Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque Saʿd arriva à al-ʿUdhaib (1), une armée perse menée par Shīrzādh ibn Āzādhūyah (2) se dressa devant les musulmans et ils s’emparèrent d’un butin considérable, ce qui les toucha grandement. Saʿd procéda alors au khums, puis distribua les quatre autres parts au peuple, qui s’en réjouit. Ils y virent un signe favorable. Saʿd dota ensuite une troupe spéciale chargée de la protection des femmes qui les accompagnaient ; à sa tête se trouvait Ghālib ibn ʿAbd Allāh al-Laythī.

[Chapitre sur]

La bataille d’al-Qādisiyya

Saʿd repartit ensuite et s’établit à al-Qādisiyya. Il y dépêcha des détachements, et y demeura un mois sans apercevoir aucun Perse. Il adressa donc un courrier à ʿUmar pour l’en informer, tandis que ses détachements rapportaient des vivres de tous côtés. Les sujets perses aux confins de leurs terres se plaignaient à Yazdgerd de ce qu’ils subissaient de la part des musulmans, à savoir le pillage et la capture de prisonniers. Ils déclarèrent : « Si vous ne nous envoyez pas du secours, nous livrerons ce que nous détenons et nous leur remettrons nos forteresses. » Les Perses s’accordèrent alors pour dépêcher Rustum ; Yazdgerd l’appela et le plaça à la tête de l’armée. Rustum sollicita d’en être dispensé, disant : « Ce n’est pas là une bonne tactique militaire. Envoyer des troupes les unes après les autres fatigue davantage les Arabes qu’une unique et dense armée qu’ils pourraient briser d’un coup. » Mais le roi refusa toute autre option, si bien que Rustum se prépara à partir (3).

Saʿd envoya ensuite un éclaireur jusqu’à al-Ḥīra (et jusqu’à Ṣalūbā), d’où il apprit que le roi avait nommé Rustum ibn al-Farukhzād al-Armanī à la tête des opérations et l’avait renforcé par de nouvelles troupes. Saʿd écrivit aussitôt à ʿUmar, qui lui répondit : « Ne te laisse pas impressionner par tout ce que l’on te rapporte d’eux ni par ce qu’ils amènent. Cherche l’aide de Dieu, place ta confiance en Lui, et envoie-leur des hommes perspicaces, avisés et endurants qui les inviteront à la vérité. Car Dieu fera de leur appel un moyen d’affaiblir l’ennemi et de les vaincre. Écris-moi chaque jour. » Lorsque Rustum approcha avec ses troupes et établit son campement à Sābāṭ (6), Saʿd informa ʿUmar en ces termes : « Rustum a campé à Sābāṭ. Il a mobilisé chevaux et éléphants et marche contre nous ; rien ne me préoccupe autant ni ne remplit tant mes pensées que le désir d’être dans les meilleures dispositions d’assistance divine (7) et de confiance en Lui. »

Rustum déploya son armée : il plaça Jālīnūs à la tête de l’avant-garde, forte de quarante mille hommes, al-Hurmuzān à l’aile droite, et Mihrān ibn Bahrām à la gauche, ce qui représentait soixante mille hommes. À l’arrière-garde, il disposa Bandurān avec vingt mille hommes. L’armée dans son ensemble, selon le récit de Sayf (8) et d’autres, comptait quatre-vingt mille hommes.

