À ce moment-là, un appel émana de la part de Dieu : « Ô Abraham, tu as certes confirmé la vision » (as-Saffât, 104-105). Autrement dit, l’objectif a été atteint par l’épreuve de ta parfaite obéissance, ta promptitude à exécuter l’ordre de ton Seigneur et le fait d’avoir offert ton fils en sacrifice, comme tu avais déjà accepté de risquer ton propre corps dans les flammes, et que tes biens étaient généreusement employés pour l’hospitalité des hôtes. C’est pourquoi le Très-Haut dit : « C’est vraiment là l’épreuve manifeste » (as-Saffât, 106), à savoir l’épreuve évidente et claire.
Quant à Sa parole : « Nous le rachetâmes par une immolation généreuse » (as-Saffât, 107), cela signifie que Dieu lui accorda, en guise de remplacement pour son fils, l’offrande qu’Il lui facilita. Selon l’opinion la plus répandue, relayée par la majorité, il s’agissait d’un bélier blanc, au regard vif, doté de cornes, qu’Abraham vit attaché à un arbre (sâmura) sur le mont Thabîr. Sufyân rapporte, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Uthmân ibn Khuthaym, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qu’il s’agissait d’un bélier qui paissait dans le Paradis depuis soixante-dix automnes. Sa‘îd ibn Jubayr affirme qu’il paissait dans le Paradis jusqu’à ce que Thabîr se fende et le libère, et qu’il portait une toison rouge. Ibn ‘Abbâs raconte également qu’un bélier, avec de grands yeux et des cornes, en descendit, qu’on entendit son bêlement et qu’Abraham le sacrifia. Il s’agissait du même bélier qu’Adam avait déjà offert, et qui fut alors accepté. Cette version est rapportée par Ibn Abî Hâtim.
Mujâhid souligne qu’Abraham l’immola à Minâ, tandis qu’Ubayd ibn ‘Umayr indique qu’il le sacrifia auprès du Maqâm (lieu de prière près de la Ka‘ba). Les récits attribuant à Ibn ‘Abbâs qu’il se serait agi d’un bouquetin, ou à Al-Hasan qu’il s’agissait d’un bouc sauvage nommé Jarîr, sont difficiles à authentifier. La plupart des traditions qui circulent ici proviennent des « Isrâ’îlîyât » et le Coran seul offre déjà une présentation suffisante de l’importance de cet événement, la grandeur de l’épreuve et le rachat par un sacrifice éminent. Il est de plus rapporté dans un hadith qu’il s’agissait d’un bélier.
L’imam Ahmad rapporte (hadith) : Sufyân nous informa, de la part de Mansour, au nom de son oncle Nâfi‘, d’après Safiyyah bint Shaybah, qu’une femme de Banû Sulaym, qui avait mis au monde la plupart des habitants de notre quartier, raconta : le Messager de Dieu (ﷺ) envoya quelqu’un auprès de ‘Uthmân ibn Talhah.