Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Héraclius (que l’on évoque ici) envoya un émissaire à ses combattants, qui se présentèrent devant lui. Il ordonna alors de brûler Malatya. Les Byzantins, défaits, se replièrent vers Héraclius se trouvant à Homs, tandis que les musulmans les pourchassaient, faisant des morts, des prisonniers et s’emparant de butin. Lorsqu’Héraclius reçut la nouvelle, il quitta Homs, la plaçant entre lui et les musulmans comme rempart. Il déclara alors : « Quant à la Syrie, il n’y a plus de Syrie. Malheur aux Byzantins à cause de ce funeste nouveau-né ! »

Parmi les poèmes composés au sujet de la bataille de Yarmouk, on rapporte les vers suivants d’al-Qaʿqāʿ ibn ʿAmr (sur la mesure al-wāfir) :

« Ne vois-tu pas que nous sommes sortis vainqueurs à Yarmouk,
Comme nous fûmes vainqueurs aux jours d’Irak ?
Nous avons conquis ʿAdhrāʾ al-Madāʾin
Et Marj al-Ṣufr sur nos montures racées.
Avant cela, nous avons ouvert Busrā,
Qui se trouvait être inviolable et craint de tous.
Nous avons tué quiconque nous a fait face, et de nous,
Ils redoutaient nos épées affilées.
Nous avons massacré les Byzantins tant et si bien
Que, sur le champ de Yarmouk, plus rien ne se distinguait.
Nous avons dispersé leur armée quand ils ont fui,
Vers al-Wāqūṣ, sous nos lames tranchantes.
Le matin où ils se sont effondrés,
Ils en vinrent à un sort amer et pénible. »

Al-Aswad Abū Mufazzar (4) al-Tamīmī a également dit (dans le mètre at-ṭawīl) :

« Que de fois avons-nous mené raid après raid,
Jour après jour, dissipant ce qui était effrayant !
N’eût été l’intervention de certains hommes,
Qui, tâtonnant pour le butin en un lieu exigu, firent trembler notre avant-garde,
Nous les avons affrontés à Yarmouk quand l’espace s’est resserré
Pour qui, à Yarmouk, prétendait rester en sûreté.
Héraclius ne manquera jamais, de notre part,
De rencontrer des bataillons qu’il n’oserait défier s’il savait ce qui l’attend. »

ʿAmr ibn al-ʿĀs déclara pour sa part (sur le mètre ar-rajaz) :

« Ces gens sont Lakhm et Judhām dans la guerre,
Et nous, avec les Byzantins, nous agitons dans la plaine.
S’ils s’obstinent à revenir, nous ne marchons plus ensemble,
Mais nous frappons les fuyards de coups douloureux. »

Enfin, Aḥmad ibn Marwān al-Mālikī (8) rapporta dans son ouvrage “al-Mujālasa” : « Abū Ismāʿīl at-Tirmidhī nous raconta… »

