Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On rapporte qu’Omar destitua Khalid à cause d’un propos (1) qui lui était parvenu au sujet de ce dernier, ainsi qu’à la suite de l’affaire de Malik ibn Nouwayra et de la manière dont Khalid menait la guerre. Lorsque Omar accéda au califat, la première chose qu’il fit fut de relever Khalid de ses fonctions en déclarant : « Il ne dirigera plus jamais rien pour moi. »

Omar écrivit à Abou Oubaïda : « Si Khalid se traite lui-même de menteur, alors il conserve son poste tel qu’il l’occupait auparavant. S’il ne se traite pas de menteur, alors il est révoqué. Retire-lui son turban de la tête et partage son bien en deux parts égales. » Quand Abou Oubaïda transmit ces paroles à Khalid, celui-ci lui répondit : « Donne-moi un délai, que je consulte ma sœur. » Il se rendit alors auprès de sa sœur Fatima – qui était (sous l’autorité ou l’épouse) du Harith ibn Hicham – et la consulta à ce sujet. Elle lui dit : « Omar ne t’aimera jamais, et il te destituera même si tu te déclares menteur. » Khalid rétorqua : « Par Dieu, tu as raison. » Abou Oubaïda partagea donc ses biens avec lui au point de prendre l’une de ses deux sandales et de lui en laisser l’autre (2), tandis que Khalid s’écriait : « J’entends et j’obéis au Commandeur des croyants. »

Ibn Jarir (4) rapporte d’après Salih ibn Kaysan que ce premier courrier envoyé par Omar à Abou Oubaïda, lorsqu’il lui confia le commandement et destitua Khalid, disait : « Je te recommande de craindre Dieu, Lui qui demeure tandis que tout autre que Lui périt. C’est Dieu qui nous a guidés après l’égarement et qui nous a fait sortir des ténèbres vers la lumière. Je t’ai nommé à la tête de l’armée de Khalid ibn al-Walid, alors assume-en la charge qui t’incombe. Ne jette pas les musulmans à la mort par convoitise du butin, ne les fais pas descendre en un lieu avant d’en avoir vérifié la sûreté (5) et de déterminer comment y accéder. Ne dépêche aucune troupe sans qu’elle soit (6) bien couverte par d’autres combattants. Garde-toi de précipiter les musulmans dans la perte. Dieu t’éprouve en ma personne et m’éprouve en la tienne. Détourne ton regard de ce monde, éloigne-en ton cœur, de peur qu’il ne te perde (7), comme il a perdu ceux qui t’ont précédé. Tu as déjà vu leurs fins funestes. » Il leur ordonna ensuite de se mettre en route vers Damas.

C’était après qu’il eût reçu la nouvelle de la victoire d’al-Yarmouk, dont on lui avait apporté l’heureuse annonce et dont on avait transporté le quint de butin jusqu’à lui. Ibn Ishaq relate que, après la bataille d’al-Yarmouk, les Compagnons combattirent à Ajnadayn, puis à Fihl, dans la région du Ghor près de Beisan, en un lieu appelé ar-Radgha (8), ainsi nommé à cause des nombreux bourbiers qu’ils y rencontrèrent. Ils y assiégèrent l’ennemi et l’entourèrent à cet endroit. Ibn Ishaq ajoute que c’est à ce moment-là que parvint à Abou Oubaïda la nomination reçue d’Omar et que Khalid fut révoqué : c’est cette arrivée du commandement à Abou Oubaïda, alors que Damas était en état de siège, qui est le fait le plus connu.

