Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un homme parmi les musulmans adressa ces paroles à propos de Saʿd (1) :

[Dans la mesure at-Ṭawīl]
« Nous combattons jusqu’à ce que Dieu fasse descendre Sa victoire…
Tandis que Saʿd se tient à la porte d’al-Qādisiyyah, le bras bandé.
Nous sommes revenus alors que bien des femmes sont devenues veuves…
Mais parmi les femmes de Saʿd, pas une seule ne l’est. »

On raconte que Saʿd descendit alors vers les gens et s’excusa auprès d’eux à cause des plaies qu’il avait sur ses cuisses et ses fesses, et ils acceptèrent son excuse.

On rapporte également qu’il invoqua contre celui qui avait prononcé ces deux vers, en disant : « Ô Dieu, s’il a menti, ou s’il a prononcé ces paroles par ostentation, pour se faire valoir et dans le mensonge, coupe-lui la langue et la main. »

Puis (une flèche) vint à lui alors qu’il se tenait debout entre les deux rangs : elle atteignit sa langue et paralysa l’un de ses côtés, si bien qu’il ne reparla plus jusqu’à sa mort.

Ce récit est rapporté par Sayf (2) d’après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr selon Qubayṣah ibn Jābir, qui l’évoqua. Sayf le rapporta aussi d’après al-Miqdām ibn Shurayḥ al-Ḥārithī, selon son père.

Il dit : Jarrīr ibn ʿAbd Allāh al-Bajalī (3) prononça [en mètre ar-Rajaz] :
« Je suis Jarrīr, ma kunya (4) est Abū ʿAmr…
Dieu a accordé la victoire alors que Saʿd est dans son palais. »

Saʿd se montra alors du haut de son palais et déclara (5) [en mètre al-Wāfir] :
« Je n’attends rien de Bajīlah si ce n’est
Que j’espère sa récompense (6) au Jour du Jugement.
Leurs montures se sont heurtées à d’autres montures,
Tandis que cavaliers et chevaliers se sont engagés dans la mêlée (7).
Des chevaux ont avancé (8) dans leur terrain (9),
Leur masse rappelait des troupeaux de chameaux lourdement chargés (10).
Si ce n’était le rassemblement (11) de Qaʿqāʿ ibn ʿAmr
Et celui qui supporte ensuite la rude épreuve dans les rangs (12),
Sans cela, vous les auriez trouvés aussi désordonnés qu’une foule éparse,
Et vos troupes se seraient dispersées telles (13) des mouches. »