(1) Dans A : passage du Safarayn concernant les affranchis. (2) Naʿaq, il naqaʿa, aussi naʿāq, naʿīq et naʿqān : il criait avec ce son. Voir al-Lisān (s.v. نعق). (3) Dans A : sur al-Wāqūsa al-Bitr. (4) Dans Tārīkh Dimašq (édition Dār al-Fikr) et dans A : Abū al-Aswad al-Muqarrar ; les deux sont erronés. Les vers se trouvent dans Tārīkh Dimašq - éd. Dār al-Fikr - (t. 9, p. 69) et dans son abrégé par Ibn Manẓūr (t. 4, p. 388). (5) Dans A : ʿAsū ; dans Tārīkh Ibn ʿAsākir et son abrégé : Ḥushū ; le hemistiches est d’interprétation obscure. (6) Al-Māqaṭ : le détroit en guerre, pluriel : maʾāqiṭ. Voir al-Lisān (s.v. أقط). (7) Dans Tārīkh Dimašq et son abrégé : kifaynāhum (« nous les avons suffi »). (8) Aḥmad al-Mālikī al-Daynūrī, muhaddith et faqīh, résida en Égypte où il mourut. Parmi ses ouvrages, le livre « al-Majālis » rapporté par al-Būṣīrī.
هرقل (ذلك) بعثَ إلى مقاتليها فحضروا بين يديه وأمر بمَلَطْيَه فحُرقت وانتهت الرومُ منهزمةً إلى هرقل وهو بحمص والمسلمون في آثارهم يقتلون ويأسرون ويغنمون. فلما وصل الخبر إلى هرقل ارتحل من حمص وجعلها بينه وبين المسلمين وترس (بها) وقال هرقل: أما الشامُ فلا شام، وويلٌ للرومِ من المولودِ المشؤوم. ومما قيل من الأشعار في يوم اليرموك قول القعقاع بن عمرو: [من الوافر] ألمْ ترَنَا عَلَى اليَرْموكِ فُزْنا … كَما فُزْنا بأيّامِ العِراقِ وعذراءَ المدائنِ قد فَتَحْنا … ومَرْج الصُّفرِ بالجُرْدِ العِتَاقِ (١) فتَحْنا قَبْلها بُصْرَى وكَانَتْ … مُحرَّمةَ الجناب لدى النعاقِ (٢) قَتَلْنَا منْ أقامَ لَنا وفِينا … نَهابُهُمُ بأَسْيافٍ رقاقِ قَتَلْنا الرُّومَ حتى ما تساوَى … على اليرموكِ معروقُ الوراق فَضَضْنا جمْعهُم لما استجالوا … على الواقوصِ بالبُتْرِ الرِّقاق (٣) غداةَ تهافتوا فيهها فَصَاروا … إلى أمرٍ فعُضِّلَ بالذواقِ وقال الأسود أبو مفزّر (٤) التميمي: [من الطويل] وكمْ قَدْ أغَرْنا غارةً بعد غارة … ويوْمًا وَيَومًا قد كَشَفْنا أهاوِلُه ولولا رجالٌ كانَ عشو (٥) غنيمةٍ … لدى مأقطٍ (٦) رَجّتْ علينا أوائله لقيناهم (٧) اليَرْموك لمَّا تَضَايَقَتْ … بمنْ حَلَّ باليَرْموكِ منهُ حمائلهُ فلا يَعْدِمنْ [منَّا] هرقلُ كتَائبًا … إذا رَامَها رامَ الَّذي لا يُحاوِلُهْ وقال عمرو بن العاص: [من الرجز] القَوْمُ لخمٌ وجذامٌ في الحربْ … ونحْنُ والرُّومُ بمَرْجٍ نَضْطربْ فإنْ يَعُودوا بها لا نَصْطحبْ … بل نَعْصِبُ الفُرّارَ بالضَرْبِ الكَربْ وروى أحمد بن مروان المالكي (٨) في "المجالسة" : حدَّثنا أبو إسماعيل الترمذي حدَّثنا
(١) في أ: ومرج الصفرين على العتاق. (٢) نعق ينعق نعقًا ونعاقًا ونعيقًا ونعقانًا: صاح بها. اللسان (نعق). (٣) أ: على الواقوصة البتر. (٤) في ط: الأسود بن مقرن، وفي أ: أبو الأسود المقرر؛ وكلاهما خطأ. والأبيات في تاريخ دمشق - ط دار الفكر - (٩/ ٦٩) ومختصره لابن منظور (٤/ ٣٨٨). (٥) أ: عسو، وفي تاريخ ابن عساكر ومختصره: حشو، والشطر غير واضح المعنى. (٦) المأقط: المضيق في الحرب جمعه مآقط. اللسان (أقط). (٧) في التاريخ ومختصره: كفيناهم. (٨) أحمد المالكي الدينوري محدث فقيه، نزل مصر وبها توفي من تآليفه كتاب "المجالسة" الذي يرويه البوصيري =

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