Dha an-Nûn. Il lui confia la collecte des revenus (al-aqbâd) et la répartition du fay’ (le butin), établit Salman al-Fârisi comme prédicateur et conteur auprès des gens, et nomma Ziyâd ibn Abî Sufyân comme son scribe.
On rapporte que l’ensemble de cette armée comptait trois cents et quelques Compagnons, dont soixante-dix et quelques ayant pris part à la bataille de Badr. On y trouvait également sept cents fils de Compagnons.
‘Umar envoya alors une lettre à Sa‘d, lui ordonnant de se hâter vers al-Qâdisiyya – qui était la « porte » de la Perse à l’époque antéislamique – et de se tenir entre la pierre et les contrées habitées. Il lui recommanda de s’assurer du contrôle des routes et des passages donnant sur la Perse et de surprendre l’adversaire par la force et la rudesse, sans que leur grand nombre ou leurs équipements (1) ne l’impressionnent. Car, disait-il, ce sont un peuple rusé et trompeur ; mais si vous faites preuve de patience, recherchez la récompense (2) et visez la sincérité (3), je souhaite que vous puissiez triompher d’eux. Ensuite, jamais plus ils ne pourront réunir leurs forces, à moins qu’ils ne se rallient sans le soutien de leurs cœurs. Et si toutefois l’issue vous était défavorable, repliez-vous derrière vos lignes jusqu’à atteindre al-Hajar, car, là-bas, vous serez plus hardis, tandis qu’eux seront plus craintifs et plus ignorants du terrain, jusqu’à ce que Dieu vous accorde la victoire sur eux et vous permette de revenir à la charge. Il lui recommanda en outre de faire son propre examen de conscience, d’exhorter son armée à la bonne intention et à la constance, car la victoire vient de Dieu en proportion de l’intention, et la récompense est fonction des efforts déployés. Qu’ils demandent à Dieu la préservation et répètent souvent : « Il n’y a ni force ni puissance si ce n’est par Dieu, le Très-Haut, l’Immense. » Qu’il tienne ‘Umar informé de tous les détails, de la façon dont ils se déplacent et de l’emplacement de l’ennemi, de sorte qu’à travers ces lettres ‘Umar puisse se représenter la situation comme s’il la voyait de ses propres yeux. Qu’il le tienne au fait de tout, craigne Dieu, mette son espoir en Lui et ne s’enorgueillisse d’aucune chose (5). Qu’il sache que Dieu a pris en main cette affaire sans qu’elle ne puisse faillir ; qu’il prenne garde de ne pas en être écarté, et que Dieu ne le remplace ni lui ni ses hommes par d’autres.
Sa‘d lui répondit, décrivant ces campements et ces territoires comme s’il les lui montrait, et l’informa du fait que les Perses avaient mobilisé Rustam et ses pairs pour la bataille, qu’ils nous guettent depuis leur position tandis que nous les guettons de la nôtre ; et que la décision de Dieu reste suspendue, Son Décret étant inévitable (6), que ce soit en notre faveur ou contre nous. Nous demandons à Dieu qu’Il nous accorde la meilleure destinée dans la préservation.
‘Umar lui écrivit alors : « J’ai bien reçu et compris ta lettre. Lorsque tu affronteras l’ennemi et que Dieu t’accordera de les mettre en fuite, il m’a été inspiré que vous les vaincrez ; ne doute donc point de cela. Et lorsque vous les aurez défaits, ne lâchez pas prise avant d’avoir pénétré dans al-Madâ’in, car c’est là que réside sa ruine, si Dieu le veut. » Par la suite, ‘Umar invoqua en particulier pour Sa‘d, et d’une façon générale pour l’ensemble des musulmans.