(1) Les deux vers figurent dans l’Histoire de Ṭabarī (3/577 et 580), dans l’Histoire de Damas d’Ibn ʿAsākir (20/344‑345) et dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (1/115) selon une version différente. (2) Histoire de Ṭabarī (3/580). (3) Le vers dans l’Histoire de Ṭabarī (3/577) selon la lecture : "Qad naṣara llāh". Et dans l’Histoire de Damas d’Ibn ʿAsākir (20/353) — édition Dār al-Fikr —. (4) Dans « A. Ṭ » : et ma kuniyya. Ce qui est ici tiré de ses sources est la lecture la plus plausible. (5) Les trois premiers vers dans l’Histoire de Ṭabarī (3/577), alors qu’ils sont au nombre de six dans l’Histoire de Damas (20/353) — édition Dār al-Fikr —. (6) Dans l’Histoire de Ṭabarī et l’Histoire d’Ibn ʿAsākir : « ajrahum ». (7) Dans l’Histoire de Ṭabarī : « ḍirāb ». (8) Dans « A » : « wa-qad dahamat ». (9) Dans l’Histoire de Ṭabarī : « Fiyūl », qui est le pluriel de « fīl » (éléphant). (10) Dans l’Histoire de Ṭabarī et l’Histoire d’Ibn ʿAsākir : « jarāb » ; ce qui a conduit au vers « al-iqwāʾ ». (11) Dans l’Histoire de Damas : « walaw » au pluriel ; c’est une erreur métrique qu’il faut corriger. (12) Dans l’Histoire de Damas : « fī al-kadhdhāb ». Et après, un autre vers sur ce thème. (13) Dans l’Histoire de Damas : « Salla al-ḏabāb » (Chasse la mouche).
وقد قال رجل من المسلمين في سعد (رضي الله عنه) (١) : [من الطويل] نُقاتلُ حَتَّى أنْزَلَ اللّهُ نَصْرهُ … وَسَعْدٌ ببابِ القادِسيَّةِ مُعْصمُ فأُبْنا وَقَدْ آمَتْ نساءٌ كَثيرةٌ … ونِسْوة سَعْدٍ ليسَ فيهنّ أيّمُ فيقالُ: إن سعدًا نزل إلى الناس فاعتذر إليهم مما فيه من القروح في فخذيه وأليتيه، فعذره الناسُ. ويذكر أنه دعا على قائل هذين البيتين وقال: اللهم إن كان كاذبًا، أو قال الذي قال رياء وسمعة وكذبًا فاقطع لسانَهُ ويَدهُ. (فجاءه سهم) وهو واقفٌ بين الصَّفَّين فوقعَ في لسانه فبطل شقه فلم يتكلم حتى مات. رواه سيف (٢) عن عبد الملك بن عُمَيْر عن قبيصة بن جابر فذكره. وقال سيف عن المقدام بن شريح الحارثي عن أبيه. قال: قال جرير بن عبد الله البجلي (٣) : [من الرجز] أنا جريرُ كنيتي (٤) أبوعمرو … قدْ فتحَ اللّهُ وسعدٌ في القصْر فأشرف سعد من قصره وقال (٥) : [من الوافر] وما أرْجو بَجِيْلة غيرَ أنّي … أُؤمِّلُ أجْرَها (٦) يَوْمَ الحِساب وقدْ لقيتْ خيولُهُم خيولًا … وَقَدْ وَقَعَ الفوارسُ في الضّرابِ (٧) وقد دلفت (٨) بعَرْصَتِهمْ خُيول (٩) … كأنّ زهاءَها إبلُ الجِرابِ (١٠) فَلْولا (١١) جَمْعُ قَعْقاعِ بن عَمْرو … وحمّالٌ للجُّوا في الرِّكاب (١٢) وَلَوْلا ذاك ألْفَيْتمْ رعاعًا … تسيلُ جُموعُكم مِثْل (١٣) الذُّبابِ
(١) البيتان في تاريخ الطبري (٣/ ٥٧٧ و ٥٨٠) وتاريخ دمشق لابن عساكر (٢٠/ ٣٤٤ - ٣٤٥) وسير أعلام النبلاء (١/ ١١٥) برواية مختلفة. (٢) تاريخ الطبري (٣/ ٥٨٠). (٣) البيت في تاريخ الطبري (٣/ ٥٧٧) برواية: قد نصر الله. وتاريخ دمشق لابن عساكر (٢٠/ ٣٥٣) - طبعة دار الفكر -. (٤) في أ، ط: وكنيتي. وما هنا عن مصادره وهو الأشبه. (٥) الأبيات الثلاثة الأولى في تاريخ الطبري (٣/ ٥٧٧) وهي ستة في تاريخ دمشق (٢٠/ ٣٥٣) - طبعة دار الفكر -. (٦) في تاريخ الطبري وتاريخ ابن عساكر: أجرهم. (٧) في تاريخ الطبري: ضراب. (٨) في أ: وقد دهمت. (٩) في تاريخ الطبري. فيول، وهو جمع فيل. (١٠) في تاريخ الطبري وتاريخ ابن عساكر: جراب؛ مما أوقع البيت في الإقواء. (١١) في تاريخ دمشق: ولو جمع؛ وهو خطأ عروضي لابد من تصحيحه. (١٢) في تاريخ دمشق: في الكذاب. وبعده فيه بيت آخر. (١٣) في تاريخ دمشق: سلَّ الذباب.

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