(1) Al-ʿAḏīb : une source d'eau située entre al-Qādisiyya et al-Mughaytha... qui était une forteresse pour les Perses. Muʿjam al-Buldān (4/92). (2) Dans la copie Ṭ : Arādhawiyya. Et dans l’Histoire de Ṭabarī (3/492) : Ādhād. (3) Dans la copie ʾA : Il décida que Rustam sorte. (4) Dans la copie ʾA : Ce qui t’est parvenu. (5) Dans la copie ʾA : et refuge. Al-Falaj : la victoire et le succès. Al-Lisān (s.v. Falaj). (6) Sābāṭ, on dit Sābāṭ Kisrā : à al-Madāʾin, un lieu connu. Muʿjam al-Buldān (3/166). (7) Dans la copie ʾA : la demande d’aide. (8) Histoire de Ṭabarī (3/505).
ولما بلغ سعد العُذَيْب (١) اعترضَ للمسلمين جيشٌ للفرس مع شيرزاذ بن آزاذويه (٢) ، فغنموا مما معه شيئًا كثيرًا ووقع منهم موقعًا كبيرًا، فَخَمَّسَها سعد وقسمَ أربعةَ أخماسها في الناس واستبشر الناسُ بذلك وفرحوا، وتفاءلوا، وأفرد سعد سرية تكون حياطة لمن معهم من الحريم، على هذه السرية غالب بن عبد الله الليثي. [فصل في] غَزْوة القادسيَّة ثم سار سعدٌ فنزلَ القادسيةَ، وبثَّ سراياه، وأقامَ بها شهرًا لم ير أحدًا من الفرس، فكتب إلى عمر بذلك، والسرايا تأتي بالمِيرة. من كلِّ مكانٍ، فعجَّت رعايا الفُرْس من أطراف بلادهم إلى يَزْدَجِردَ من الذين يلقون (من المسلمين) من النهب والسبي. وقالوا: إن لم تنجدونا وإلا أعطينا (ما) بأيدينا وسلَّمنا إليهم الحصون. واجتمع رأي الفرس على إرسال رُسْتم إليهم، فبعث إليه يَزْدَجزدَ فأمَّره على الجيش فاستعفى رستم من ذلك، وقال: إن هذا ليس برأي في الحرب، إن إرسال الجيوش بعد الجيوش أشدّ على العرب من أن يكسروا جيشًا كثيفًا مرة واحدة. فأبى الملك إلا ذلك. فتجهز رستم للخروج (٣) . ثم بعث سعد كاشفًا إلى الحيرة (وإلى صلوبا) فأتاه الخبر بأن الملكَ قد أمَّر على الحرب رُسْتم بن الفرخزاذ الأرمني، وأمدَّه بالعساكر. فكتب سعد إلى عمر بذلك فكتب إليه عمر: لا يكربنك ما يأتيك (٤) عنهم، ولا ما يأتونك به، واستعن بالله وتوكل عليه، وابعث إليه رجالًا من أهل النظر والرأي والجَلَد يدعونه، فإن الله جاعلٌ دعاءهم توهينًا لهم وفَلْجأ (٥) عليهم، واكتب إليَّ في كل يوم. ولما اقترب رُسْتم بجيوشه وعسكر بساباط (٦) كتب سعد إلى عمر يقول: إن رستم قد عسكر بساباط وجرَّ الخيول والفيول وزحف علينا بها، وليس شيء أهمَّ عندي، ولا أكثر ذكرًا مني لما أحببت أن أكون عليه من الاستعانة (٧) والتَّوكُّل. وعبأ رستم فجعل على المقدمة وهي أربعون ألفًا الجالنوس، وعلى الميمنة الهرمزان، وعلى الميسرة مهران بن بهرام وذلك ستون ألفًا، وعلى الساقة البندران في عشرين ألفًا، فالجيش كله ثمانون ألفًا فيما ذكره سيف (٨) وغيره.
(١) العذيب: ماء بين القادسية والمغيثة .. وكانت مسلحة للفرس. معجم البلدان (٤/ ٩٢). (٢) في ط: اراذويه. وفي تاريخ الطبري (٣/ ٤٩٢): آزاذ. (٣) في أ: فعزم رستم على الخروج. (٤) في أ: ما بلغك. (٥) في أ: وملجأ. والفلج: الظَّفرُ والفَوْزُ. اللسان (فلج). (٦) ساباط، يقال ساباط كسرى: بالمدائن موضع معروف. معجم البلدان (٣/ ١٦٦). (٧) في أ: الاستغاثة. (٨) تاريخ الطبري (٣/ ٥٠٥).

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