(1) Dans ‹A› : Quand ʿUmar renvoya Khālid avec des paroles. (2) Ainsi dans ‹Ṭ› : le terme a été omis dans ‹A›. (3) Dans ‹Ṭ› : « l'au-delà », et dans l'Histoire de Ṭabarī (3/437) : il a pris une sandale et lui a donné une sandale. (4) Son Histoire (3/434). (5) Dans ‹A› : « elle lui demande davantage » ; une altération, et le pluriel de rāda est rudūn et ryād, ainsi que irtāda et istirād. Al-Rūd est le masdar du verbe rāʾida, qui désigne celui qui envoie (le bétail) paître dans un endroit précis et qui cherche le fourrage. Voir al-Lisān (rubrique Rūd). (6) Dans ‹A› : « épaule », dans ‹Ṭ› : « poitrine », et ce qui est ici concerne Ṭabarī (3/434), c’est-à-dire en foule et en assemblée. Voir al-Lisān (rubrique Kathafa). (7) Dans ‹Ṭ› : « il périra » ; ici c’est selon ‹A› et cela correspond à ce qui est chez Ṭabarī. (8) Al-Radgha, al-Radgha et al-Radgh : désignent une grande quantité d’eau, de boue et de glaise. Voir al-Lisān (rubrique Radgh).
أن عمر إنما عزل خالدًا لكلام (١) بلغه عنه، ولما كان من أمر مالك بن نُويرة، وما كان يعتمده في حربه. فلما ولي عمر كان أولَ ما تكلّم به أن عزل خالدًا، وقال: لا يلي لي عملًا أبدًا. وكتب عمر إلى أبي عبيدة: إن أكذب خالد نفسه فهو أمير على ما كان عليه، وإن لم يكذب نفسه فهو معزول، فانزع عمامته عن رأسه وقاسمه ماله نصفين. فلما قال أبو عبيدة ذلك لخالد قال له خالد: أمهلني حتى أستشير أختي، فذهب إلى أخته فاطمة - وكانت (تحت) الحارث بن هشام - فاستشارها في ذلك، فقالت له: إن عمر لا يحبك أبدًا، وإنه سيعزلك وإن كذبت نفسك. فقال لها: صدقت والله. فقاسمه أبو عبيدة حتى أخذ [إحدى] (٢) نعليه وترك له الأخرى (٣) ، وخالد يقول سمعًا وطاعة لأمير المؤمنين. وقد روى ابن جرير (٤) عن صالح بن كيسان أنه قال: كان أولَ كتابٍ كتبه عمرُ إلى أبي عبيدة حين ولاه وعزل خالدًا أن قال: "وأوصيك بتقوى الله الذي يَبْقى ويَفْنى ما سواه، الذي هدانا من الضلالة، وأخرجنا من الظلمات إلى النور، وقد استعملتك على جُنْد خالد بن الوليد فقم بأمرهم الذي يحق عليك، لا تقدم المسلمين إلى هلكة رجاء غنيمة، ولا تنزلهم منزلًا قبل أن تَسْتريده (٥) لهم وتعلم كيف مأتاه، ولا تبعث سرية إلَّا في كَثْفٍ (٦) من الناس، هاياك وإلقاء المسلمين في الهلكة، وقد أبلاك الله بي وأبلاني بك، فَغُضَّ بصرَكَ عن الدنيا، وألْهِ قلبَكَ عنها، وإياكَ أن تُهْلِكَك (٧) كما أهلكت منْ كانَ قبلكَ، فقد رأيت مصارعَهم. وأمرهم بالمسير إلى دمشق" . وكان بعدما بلغه الخبر بفتح اليرموك وجاءته به البشارةُ، وحُمل الخُمس إليه. وقد ذكر ابن إسحاق أن الصحابةَ قاتلوا بعد اليرموك بأجنادين ثم بفِحْل من أرض الغور قريبًا من بيسان بمكانٍ يقال له الرَّدَغة (٨) سمي بذلك لكثرة ما لقوا من الأوحال فيها، فأغلقوها عليهم، وأحاط بها الصحابةُ. قال: وحينئذ جاءت الإمارة لأبي عبيدة من جهة عمر وعُزِلَ خالدٌ، وهذا الذي ذكره ابن إسحاق من مجيء الإمارة لأبي عبيدة في حصار دمشق هو المشهور.
(١) في أ: أن عمر لما عزل خالدًا بكلام. (٢) كذا في ط: وسقطت اللفظة من أ. (٣) في ط: الآخرة، وفي تاريخ الطبري (٣/ ٤٣٧) فأخذ نعلًا وأعطاه نعلًا. (٤) تاريخه (٣/ ٤٣٤). (٥) في أ: تستزيده؛ تحريف، وراد لهم رودًا وريادًا، وارتاد واستراد، والرود مصدر فعل الرائد وهو الذي يرسل في التمام النجعة وطلب الكلأ. اللسان (رود). (٦) في أ: كتف، وفي ط: كنف، وما هنا عن الطبري (٣/ ٤٣٤) أي في حشد وجماعة. اللسان (كثف). (٧) في ط: تهلك وما هنا عن أ ويوافق ما عند الطبري. (٨) والرَّدَغَةُ والرَّدَغَةُ والرَّدغ: الماء والطين والوحل الكثير الشديد. اللسان (ردغ).

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