« Si vous ne vous lancez pas dans la guerre comme il se doit, nous vous tuerons et nous assouvirons notre vengeance par votre intermédiaire. » Ensuite, ils décidèrent entre eux d’envoyer chercher les femmes de Kisrâ depuis toute contrée et toute région. Celle qui avait un fils issu de la lignée de Kisrâ serait intronisée. Ainsi, chaque fois qu’ils amenaient une femme, ils la punissaient (1) pour savoir si elle avait un fils ; or, elle le niait par crainte pour lui, si toutefois elle en avait effectivement un. Ils poursuivirent ainsi jusqu’à ce qu’on les informe de la mère de Yazdgerd ; on la fit comparaître et on fit venir son fils, qu’ils intronisèrent alors qu’il avait vingt et un ans. Il était un descendant (2) de Shahryâr ibn Kisrâ. Ils déposèrent Bûrân, et tous les domaines se rallièrent à lui. Ils s’unirent autour de lui et s’en réjouirent, le soutenant pleinement. Son autorité devint puissante chez eux, et leur force s’accrut grâce à lui. Ils envoyèrent alors missive aux provinces et aux districts afin de rompre leur allégeance aux Compagnons et de renier leurs accords et engagements.
Les Compagnons firent parvenir la nouvelle à ‘Umar, qui leur ordonna de se retirer de leur milieu, de se tenir aux confins du territoire près des points d’eau, et de placer chaque tribu à portée de vue de l’autre, de sorte que si un incident se produisait chez l’une, il ne soit pas ignoré de la tribu voisine (3). La situation s’aggrava considérablement, et cela se produisit durant le mois de Dhou al-Qa‘da de la treizième année. Cette année-là, selon certains, ‘Umar conduisit le pèlerinage. D’autres avancent plutôt qu’Abd al-Rahmân ibn ‘Awf (4) fut celui qui mena le pèlerinage, et qu’Umar ne l’accomplit pas cette année-là. Dieu sait mieux ce qu’il en est.
[Mention] de ce qui advint [cette année-là – c’est-à-dire] l’an treize, parmi les événements [faisant l’unanimité, et ceux qui moururent parmi les notables]. On y vit des batailles dont le détail a été relaté ailleurs, dans les terres (d’Irak) sous la conduite de Khâlid ibn al-Walîd (qu’Allâh l’agrée). Al-Hîra, al-Anbâr et d’autres cités y furent conquises. Cette même année, Khâlid ibn al-Walîd quitta l’Irak pour la Syrie, selon l’avis le plus répandu. On situe également cette année-là la bataille d’al-Yarmûk, d’après Sif ibn ‘Umar et selon l’opinion retenue par Ibn Jarîr. Il y périt de nombreuses figures importantes dont le souvenir et la biographie (qu’Allâh leur fasse miséricorde) seraient trop longs à rapporter.
Cette même année eut lieu le décès de Abû Bakr al-Siddîq. Nous avons consacré un volume entier à sa biographie, louange à Dieu. Cette année-là, ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allâh l’agrée) fut investi le mardi, alors qu’il restait huit jours avant la fin de Jumâdâ al-Âkhirah. Il nomma ‘Alî ibn Abî Tâlib (qu’Allâh l’agrée) au poste de juge à Médine. Il désigna pour la Syrie Abû ‘Ubayda ‘Âmir ibn ‘Abdallâh ibn al-Jarrâh al-Fahrî comme son lieutenant.