من الأموال ما يعجزُ عن حَصْرهِ ميزانٌ وقبَّانٌ، حتى إن منهم من يقول من يقايض (١١) بيضاء بصفراء لكثرةِ ما غنموا من الفرسان. ولم يزالوا يتبعونهم حتى جازوا الفراتَ وراءهم وفتحوا المدائنَ وجلولاءَ على ما سيأتي تفصيلُه في موضعه إن شاء الله تعالى وبه الثقة.
(١) تاريخ الطبري: (٣/ ٥٧٦). (٢) في ط: وقرَّبوا. (٣) في ط: نق. (٤) في ط: الفارس. (٥) في أ: فوجه إليه ورماه الفارسي بنشابة. (٦) اليلمق: القباء. القاموس (يلمق). (٧) كذا في الأصلين، والذي في الطبري (٣/ ٥٧٦): فقتل الله رستم وهو الأصح لسياق اللغة. (٨) في تاريخ الطبري: هلال بن علقة التيمي. (٩) في أ: واطمأنوا فيه سكارى. (١٠) الضبط عن تاريخ الطبري (٣/ ٥٦٥) وتوضيح المشتبه (٢/ ٥٠٩). (١١) في أ: من يقارص؛ وهو تحريف.

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