Ibrahim (que la paix soit sur lui) avait quatre-vingts ans lorsqu’il se circoncit à l’aide du « qadoum ». ʿAbd ar-Raḥmān ibn Isḥāq l’a rapporté d’après Abū az-Zinād, et ʿAjlān l’a également rapporté d’après Abū Hurayra. Il a par ailleurs été transmis par Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra. Muslim l’a mentionné (1), d’après Qutayba, selon la même chaîne de transmission.
Dans certains récits, on rapporte : « Ibrāhīm se circoncit après avoir dépassé quatre-vingts ans, et il le fit avec le qadoum » (2), le qadoum étant, d’après certains, un instrument, et d’après d’autres, un lieu. Cette formulation n’exclut pas la possibilité qu’il eût plus de quatre-vingts ans, Dieu le sait mieux, car il est rapporté dans un autre ḥadith concernant son décès, d’après Abū Hurayra, que le Messager de Dieu (ﷺ) aurait dit : « Ibrāhīm se circoncit à cent vingt ans et vécut encore quatre-vingts années », hadith rapporté par Ibn Ḥibbān dans son Ṣaḥīḥ (3).
Ce passage ne renferme pas l’évocation de l’histoire du sacrifice (dhabīḥ), et on ne signale celle-ci qu’en trois occasions parmi les visites d’Ibrāhīm (que la paix soit sur lui). La première occurrence a lieu après qu’Ismāʿīl se fut marié, à la suite du décès de Hājar — évoquant la manière dont Ibrāhīm les laissa alors que l’enfant était encore petit, jusqu’au moment de son mariage, sans vraiment prendre de leurs nouvelles. Il est rapporté que la terre se repliait pour lui, et certains ont avancé qu’il chevauchait al-burāq lors de ses déplacements vers eux. Comment, dès lors, aurait-il pu ne pas s’enquérir d’eux alors qu’ils se trouvaient dans une extrême nécessité ? Il semble qu’une partie de ce récit provienne des Isrāʾīliyyāt (traditions antérieures) et ait été enjolivée de certains propos attribués au Prophète (marrfūʿ). Cependant, ce récit ne mentionne pas l’histoire du sacrifice, tandis que nous avons démontré, conformément à l’opinion la plus fondée, que celui qui fut offert en sacrifice n’était autre qu’Ismāʿīl, comme il appert dans la sourate aṣ-Ṣāffāt (4).
[Histoire du sacrifice]
Dieu, qu’Il soit exalté, dit :
« Il dit : “Je vais vers mon Seigneur ; Il me guidera. Seigneur, fais-moi don d’une descendance d’entre les vertueux.” Nous lui annonçâmes alors la bonne nouvelle d’un garçon longanime. Lorsqu’il fut en âge de l’accompagner, il (Ibrāhīm) dit : “Ô mon fils ! Je me suis vu en songe te sacrifier. Vois donc ce que tu en penses.” Il (le fils) dit : “Ô mon père ! Fais ce qu’il t’est ordonné ; tu me trouveras, s’Il plaît à Dieu, parmi les endurants.” Puis, quand tous deux se furent soumis (au commandement divin) et qu’il l’eut allongé front contre terre, Nous l’appelâmes : “Ô Ibrāhīm ! Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous rétribuons les bienfaisants. Voilà vraiment l’épreuve manifeste.” Et Nous le rachetâmes par un sacrifice magnifique. Nous perpétuâmes son souvenir parmi la postérité. Paix sur Ibrāhīm ! Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il était vraiment l’un de Nos serviteurs croyants. Et Nous lui annonçâmes (la naissance) d’Isḥāq, (appelé à devenir) un prophète parmi les vertueux. Et Nous l’avons béni, lui et Isḥāq ; parmi leur descendance, il en est qui font le bien et (d’autres) qui sont injustes envers eux-mêmes… » (Qurʾān, 37 : 99-113).