(1) Ḥiṣn ibn ʿAllāq rapporte d’après Yazīd ibn ʿUbayda : « Damas fut conquise en l’an quatorze. » C’est également ce qu’affirme Daḥīm d’après al-Walīd, lequel déclare : « J’ai entendu des Anciens dire que Damas fut conquise en l’an quatorze. »
De même, Saʿīd ibn ʿAbd al-ʿAzīz, Abū Maʿshar, Muḥammad ibn Isḥāq, Maʿmar, l’Umawī (qui le tenait de ses maîtres), Ibn al-Kalbī, Khalīfa ibn Khayyāṭ (2) et Abū ʿUbayd al-Qāsim ibn Sallām affirment que la conquête de Damas eut lieu en l’an quatorze. Par ailleurs, Saʿīd ibn ʿAbd al-ʿAzīz, Abū Maʿshar et l’Umawī ajoutent : « La bataille du Yarmūk survint un an plus tard. »
Certains ont soutenu qu’elle fut conquise en Shawwāl de l’an quatorze. Khalīfa rapporte qu’Abū ʿUbayda assiégea la ville durant Rajab, Shaʿbān, Ramaḍān et Shawwāl, puis la paix fut conclue en Dhū al-Qaʿda. Quant à l’Umawī, dans son ouvrage al-Maghāzī, il note : « La bataille d’Ajnādayn eut lieu en Jumādā l-Ūlā et celle de Fiḥl en Dhū al-Qaʿda de l’an treize, c’est-à-dire que la bataille de Damas appartient à l’an quatorze. »
Daḥīm rapporte d’après al-Walīd : « L’Umawī m’a informé que les batailles de Fiḥl et d’Ajnādayn eurent lieu sous le califat d’Abū Bakr, après quoi les musulmans se rendirent à Damas, où ils campèrent en Rajab de l’an treize, puis la conquirent en l’an quatorze. La bataille du Yarmūk se produisit en l’an quinze, et ʿUmar arriva à Bayt al-Maqdis en l’an seize. »
Chapitre : [Damas fut-elle conquise par traité (ṣulḥ) ou de force (ʿanwatan) ?]
Les savants divergent quant au mode de conquête de Damas : fut-elle soumise par traité ou de force ? La plupart estiment que la ville finit par être régie par un accord de paix. En effet, il leur paraissait incertain de savoir lequel des deux événements s’était produit en premier : fut-elle d’abord conquise de force avant que les Byzantins ne se rallient à la paix ? Fut-elle prise aussitôt par traité ? Ou bien fut-elle saisie d’un autre côté par la contrainte ? Face à ce doute, ils retinrent la solution du traité par prudence.
D’autres estiment plutôt que la moitié de la ville fit l’objet d’un accord de paix tandis que l’autre moitié fut conquise de force. Cette idée se dégage de l’attitude adoptée par les Compagnons vis-à-vis de la grande église – le plus vaste de leurs lieux de culte –, dont ils occupèrent la moitié en laissant l’autre moitié aux habitants. Dieu sait mieux (3).
On rapporte ensuite qu’Abū ʿUbayda fut celui qui rédigea pour eux l’acte de paix, ce qui paraît le plus cohérent et le plus notoire, d’autant que Khālid avait alors été démis de son commandement. Certains avancent toutefois que c’est Khālid ibn al-Walīd qui rédigea l’accord, qu’Abū ʿUbayda approuva par la suite. Dieu sait mieux (4).
Abū Ḥudhayfa Isḥāq ibn Bishr ajoute qu’al-Ṣiddīq (Abū Bakr) mourut avant la conquête de Damas, et qu’ʿUmar avait alors écrit à Abū ʿUbayda pour le réconforter.